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Marguerite Yourcenar et le Japon
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Voyageuse par nature, parce que fille d'un « homme aux semelles de vent (1) », Marguerite Yourcenar a effectué entre 1951 et 1988, pas moins d'une vingtaine de voyages ! Pourquoi le Japon en 1981, et quel Japon ? Si les nombreux pays visités par l’écrivaine nourrissent l’œuvre, si, bien souvent Marguerite Yourcenar crée des personnages voyageurs, les lieux visités, les impressions ressenties, ressurgissent de manière retenue, tout d’abord revécus et analysés avant d’être livrés aux lecteurs. C’est que, pour Marguerite Yourcenar, le voyage est aussi, nécessairement, voyage intérieur. Aussi les traces du pays du Soleil Levant ne sont-elles pas toujours décelables de prime abord. Suivre les pas de Marguerite Yourcenar est souvent un chemin broussailleux puisque l’écrivaine a sans cesse cherché à brouiller les pistes, faisant montre de bonne volonté surtout pour dissimuler ce qu’elle ne souhaitait pas livrer. Ce que je suis en réalité demeure inconnu (2) semble nous jeter, dans le sillage de ces titres de Virginia Woolf, Marguerite Yourcenar qui a radicalement tenu à conserver Une Chambre à soi (3) . Plusieurs dates pour un même voyage, plusieurs éditions revues pour un même texte, un paratexte mouvant lui aussi, une volonté de tout diriger jusqu’à l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade. Parmi les lieux rêvés figure donc en bonne place le Japon, sans doute découvert sur le tard, mais d'abord constitué de ses lectures. Quel était le visage du Japon avant que Marguerite Yourcenar n’en foule la terre ? Nous nous sommes interrogés, à la manière de Marguerite Yourcenar et de ce koan (4) zen qu’elle a choisi comme épigraphe à Souvenirs pieux, rédigé entre 1969 et 1973 et premier volume de la trilogie intitulée Le Labyrinthe du monde : « Quel était votre visage avant que votre père et votre mère se fussent rencontrés ? (5)». Notre recherche explore une dimension plutôt méconnue de la vie de l'écrivaine : les relations de Marguerite Yourcenar avec le Japon. Nous souhaitons faire état de la naissance de cette sensibilité japonaise et des sceaux qui marquent l’œuvre yourcenarienne. Quelle place ce pays occupe-t-il pour l’auteure et dans son œuvre ? Le processus créatif yourcenarien se voit reproduit pour le Japon. Gageons que, sous divers aspects, il parcourt l’œuvre entière, parce que ce Japon personnel est issu de lectures de jeunesse renouvelées toute la vie durant alors que c'est vers la fin de sa vie, de début octobre à fin décembre 1982, que Marguerite Yourcenar, soixante-dix-neuf ans, séjourne au Japon. De ce voyage naissent directement deux œuvres, la traduction des Cinq Nô modernes de Yukio Mishima (1984) et Le Tour de la prison (posthume, 1991). Certaines œuvres de l’auteure, antérieures au voyage physique, présentent un avant-goût certain de cet intérêt pour le Japon : « Le Dernier amour du prince Genghi » (in Nouvelles orientales, 1938, 1ère édition), Mishima ou la vision du vide (1981), d’autres comme la pièce de théâtre Le Dialogue dans le marécage (1932) et sa postface (1969) sont reliées au Japon par l’écrivaine elle-même. Somme toute, cinq œuvres sont directement illuminées par le pays du Soleil Levant. C'est notre projet que d'analyser la représentation du Japon dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar. Pour ce faire, nous examinons successivement la bibliothèque de l'écrivain, puis ses premières armes littéraires sur le Japon avec notamment son essai sur l'écrivain Yukio Mishima et enfin son expérience vécue du Japon et la représentation qu'elle en a donnée, tout en essayant de rattacher l'image ainsi constituée à la mythologie personnelle de Marguerite Yourcenar.
Title: Marguerite Yourcenar et le Japon
Description:
Voyageuse par nature, parce que fille d'un « homme aux semelles de vent (1) », Marguerite Yourcenar a effectué entre 1951 et 1988, pas moins d'une vingtaine de voyages ! Pourquoi le Japon en 1981, et quel Japon ? Si les nombreux pays visités par l’écrivaine nourrissent l’œuvre, si, bien souvent Marguerite Yourcenar crée des personnages voyageurs, les lieux visités, les impressions ressenties, ressurgissent de manière retenue, tout d’abord revécus et analysés avant d’être livrés aux lecteurs.
C’est que, pour Marguerite Yourcenar, le voyage est aussi, nécessairement, voyage intérieur.
Aussi les traces du pays du Soleil Levant ne sont-elles pas toujours décelables de prime abord.
Suivre les pas de Marguerite Yourcenar est souvent un chemin broussailleux puisque l’écrivaine a sans cesse cherché à brouiller les pistes, faisant montre de bonne volonté surtout pour dissimuler ce qu’elle ne souhaitait pas livrer.
Ce que je suis en réalité demeure inconnu (2) semble nous jeter, dans le sillage de ces titres de Virginia Woolf, Marguerite Yourcenar qui a radicalement tenu à conserver Une Chambre à soi (3) .
Plusieurs dates pour un même voyage, plusieurs éditions revues pour un même texte, un paratexte mouvant lui aussi, une volonté de tout diriger jusqu’à l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade.
Parmi les lieux rêvés figure donc en bonne place le Japon, sans doute découvert sur le tard, mais d'abord constitué de ses lectures.
Quel était le visage du Japon avant que Marguerite Yourcenar n’en foule la terre ? Nous nous sommes interrogés, à la manière de Marguerite Yourcenar et de ce koan (4) zen qu’elle a choisi comme épigraphe à Souvenirs pieux, rédigé entre 1969 et 1973 et premier volume de la trilogie intitulée Le Labyrinthe du monde : « Quel était votre visage avant que votre père et votre mère se fussent rencontrés ? (5)».
Notre recherche explore une dimension plutôt méconnue de la vie de l'écrivaine : les relations de Marguerite Yourcenar avec le Japon.
Nous souhaitons faire état de la naissance de cette sensibilité japonaise et des sceaux qui marquent l’œuvre yourcenarienne.
Quelle place ce pays occupe-t-il pour l’auteure et dans son œuvre ? Le processus créatif yourcenarien se voit reproduit pour le Japon.
Gageons que, sous divers aspects, il parcourt l’œuvre entière, parce que ce Japon personnel est issu de lectures de jeunesse renouvelées toute la vie durant alors que c'est vers la fin de sa vie, de début octobre à fin décembre 1982, que Marguerite Yourcenar, soixante-dix-neuf ans, séjourne au Japon.
De ce voyage naissent directement deux œuvres, la traduction des Cinq Nô modernes de Yukio Mishima (1984) et Le Tour de la prison (posthume, 1991).
Certaines œuvres de l’auteure, antérieures au voyage physique, présentent un avant-goût certain de cet intérêt pour le Japon : « Le Dernier amour du prince Genghi » (in Nouvelles orientales, 1938, 1ère édition), Mishima ou la vision du vide (1981), d’autres comme la pièce de théâtre Le Dialogue dans le marécage (1932) et sa postface (1969) sont reliées au Japon par l’écrivaine elle-même.
Somme toute, cinq œuvres sont directement illuminées par le pays du Soleil Levant.
C'est notre projet que d'analyser la représentation du Japon dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar.
Pour ce faire, nous examinons successivement la bibliothèque de l'écrivain, puis ses premières armes littéraires sur le Japon avec notamment son essai sur l'écrivain Yukio Mishima et enfin son expérience vécue du Japon et la représentation qu'elle en a donnée, tout en essayant de rattacher l'image ainsi constituée à la mythologie personnelle de Marguerite Yourcenar.
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