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Les traductions d’οὐσία dans le Timée cicéronien
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Dans sa traduction partielle du Timée de Platon, Cicéron traduit le terme grec οὐσία par aeternitas et materia. Ces choix de traduction sont particulièrement intéressants à étudier puisqu’il n’existe pas de traduction fixe d’οὐσία en latin à l’époque de Cicéron – il n’est, en effet, pas à l’origine du néologisme essentia. Pourquoi Cicéron choisit-il deux termes latins pour traduire un même mot grec ? Pourquoi deux mots si différents à la fois l’un de l’autre et du terme οὐσία ? Quelle compréhension du concept d’οὐσία, mais aussi du Timée, cette traduction induit-elle ? Nous étudions dans cet article chacune des deux traductions latines et tentons de montrer que Cicéron est influencé par le contexte dans ses choix de traduction. Dans le « prélude » du discours de Timée, il traduit οὐσία par aeternitas lorsqu’il considère que le terme grec, opposé à γένεσις, correspond au participe substantivé τὸ ὂν ἀεί, γένεσιν δὲ οὐκ ἔχον. En traduisant οὐσία par aeternitas en 29c3, il fait du sème de l’éternité une caractéristique discriminante d’οὐσία, qui correspond également au modèle intelligible du monde. Dans le cas de materia, le mot latin traduit l’οὐσία dans le cadre du mélange de l’âme du monde par le démiurge dans un cratère. Cicéron choisit le terme materia qui sert généralement, en contexte philosophique, à désigner une matière disponible pour prendre la forme qu’on veut lui donner, selon différentes doctrines. Nous tentons de montrer que le contexte de la métaphore du mélange pousse Cicéron à considérer le terme οὐσία comme une « substance » qui entre dans la composition d’un mélange. Ces deux traductions d’οὐσία montrent que l’Arpinate choisit chacun des termes latins selon le sens précis qu’il donne à οὐσία, en fonction du contexte philosophique mais aussi en fonction du registre du discours.
Title: Les traductions d’οὐσία dans le Timée cicéronien
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Dans sa traduction partielle du Timée de Platon, Cicéron traduit le terme grec οὐσία par aeternitas et materia.
Ces choix de traduction sont particulièrement intéressants à étudier puisqu’il n’existe pas de traduction fixe d’οὐσία en latin à l’époque de Cicéron – il n’est, en effet, pas à l’origine du néologisme essentia.
Pourquoi Cicéron choisit-il deux termes latins pour traduire un même mot grec ? Pourquoi deux mots si différents à la fois l’un de l’autre et du terme οὐσία ? Quelle compréhension du concept d’οὐσία, mais aussi du Timée, cette traduction induit-elle ? Nous étudions dans cet article chacune des deux traductions latines et tentons de montrer que Cicéron est influencé par le contexte dans ses choix de traduction.
Dans le « prélude » du discours de Timée, il traduit οὐσία par aeternitas lorsqu’il considère que le terme grec, opposé à γένεσις, correspond au participe substantivé τὸ ὂν ἀεί, γένεσιν δὲ οὐκ ἔχον.
En traduisant οὐσία par aeternitas en 29c3, il fait du sème de l’éternité une caractéristique discriminante d’οὐσία, qui correspond également au modèle intelligible du monde.
Dans le cas de materia, le mot latin traduit l’οὐσία dans le cadre du mélange de l’âme du monde par le démiurge dans un cratère.
Cicéron choisit le terme materia qui sert généralement, en contexte philosophique, à désigner une matière disponible pour prendre la forme qu’on veut lui donner, selon différentes doctrines.
Nous tentons de montrer que le contexte de la métaphore du mélange pousse Cicéron à considérer le terme οὐσία comme une « substance » qui entre dans la composition d’un mélange.
Ces deux traductions d’οὐσία montrent que l’Arpinate choisit chacun des termes latins selon le sens précis qu’il donne à οὐσία, en fonction du contexte philosophique mais aussi en fonction du registre du discours.
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