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La problématique de Joseph A. Schumpeter : de la dynamique de la nouveauté à la théorie générale du capitalisme : Recherches en philosophie économique
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Cette thèse propose de reconstruire la théorie générale du capitalisme présente dans l’œuvre de Joseph A. Schumpeter. Nous entendons par « théorie générale » une grille de lecture explicative capable de saisir le capitalisme comme un phénomène total, c’est-à-dire dans sa dimension économique, institutionnelle et culturelle. Toutefois, notre thèse vise à démontrer que la théorie générale n’est en fait qu’une application à l’économie d’une problématique philosophique plus large : la dynamique de la nouveauté. La première partie de la thèse propose une reconstruction des positions épistémologiques et méthodologiques de Schumpeter en vue d’en proposer une critique à l’aide de la philosophie économique (chap. 1). Ainsi, nous prenons le contre-pied de la méthode schumpétérienne qui consiste à séparer l’analyse économique de la philosophie, en considérant au contraire que la seconde perdure dans la première. La philosophie économique de Schumpeter se trouve logée dans ses développements analytiques et théoriques. Nous démontrons ainsi qu’il existe une problématique de la nouveauté qui permet d’unifier l’œuvre de Schumpeter en lui donnant une direction (chap. 2). La deuxième partie reconstruit, à l’aide des outils de l’histoire de la pensée économique, la théorie générale du capitalisme. La fondation sur laquelle l’édifice schumpétérien repose est le circuit statique, hérité de l’équilibre général walrasien. Nous montrons que le circuit statique est une représentation conceptuelle de l’essence des activités économiques (chap. 3) qui existent dans toute société humaine et persévèrent ainsi dans le capitalisme. Toutefois, l’apport majeur de Schumpeter consiste à proposer une branche dynamique à la science économique capable de saisir les phénomènes laissés inexpliqués par la statique (profit, capital, crédit, intérêt, cycles) et ainsi concevoir le capitalisme sous la forme d’une évolution économique (chap. 4). Schumpeter déploie une définition tr idimensionnelle du capitalisme entendu, premièrement, comme une méthode ou forme du changement économique, par laquelle les innovations et les entrepreneurs provoquent le déséquilibrage du circuit statique. Le capitalisme est, deuxièmement, un ordre institutionnel s’articulant autour de la propriété privée des moyens de production, de l’initiative privée en vue de profits privés et du phénomène du crédit (chap. 5). Troisièmement, le capitalisme déploie une civilisation, c’est-à-dire un ensemble de valeurs, de croyances, de représentations collectives, engendrées par le bouleversement des structures économiques (chap. 6). Schumpeter est influencé par de nombreux auteurs : Walras, Marx, Quesnay, Lévy-Bruhl, Say, Cantillon, etc. ; et inscrit dans les réseaux intellectuels de son temps : Weber, Wieser, Hayek, Frisch, Lederer, Galbraith, Samuelson, etc. La troisième partie mène une enquête sur les substrats philosophiques de la théorie générale. En effet, Schumpeter ne parvient pas à fou rnir une explication économique satisfaisante de l’apparition des innovations. Cette aporie donne à voir les substrats philosophiques nietzschéens (chap. 7) et darwiniens (chap. 8) qui infusent la théorie générale. Schumpeter déploie ainsi une conception élitiste et biologisante du capitalisme. Toutefois, les tensions au sein de la philosophie économique permettent de voir que Schumpeter déploie un cadre explicatif général de la nouveauté valable pour toutes les sphères de la vie sociale et dont la théorie générale apparaît comme une application à l’économie (chap. 9). Notre thèse propose ainsi une clé de lecture originale qui permet d’ouvrir une nouvelle porte d’entrée à l’œuvre de Schumpeter. Notre démarche en philosophie économique permet d’ouvrir des perspectives d’étude renouvelée en histoire de la pensée économique et d’appréhender l’évolution des réponses économiques, institutionnelles et culturelles déployées par le capitalisme face à l’irruption constante de nouveautés.
Title: La problématique de Joseph A. Schumpeter : de la dynamique de la nouveauté à la théorie générale du capitalisme : Recherches en philosophie économique
Description:
Cette thèse propose de reconstruire la théorie générale du capitalisme présente dans l’œuvre de Joseph A.
Schumpeter.
Nous entendons par « théorie générale » une grille de lecture explicative capable de saisir le capitalisme comme un phénomène total, c’est-à-dire dans sa dimension économique, institutionnelle et culturelle.
Toutefois, notre thèse vise à démontrer que la théorie générale n’est en fait qu’une application à l’économie d’une problématique philosophique plus large : la dynamique de la nouveauté.
La première partie de la thèse propose une reconstruction des positions épistémologiques et méthodologiques de Schumpeter en vue d’en proposer une critique à l’aide de la philosophie économique (chap.
1).
Ainsi, nous prenons le contre-pied de la méthode schumpétérienne qui consiste à séparer l’analyse économique de la philosophie, en considérant au contraire que la seconde perdure dans la première.
La philosophie économique de Schumpeter se trouve logée dans ses développements analytiques et théoriques.
Nous démontrons ainsi qu’il existe une problématique de la nouveauté qui permet d’unifier l’œuvre de Schumpeter en lui donnant une direction (chap.
2).
La deuxième partie reconstruit, à l’aide des outils de l’histoire de la pensée économique, la théorie générale du capitalisme.
La fondation sur laquelle l’édifice schumpétérien repose est le circuit statique, hérité de l’équilibre général walrasien.
Nous montrons que le circuit statique est une représentation conceptuelle de l’essence des activités économiques (chap.
3) qui existent dans toute société humaine et persévèrent ainsi dans le capitalisme.
Toutefois, l’apport majeur de Schumpeter consiste à proposer une branche dynamique à la science économique capable de saisir les phénomènes laissés inexpliqués par la statique (profit, capital, crédit, intérêt, cycles) et ainsi concevoir le capitalisme sous la forme d’une évolution économique (chap.
4).
Schumpeter déploie une définition tr idimensionnelle du capitalisme entendu, premièrement, comme une méthode ou forme du changement économique, par laquelle les innovations et les entrepreneurs provoquent le déséquilibrage du circuit statique.
Le capitalisme est, deuxièmement, un ordre institutionnel s’articulant autour de la propriété privée des moyens de production, de l’initiative privée en vue de profits privés et du phénomène du crédit (chap.
5).
Troisièmement, le capitalisme déploie une civilisation, c’est-à-dire un ensemble de valeurs, de croyances, de représentations collectives, engendrées par le bouleversement des structures économiques (chap.
6).
Schumpeter est influencé par de nombreux auteurs : Walras, Marx, Quesnay, Lévy-Bruhl, Say, Cantillon, etc.
; et inscrit dans les réseaux intellectuels de son temps : Weber, Wieser, Hayek, Frisch, Lederer, Galbraith, Samuelson, etc.
La troisième partie mène une enquête sur les substrats philosophiques de la théorie générale.
En effet, Schumpeter ne parvient pas à fou rnir une explication économique satisfaisante de l’apparition des innovations.
Cette aporie donne à voir les substrats philosophiques nietzschéens (chap.
7) et darwiniens (chap.
8) qui infusent la théorie générale.
Schumpeter déploie ainsi une conception élitiste et biologisante du capitalisme.
Toutefois, les tensions au sein de la philosophie économique permettent de voir que Schumpeter déploie un cadre explicatif général de la nouveauté valable pour toutes les sphères de la vie sociale et dont la théorie générale apparaît comme une application à l’économie (chap.
9).
Notre thèse propose ainsi une clé de lecture originale qui permet d’ouvrir une nouvelle porte d’entrée à l’œuvre de Schumpeter.
Notre démarche en philosophie économique permet d’ouvrir des perspectives d’étude renouvelée en histoire de la pensée économique et d’appréhender l’évolution des réponses économiques, institutionnelles et culturelles déployées par le capitalisme face à l’irruption constante de nouveautés.
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