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Fêtes urbaines en Afrique
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Cet article s’intéresse à la première célébration de l’Indépendance de la Gambie sous l’angle du rituel politique. Il part du fait que l’acte fondateur de la Fête de l’Indépendance, la toute première célébration, vise à fixer un ensemble de signifiants et de signifiés rituels, de préférence pour l’éternité. Plus intéressante encore, est l’improbabilité même de la naissance du pays pour beaucoup, et donc a fortiori de la célébration de son Indépendance. Or la pérennité de la Gambie est mise en exergue tout au long des cérémonies tandis qu’est soulignée la prééminence des relations forgées autour de l’histoire coloniale et de la langue anglaise. Mais une nouvelle réalité se profile avec l’avènement d’une majorité Mandinka autour du nouveau premier ministre, D. Jawara. Les symboles abondent comme lorsqu’il remplace la reine Elisabeth sur les nouveaux billets de banque et les tissus. Il veut aller plus loin en passant d’un régime parlementaire à un système présidentiel. Son second objectif est de confirmer sa prééminence personnelle dans la conquête de l’Indépendance. La célébration permet aussi de demander et d’obtenir des Gambiens le renouvellement de l’allégeance acquise lors des élections de 1962. Il en a besoin pour mener à bien ses projets, mais aussi et surtout pour asseoir son autorité sur la capitale Bathurst, ancien site de la prééminence des Wolof et Aku anglicisés. Jawara est ainsi au centre de la manipulation de plusieurs ambiguïtés dans l’interprétation des symboles. La première est que la Gambie se détache de l’Angleterre pour mieux se garder du Sénégal tout en maintenant des relations privilégiées avec les deux. La deuxième est que cette première célébration du régime parlementaire est aussi l’occasion de lancer l’offensive contre un système qu’il veut remplacer par une république présidentialiste. La dernière ambiguïté est constituée par le fait que si l’union sacrée lors de la liturgie de la célébration consacre la domination des Mandinka et du P.P.P, elle marque aussi le début d’une compétition interne acharnée pour l’accès aux ressources de l’Etat. Le triomphe de Jawara marginalise donc l’opposition parlementaire traditionnelle, mais il laisse libre cours à une opposition radicale qui se place en dehors du jeu politique conventionnel et qui finira par l’emporter.
Title: Fêtes urbaines en Afrique
Description:
Cet article s’intéresse à la première célébration de l’Indépendance de la Gambie sous l’angle du rituel politique.
Il part du fait que l’acte fondateur de la Fête de l’Indépendance, la toute première célébration, vise à fixer un ensemble de signifiants et de signifiés rituels, de préférence pour l’éternité.
Plus intéressante encore, est l’improbabilité même de la naissance du pays pour beaucoup, et donc a fortiori de la célébration de son Indépendance.
Or la pérennité de la Gambie est mise en exergue tout au long des cérémonies tandis qu’est soulignée la prééminence des relations forgées autour de l’histoire coloniale et de la langue anglaise.
Mais une nouvelle réalité se profile avec l’avènement d’une majorité Mandinka autour du nouveau premier ministre, D.
Jawara.
Les symboles abondent comme lorsqu’il remplace la reine Elisabeth sur les nouveaux billets de banque et les tissus.
Il veut aller plus loin en passant d’un régime parlementaire à un système présidentiel.
Son second objectif est de confirmer sa prééminence personnelle dans la conquête de l’Indépendance.
La célébration permet aussi de demander et d’obtenir des Gambiens le renouvellement de l’allégeance acquise lors des élections de 1962.
Il en a besoin pour mener à bien ses projets, mais aussi et surtout pour asseoir son autorité sur la capitale Bathurst, ancien site de la prééminence des Wolof et Aku anglicisés.
Jawara est ainsi au centre de la manipulation de plusieurs ambiguïtés dans l’interprétation des symboles.
La première est que la Gambie se détache de l’Angleterre pour mieux se garder du Sénégal tout en maintenant des relations privilégiées avec les deux.
La deuxième est que cette première célébration du régime parlementaire est aussi l’occasion de lancer l’offensive contre un système qu’il veut remplacer par une république présidentialiste.
La dernière ambiguïté est constituée par le fait que si l’union sacrée lors de la liturgie de la célébration consacre la domination des Mandinka et du P.
P.
P, elle marque aussi le début d’une compétition interne acharnée pour l’accès aux ressources de l’Etat.
Le triomphe de Jawara marginalise donc l’opposition parlementaire traditionnelle, mais il laisse libre cours à une opposition radicale qui se place en dehors du jeu politique conventionnel et qui finira par l’emporter.
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