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Mise au point d'un modèle murin de rosacée oculaire
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La rosacée oculaire est une maladie inflammatoire chronique qui touche à la fois l'œil et la paupière. Les principaux signes cliniques observés chez les patients sont des télangiectasies, une blépharite, une conjonctivite et une kératite. Une néovascularisation cornéenne est également fréquemment observée. Elle est une cause courante de rougeur oculaire et de sensations désagréables dans l'œil, telles que des brûlures, des picotements ou des sensations de corps étrangers. Il s'agit d'une maladie multifactorielle. Elle est favorisée par une prédisposition génétique, mais aussi par des facteurs environnementaux tels que l'exposition au soleil, la chaleur, l'alimentation, l'acarien Demodex folliculorum et le stress émotionnel. Plusieurs mécanismes physiopathologiques ont été proposés pour expliquer le développement de la rosacée oculaire, notamment 1) un dysfonctionnement du système immunitaire inné, avec l'augmentation de l'expression du peptide anti-microbien LL-37 ou des récepteurs Toll like (TLR) ; 2) une dérégulation vasculaire, avec une augmentation de la vasodilatation et de l'angiogenèse ; 3) un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, entraînant une altération de la production de meibum et une instabilité du film lacrymal, favorisant l'évaporation et facilitant l'inflammation oculaire ; et 4) de nombreuses dérégulations neurovasculaires. A ce jour, aucun traitement curatif n'est disponible. Les prises en charge, essentiellement symptomatiques et souvent peu efficaces, reposent principalement sur l'utilisation d'antibiotiques, de corticoïdes et de larmes artificielles.Le projet de thèse a eu pour but de développer un modèle murin préclinique de rosacée oculaire afin d'explorer les mécanismes physiopathologiques impliqués dans l'inflammation et l'hypersensibilité cornéenne observées chez les patients, dans la perspective de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiquesDeux approches expérimentales ont été mises en œuvre chez la souris C57/BL6. La première a consisté à appliquer du LL-37 sur l'œil (320 µM, deux fois par jour pendant deux jours). La deuxième approche a consisté à exposer les yeux aux UVB selon différents protocoles : un, trois ou cinq jours d'exposition, durant une ou trois minutes par jour, avec des intensités de 3,9 ; 1,8 ou 0,5 mW/cm². La pertinence des modèles a été évaluée selon deux critères : la présence de troubles sensoriels cornéens, mesurés à l'aide des tests de Eye-wiping (essuyage des yeux) et de von Frey oculaire, et l'existence d'une inflammation cornéenne, évaluée par dosage ELISA des marqueurs Lcn-2, MPO et CXCL1/KC.L'exposition au LL-37 n'a provoqué ni inflammation cornéenne ni anomalies sensorielles, conduisant à l'abandon de ce modèle. Avec le protocole d'exposition aux UVB à forte intensité (3,9 mW/cm², 3 minutes par jour) : une seule exposition n'a pas modifié la sensibilité cornéenne tandis que trois expositions ont augmenté la sensibilité dans un seul des tests. Enfin, cinq expositions ont entrainé une augmentation de la sensibilité chimique mais une diminution de la sensibilité mécanique. Tous ces protocoles ont déclenché une inflammation cornéenne, mais celle-ci est trop importante. La réduction de la durée quotidienne d'exposition à une minute par jour a permis de limiter l'inflammation, mais sans modifier la sensibilité cornéenne. En revanche, une exposition de trois minutes par jour à intensité réduite (1,8 ou 0,5 mW/cm²) a induit une inflammation modérée de la cornée, sans anomalies sensorielles. Des données préliminaires suggèrent cependant qu'une exposition à 1,8 mW/cm² pourrait augmenter la sensibilité spontanée des souris par rapport aux témoins. Il est donc nécessaire de poursuivre la caractérisation de ces modèles, notamment en évaluant la sensibilité spontanée des animaux ainsi que l'innervation cornéenne après exposition.
Title: Mise au point d'un modèle murin de rosacée oculaire
Description:
La rosacée oculaire est une maladie inflammatoire chronique qui touche à la fois l'œil et la paupière.
Les principaux signes cliniques observés chez les patients sont des télangiectasies, une blépharite, une conjonctivite et une kératite.
Une néovascularisation cornéenne est également fréquemment observée.
Elle est une cause courante de rougeur oculaire et de sensations désagréables dans l'œil, telles que des brûlures, des picotements ou des sensations de corps étrangers.
Il s'agit d'une maladie multifactorielle.
Elle est favorisée par une prédisposition génétique, mais aussi par des facteurs environnementaux tels que l'exposition au soleil, la chaleur, l'alimentation, l'acarien Demodex folliculorum et le stress émotionnel.
Plusieurs mécanismes physiopathologiques ont été proposés pour expliquer le développement de la rosacée oculaire, notamment 1) un dysfonctionnement du système immunitaire inné, avec l'augmentation de l'expression du peptide anti-microbien LL-37 ou des récepteurs Toll like (TLR) ; 2) une dérégulation vasculaire, avec une augmentation de la vasodilatation et de l'angiogenèse ; 3) un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, entraînant une altération de la production de meibum et une instabilité du film lacrymal, favorisant l'évaporation et facilitant l'inflammation oculaire ; et 4) de nombreuses dérégulations neurovasculaires.
A ce jour, aucun traitement curatif n'est disponible.
Les prises en charge, essentiellement symptomatiques et souvent peu efficaces, reposent principalement sur l'utilisation d'antibiotiques, de corticoïdes et de larmes artificielles.
Le projet de thèse a eu pour but de développer un modèle murin préclinique de rosacée oculaire afin d'explorer les mécanismes physiopathologiques impliqués dans l'inflammation et l'hypersensibilité cornéenne observées chez les patients, dans la perspective de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiquesDeux approches expérimentales ont été mises en œuvre chez la souris C57/BL6.
La première a consisté à appliquer du LL-37 sur l'œil (320 µM, deux fois par jour pendant deux jours).
La deuxième approche a consisté à exposer les yeux aux UVB selon différents protocoles : un, trois ou cinq jours d'exposition, durant une ou trois minutes par jour, avec des intensités de 3,9 ; 1,8 ou 0,5 mW/cm².
La pertinence des modèles a été évaluée selon deux critères : la présence de troubles sensoriels cornéens, mesurés à l'aide des tests de Eye-wiping (essuyage des yeux) et de von Frey oculaire, et l'existence d'une inflammation cornéenne, évaluée par dosage ELISA des marqueurs Lcn-2, MPO et CXCL1/KC.
L'exposition au LL-37 n'a provoqué ni inflammation cornéenne ni anomalies sensorielles, conduisant à l'abandon de ce modèle.
Avec le protocole d'exposition aux UVB à forte intensité (3,9 mW/cm², 3 minutes par jour) : une seule exposition n'a pas modifié la sensibilité cornéenne tandis que trois expositions ont augmenté la sensibilité dans un seul des tests.
Enfin, cinq expositions ont entrainé une augmentation de la sensibilité chimique mais une diminution de la sensibilité mécanique.
Tous ces protocoles ont déclenché une inflammation cornéenne, mais celle-ci est trop importante.
La réduction de la durée quotidienne d'exposition à une minute par jour a permis de limiter l'inflammation, mais sans modifier la sensibilité cornéenne.
En revanche, une exposition de trois minutes par jour à intensité réduite (1,8 ou 0,5 mW/cm²) a induit une inflammation modérée de la cornée, sans anomalies sensorielles.
Des données préliminaires suggèrent cependant qu'une exposition à 1,8 mW/cm² pourrait augmenter la sensibilité spontanée des souris par rapport aux témoins.
Il est donc nécessaire de poursuivre la caractérisation de ces modèles, notamment en évaluant la sensibilité spontanée des animaux ainsi que l'innervation cornéenne après exposition.
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