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Une peur de l’autre typiquement japonaise ? Théoriser la phobie sociale au Japon dans la seconde moitié du xxe siècle

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La phobie sociale ou anxiété sociale est actuellement un trouble psychique largement reconnu et diagnostiqué à travers le monde. C’est toutefois au Japon d’abord, entre les années 1960 et 1990, que cette forme de timidité pathologique a acquis une légitimité médicale, en tant que diagnostic psychiatrique, et sociale, en tant que modalité reconnue d’expression de la souffrance psychique, sous le nom de « phobie interpersonnelle » (taijin kyôfu ou taijin kyôfushô). Ce qui peut sembler étonnant rétrospectivement est que les psychiatres japonais considèrent alors qu’il s’agit là d’une névrose japonaise, ce qui conduira dans les années 1990 à sa reconnaissance au niveau international en tant que « syndrome lié à la culture ». Nous analysons dans cet article le déploiement d’une lecture culturaliste dans la réflexion psychopathologique sur la phobie interpersonnelle, les circulations et les réagencements conceptuels qui la déterminent, dans le contexte historique des années de haute croissance économique.
Title: Une peur de l’autre typiquement japonaise ? Théoriser la phobie sociale au Japon dans la seconde moitié du xxe siècle
Description:
La phobie sociale ou anxiété sociale est actuellement un trouble psychique largement reconnu et diagnostiqué à travers le monde.
C’est toutefois au Japon d’abord, entre les années 1960 et 1990, que cette forme de timidité pathologique a acquis une légitimité médicale, en tant que diagnostic psychiatrique, et sociale, en tant que modalité reconnue d’expression de la souffrance psychique, sous le nom de « phobie interpersonnelle » (taijin kyôfu ou taijin kyôfushô).
Ce qui peut sembler étonnant rétrospectivement est que les psychiatres japonais considèrent alors qu’il s’agit là d’une névrose japonaise, ce qui conduira dans les années 1990 à sa reconnaissance au niveau international en tant que « syndrome lié à la culture ».
Nous analysons dans cet article le déploiement d’une lecture culturaliste dans la réflexion psychopathologique sur la phobie interpersonnelle, les circulations et les réagencements conceptuels qui la déterminent, dans le contexte historique des années de haute croissance économique.

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