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L’intensification de la vie : La pensée religieuse de Fichte (1799-1806)

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Ce travail est une tentative de penser, avec Johann Gottlieb Fichte (1762-1814), les rapports entre vie et philosophie. Après 1799 ceux-ci s’avancent en effet comme fil conducteur de l’œuvre fichtéenne. Notre hypothèse est celle-ci : la philosophie, c’est-à-dire la Doctrine de la science pour Fichte, apporte une intensification de la vie humaine, dans la mesure où l’intérêt de cette vie advient en se fondant sur la science. La philosophie est par conséquent, dans sa signification essentielle, une doctrine de la vie. Le philosopher est pour chacun un acte en lequel accomplir sa vie en son sens le plus haut.Dans cette optique, cette thèse se divise en trois parties. Dans la première partie, en suivant en détail le débat extraordinairement dense, à propos de l’héritage kantien, entre Fichte et Jacobi, nous voyons que l’origine de ce débat relève de la question de la réalité des objets extérieurs au sujet pensant. Les textes de référence de cette partie sont ainsi la Lettre ouverte de Jacobi à Fichte datée de mars 1799 et la Destination de l’homme de 1800. Ensuite, nous discutons le rapport d’interpénétration de la vie et de la philosophie, en abordant les écrits théoriques rédigés autour de 1804-1805. En introduisant dans son système la conception jacobienne de la vie, ainsi que l’idée schellingienne de l’absolu, Fichte décrit l’être comme seul vivant et inconcevable. Cette tâche, proprement fichtéenne et inévitablement difficile pour la philosophie, exige que le savoir soit reconduit à l’être et que celui-ci se déploie comme celui-là. La Doctrine de la science se comprend donc elle-même comme double chemin. Enfin, à travers les deux œuvres populaires de 1805-1806, le Caractère de l’époque actuelle et l’Initiation à la vie bienheureuse, la troisième partie montre qu’un tel enseignement de la Doctrine de la science rejoint l’enseignement du christianisme, et plus précisément celui de l’Évangile de Jean ; Fichte justifie là l’identité de sa doctrine de l’être-là et du logos du Prologue du quatrième Évangile. Seul le sacrifice de soi par l’amour vers l’être ou Dieu rend possible de réconcilier l’être-là et l’être. Cet amour réciproque, en effet, permet que l’homme et Dieu s’immergent l’un dans l’autre : « celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16).Le plus difficile à comprendre pour la philosophie de Fichte se formule par la question suivante : comment comprendre à la fois l’immanence de l’être en l’être-là et leur rupture ? La pensée religieuse de Fichte s’avance ici sous son visage le plus propre. L’être humain se comprend lui-même en tant qu’être-là de l’être ; il voit le soi dans un rapport à l’être. Cela signifie qu’il voit à la fois son affaiblissement et l’aspiration qui le porte vers l’être. C’est en elle que l’homme se sacrifie. Dans un tel sacrifice de soi, le plus radical, l’homme n’est cependant pas supprimé, mais il est écarté de soi-même. Il se dépasse soi-même dans ce sacrifice. Or ceci n’est rien d’autre que l’intensification de son propre sens d’être. La Doctrine de la science est donc, en ce sens, la tentative de penser cette grande affirmation de soi
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Title: L’intensification de la vie : La pensée religieuse de Fichte (1799-1806)
Description:
Ce travail est une tentative de penser, avec Johann Gottlieb Fichte (1762-1814), les rapports entre vie et philosophie.
Après 1799 ceux-ci s’avancent en effet comme fil conducteur de l’œuvre fichtéenne.
Notre hypothèse est celle-ci : la philosophie, c’est-à-dire la Doctrine de la science pour Fichte, apporte une intensification de la vie humaine, dans la mesure où l’intérêt de cette vie advient en se fondant sur la science.
La philosophie est par conséquent, dans sa signification essentielle, une doctrine de la vie.
Le philosopher est pour chacun un acte en lequel accomplir sa vie en son sens le plus haut.
Dans cette optique, cette thèse se divise en trois parties.
Dans la première partie, en suivant en détail le débat extraordinairement dense, à propos de l’héritage kantien, entre Fichte et Jacobi, nous voyons que l’origine de ce débat relève de la question de la réalité des objets extérieurs au sujet pensant.
Les textes de référence de cette partie sont ainsi la Lettre ouverte de Jacobi à Fichte datée de mars 1799 et la Destination de l’homme de 1800.
Ensuite, nous discutons le rapport d’interpénétration de la vie et de la philosophie, en abordant les écrits théoriques rédigés autour de 1804-1805.
En introduisant dans son système la conception jacobienne de la vie, ainsi que l’idée schellingienne de l’absolu, Fichte décrit l’être comme seul vivant et inconcevable.
Cette tâche, proprement fichtéenne et inévitablement difficile pour la philosophie, exige que le savoir soit reconduit à l’être et que celui-ci se déploie comme celui-là.
La Doctrine de la science se comprend donc elle-même comme double chemin.
Enfin, à travers les deux œuvres populaires de 1805-1806, le Caractère de l’époque actuelle et l’Initiation à la vie bienheureuse, la troisième partie montre qu’un tel enseignement de la Doctrine de la science rejoint l’enseignement du christianisme, et plus précisément celui de l’Évangile de Jean ; Fichte justifie là l’identité de sa doctrine de l’être-là et du logos du Prologue du quatrième Évangile.
Seul le sacrifice de soi par l’amour vers l’être ou Dieu rend possible de réconcilier l’être-là et l’être.
Cet amour réciproque, en effet, permet que l’homme et Dieu s’immergent l’un dans l’autre : « celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4, 16).
Le plus difficile à comprendre pour la philosophie de Fichte se formule par la question suivante : comment comprendre à la fois l’immanence de l’être en l’être-là et leur rupture ? La pensée religieuse de Fichte s’avance ici sous son visage le plus propre.
L’être humain se comprend lui-même en tant qu’être-là de l’être ; il voit le soi dans un rapport à l’être.
Cela signifie qu’il voit à la fois son affaiblissement et l’aspiration qui le porte vers l’être.
C’est en elle que l’homme se sacrifie.
Dans un tel sacrifice de soi, le plus radical, l’homme n’est cependant pas supprimé, mais il est écarté de soi-même.
Il se dépasse soi-même dans ce sacrifice.
Or ceci n’est rien d’autre que l’intensification de son propre sens d’être.
La Doctrine de la science est donc, en ce sens, la tentative de penser cette grande affirmation de soi.

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