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Enquête, Histoire et Fiction : Jean Hatzfeld au prisme de l'écriture.

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Penser l’écriture par rapport à l’histoire c’est mettre en relation deux moments importants de l’activité. On peut considérer que ce qui est écrit, c’est ce qui reste, c’est-à-dire jugé digne d’être transmis. Il en va ainsi des événements historiques qui grâce à l’écriture sont transmis de génération en génération. L’écriture est ainsi une trace, une mémoire de l’histoire. Toutefois, l’histoire semble s’opposer à l’écriture littéraire. Car il est généralement admis qu’on ne trouve guère dans les œuvres littéraires que ce qui s´oppose à la réalité et ce point de vue relèverait de l’imaginaire voire de la simulation. Cette approche du texte littéraire se trouve désormais quelque peu ébranlée, si l’on intègre les témoignages, les biographies, notamment les témoignages de survivants de génocide et même ceux des « assassins ».Cette question est d’autant plus présente que ces dernières décennies on assiste à l’émergence dans le débat critique d’une question, que la poétique n’avait jamais explicitée en tant que telle : celle des frontières de la fiction. Toutes choses qui ont permis de repenser la poétique de l’œuvre littéraire fondée comme l’indique les organisateurs d’un colloque en ligne « sur une prescription de distanciation et de subordination du réel concret ou factuel au profit de la fiction ». Il apparaît donc que c’est dans le déploiement même du texte que la difficulté à définir le statut du texte se dévoile dans toute sa complexité. Loin des approches structuralistes du milieu du XXe siècle qui concevaient encore le texte comme un système de relations clos sur lui-même, la critique contemporaine pense le texte dans son rapport avec le hors texte. Ainsi, on redécouvre la nécessité non seulement d’inclure les sciences humaines dans le travail critique mais aussi de lire les faits historiques et sociologiques à partir du texte littéraire. Comment concilier histoire et écriture ?Ce questionnement général s’applique également à toutes les littératures, notamment aux textes sur le génocide rwandais. Ici se pose identiquement la question de la mise en écriture d’une page tragique de l’Histoire. Comment dire sans totalement sublimer le factuel ? Le langage est-il apte à saisir les horreurs de ce génocide, comment écrire ? Telles sont en quelques mots les questions que pose cette littérature. Dans cette perspective Jean Hatzfeld se présente comme enquêteur qui transmet les résultats d’une profonde expérience sur le génocide du Rwanda. Son texte Une Saison de machettes : La parole des assassins, le deuxième récit d’une trilogie consacrée au génocide Rwandais, révèle un processus de reconstitution des traces de l’histoire à travers le témoignage presque naturel de Hutus ayant participés aux massacre des Tutsi. La particularité de ce texte est la mise en discours du récit des bourreaux. C’est-à-dire ceux-là qui ont pleinement participé aux massacres humains en tant qu’acteurs, meneurs de troupes. Il s’agit pour l’auteur de faire parler des personnes qui ont fait l’expérience du pouvoir de vie ou de mort sur leur semblable. Ici, l’homme est d’abord perçu selon la formule de Thomas Hobbes comme un ‘‘loup pour l’homme.’’ Le voisin ou l’ami d’enfance qui devient cet être diabolique capable des pires atrocités.Nous allons orienter notre analyse vers trois principaux axes de recherche que sont : l’étude du texte, celui du contexte et du métatexte.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Enquête, Histoire et Fiction : Jean Hatzfeld au prisme de l'écriture.
Description:
Penser l’écriture par rapport à l’histoire c’est mettre en relation deux moments importants de l’activité.
On peut considérer que ce qui est écrit, c’est ce qui reste, c’est-à-dire jugé digne d’être transmis.
Il en va ainsi des événements historiques qui grâce à l’écriture sont transmis de génération en génération.
L’écriture est ainsi une trace, une mémoire de l’histoire.
Toutefois, l’histoire semble s’opposer à l’écriture littéraire.
Car il est généralement admis qu’on ne trouve guère dans les œuvres littéraires que ce qui s´oppose à la réalité et ce point de vue relèverait de l’imaginaire voire de la simulation.
Cette approche du texte littéraire se trouve désormais quelque peu ébranlée, si l’on intègre les témoignages, les biographies, notamment les témoignages de survivants de génocide et même ceux des « assassins ».
Cette question est d’autant plus présente que ces dernières décennies on assiste à l’émergence dans le débat critique d’une question, que la poétique n’avait jamais explicitée en tant que telle : celle des frontières de la fiction.
Toutes choses qui ont permis de repenser la poétique de l’œuvre littéraire fondée comme l’indique les organisateurs d’un colloque en ligne « sur une prescription de distanciation et de subordination du réel concret ou factuel au profit de la fiction ».
Il apparaît donc que c’est dans le déploiement même du texte que la difficulté à définir le statut du texte se dévoile dans toute sa complexité.
Loin des approches structuralistes du milieu du XXe siècle qui concevaient encore le texte comme un système de relations clos sur lui-même, la critique contemporaine pense le texte dans son rapport avec le hors texte.
Ainsi, on redécouvre la nécessité non seulement d’inclure les sciences humaines dans le travail critique mais aussi de lire les faits historiques et sociologiques à partir du texte littéraire.
Comment concilier histoire et écriture ?Ce questionnement général s’applique également à toutes les littératures, notamment aux textes sur le génocide rwandais.
Ici se pose identiquement la question de la mise en écriture d’une page tragique de l’Histoire.
Comment dire sans totalement sublimer le factuel ? Le langage est-il apte à saisir les horreurs de ce génocide, comment écrire ? Telles sont en quelques mots les questions que pose cette littérature.
Dans cette perspective Jean Hatzfeld se présente comme enquêteur qui transmet les résultats d’une profonde expérience sur le génocide du Rwanda.
Son texte Une Saison de machettes : La parole des assassins, le deuxième récit d’une trilogie consacrée au génocide Rwandais, révèle un processus de reconstitution des traces de l’histoire à travers le témoignage presque naturel de Hutus ayant participés aux massacre des Tutsi.
La particularité de ce texte est la mise en discours du récit des bourreaux.
C’est-à-dire ceux-là qui ont pleinement participé aux massacres humains en tant qu’acteurs, meneurs de troupes.
Il s’agit pour l’auteur de faire parler des personnes qui ont fait l’expérience du pouvoir de vie ou de mort sur leur semblable.
Ici, l’homme est d’abord perçu selon la formule de Thomas Hobbes comme un ‘‘loup pour l’homme.
’’ Le voisin ou l’ami d’enfance qui devient cet être diabolique capable des pires atrocités.
Nous allons orienter notre analyse vers trois principaux axes de recherche que sont : l’étude du texte, celui du contexte et du métatexte.

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