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Lamartine : une écriture de l'Histoire (1789 et 1848)
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Alphonse de Lamartine est connu pour être le poète du « Lac », ainsi que pour avoir prononcé le célèbre « discours du drapeau » qui figure dans les manuels scolaires. C’est hélas extrêmement réducteur. Poète, certes, il l’est, ayant connu la consécration en 1820 par la publication des Médiations poétiques. Homme politique pendant de nombreuses années, il a défendu des causes diverses et extrêmement variées à l’Assemblée nationale. Mais Lamartine, qui a été bercé par les Histoires ou les Annales de Tacite dans son enfance, est surtout un être appartenant pleinement à son époque. A ce titre, il s’interroge sur le devenir de la littérature, sur les conséquences de la Révolution de 1789, sur le rôle que le peuple peut avoir à jouer dans l’avenir. Ces questionnements transparaissent tant dans certaines de ses œuvres poétiques que dans ses discours politiques. A partir de 1843, année de son passage à l’opposition, Lamartine s’attèle à un autre projet, celui d’écrire l’Histoire des Girondins, dont la parution en 1847 est concomitante de la campagne des banquets et des troubles politiques qui conduiront à la Révolution de février 1848. Le succès est au rendez-vous et le nom de Lamartine devient extrêmement populaire. En février 1848, il est de ceux qui proclament la République et fait partie du gouvernement provisoire en tant que ministre des Affaires étrangères. Cependant, après les émeutes de juin 1848, la popularité de Lamartine vacille. Quelques mois plus tard, en 1849, il publie L’Histoire de la Révolution de 1848 dans laquelle il relate les événements auxquels il a lui-même participé. Ces deux Histoires sont donc particulières en ce sens qu’elles ont permis à Lamartine d’une part de participer activement à la marche de l’Histoire et d’autre part, de laisser un document faisant office de témoignage voire de plaidoyer devant la postérité. En effet, L’Histoire des Girondins a eu le mérite d’instruire le lectorat au sujet de la Révolution de 1789 en mettant l’accent sur ses écueils, à savoir la période de la Terreur. Quant à l’Histoire de la Révolution de 1848, Lamartine y souligne l’abnégation et le don de soi des membres du gouvernement provisoire, et bien qu’il tente d’y créer une certaine objectivité lorsqu’il parle de lui à la troisième personne du singulier, on ne peut que constater que c’est principalement son action dans les événements qui est au cœur du récit. Ces deux œuvres, loin d’être des manifestes ou des compilations de dates et d’événements bruts, se distinguent par une certaine qualité littéraire. Ainsi Lamartine travaille-t-il les mises en scène, les portraits des différents acteurs de l’Histoire et joue-t-il sur les tensions dramatiques qu’il souhaite conférer à ces œuvres. L’Histoire des Girondins et l’Histoire de la Révolution de 1848 concentrent ainsi toutes les passions de l’auteur : la fibre littéraire, l’action politique et le goût pour l’Histoire
Title: Lamartine : une écriture de l'Histoire (1789 et 1848)
Description:
Alphonse de Lamartine est connu pour être le poète du « Lac », ainsi que pour avoir prononcé le célèbre « discours du drapeau » qui figure dans les manuels scolaires.
C’est hélas extrêmement réducteur.
Poète, certes, il l’est, ayant connu la consécration en 1820 par la publication des Médiations poétiques.
Homme politique pendant de nombreuses années, il a défendu des causes diverses et extrêmement variées à l’Assemblée nationale.
Mais Lamartine, qui a été bercé par les Histoires ou les Annales de Tacite dans son enfance, est surtout un être appartenant pleinement à son époque.
A ce titre, il s’interroge sur le devenir de la littérature, sur les conséquences de la Révolution de 1789, sur le rôle que le peuple peut avoir à jouer dans l’avenir.
Ces questionnements transparaissent tant dans certaines de ses œuvres poétiques que dans ses discours politiques.
A partir de 1843, année de son passage à l’opposition, Lamartine s’attèle à un autre projet, celui d’écrire l’Histoire des Girondins, dont la parution en 1847 est concomitante de la campagne des banquets et des troubles politiques qui conduiront à la Révolution de février 1848.
Le succès est au rendez-vous et le nom de Lamartine devient extrêmement populaire.
En février 1848, il est de ceux qui proclament la République et fait partie du gouvernement provisoire en tant que ministre des Affaires étrangères.
Cependant, après les émeutes de juin 1848, la popularité de Lamartine vacille.
Quelques mois plus tard, en 1849, il publie L’Histoire de la Révolution de 1848 dans laquelle il relate les événements auxquels il a lui-même participé.
Ces deux Histoires sont donc particulières en ce sens qu’elles ont permis à Lamartine d’une part de participer activement à la marche de l’Histoire et d’autre part, de laisser un document faisant office de témoignage voire de plaidoyer devant la postérité.
En effet, L’Histoire des Girondins a eu le mérite d’instruire le lectorat au sujet de la Révolution de 1789 en mettant l’accent sur ses écueils, à savoir la période de la Terreur.
Quant à l’Histoire de la Révolution de 1848, Lamartine y souligne l’abnégation et le don de soi des membres du gouvernement provisoire, et bien qu’il tente d’y créer une certaine objectivité lorsqu’il parle de lui à la troisième personne du singulier, on ne peut que constater que c’est principalement son action dans les événements qui est au cœur du récit.
Ces deux œuvres, loin d’être des manifestes ou des compilations de dates et d’événements bruts, se distinguent par une certaine qualité littéraire.
Ainsi Lamartine travaille-t-il les mises en scène, les portraits des différents acteurs de l’Histoire et joue-t-il sur les tensions dramatiques qu’il souhaite conférer à ces œuvres.
L’Histoire des Girondins et l’Histoire de la Révolution de 1848 concentrent ainsi toutes les passions de l’auteur : la fibre littéraire, l’action politique et le goût pour l’Histoire.
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