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Narcisse philosophe : une figure de la fiction française du premier dix-huitième siècle
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Au début du XVIIIe siècle, les récits à la première personne abondent dans les lettres françaises. Parmi les narrateurs soucieux de retranscrire le cheminement de leur vie se signalent plus spécifiquement des personnages de philosophe. De 1721 à 1731, les lecteurs découvrent par exemple Usbek, le spectateur français, l’indigent philosophe et Cleveland, quatre personnages de fiction romanesque qui sont autant d’épistolier, de journaliste ou de mémorialiste philosophes. Auteurs, ils exercent leurs pensées sur le fond de leurs expériences intimes. Notre travail tend à examiner de quelle façon, à l’époque de Marivaux, Montesquieu et Prévost, la littérature de fiction à la première personne place le philosophe face à lui-même, nouveau Narcisse censé réfléchir le sens d’une existence. Intégré à la trame narrative, le philosophe (ou le moraliste) du premier XVIIIe siècle n’est plus cet observateur d’une objectivité détachée qui se retranche derrière des discours : il devient lui-même figure, c’est-à-dire forme observable livrée à l’appréciation des lecteurs. Ils ne manqueront d’ailleurs pas de relever les ambiguïtés de cette figure paradoxale qui ne parvient pas toujours à concilier les impératifs de la sensibilité et ceux de la raison. Précisément les œuvres du corpus interrogent les conditions du déploiement de la pensée dans l’esprit humain et dans le monde des choses concrètes. Les implications – littéraires et philosophiques, mais encore poétiques, esthétiques, morales ou cognitives – de la figuration du philosophe dans la fiction constituent ainsi l’objet de notre étude.
Title: Narcisse philosophe : une figure de la fiction française du premier dix-huitième siècle
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Au début du XVIIIe siècle, les récits à la première personne abondent dans les lettres françaises.
Parmi les narrateurs soucieux de retranscrire le cheminement de leur vie se signalent plus spécifiquement des personnages de philosophe.
De 1721 à 1731, les lecteurs découvrent par exemple Usbek, le spectateur français, l’indigent philosophe et Cleveland, quatre personnages de fiction romanesque qui sont autant d’épistolier, de journaliste ou de mémorialiste philosophes.
Auteurs, ils exercent leurs pensées sur le fond de leurs expériences intimes.
Notre travail tend à examiner de quelle façon, à l’époque de Marivaux, Montesquieu et Prévost, la littérature de fiction à la première personne place le philosophe face à lui-même, nouveau Narcisse censé réfléchir le sens d’une existence.
Intégré à la trame narrative, le philosophe (ou le moraliste) du premier XVIIIe siècle n’est plus cet observateur d’une objectivité détachée qui se retranche derrière des discours : il devient lui-même figure, c’est-à-dire forme observable livrée à l’appréciation des lecteurs.
Ils ne manqueront d’ailleurs pas de relever les ambiguïtés de cette figure paradoxale qui ne parvient pas toujours à concilier les impératifs de la sensibilité et ceux de la raison.
Précisément les œuvres du corpus interrogent les conditions du déploiement de la pensée dans l’esprit humain et dans le monde des choses concrètes.
Les implications – littéraires et philosophiques, mais encore poétiques, esthétiques, morales ou cognitives – de la figuration du philosophe dans la fiction constituent ainsi l’objet de notre étude.
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