Search engine for discovering works of Art, research articles, and books related to Art and Culture
ShareThis
Javascript must be enabled to continue!

Aristote et les intermédiaires mathématiques

View through CrossRef
La centralité du chapitre A6 dans la composition du livre A de la Métaphysique a été justement soulignée : Aristote ne reconstitue pas ici une philosophie du passé, comme il l’avait fait dans les chapitres précédents, depuis ses origines jusqu’aux Pythagoriciens, mais traite de la philosophie du présent, celle de Platon et de son école, l’Académie, dont il avait été un élève pendant vingt ans. Le texte peut être divisé en trois parties principales : la première (987a29-b14) est une « généalogie » du platonisme classique, celui que l’on retrouve dans les dialogues platoniciens, c’est-à-dire un dualisme ontologique de Formes intelligibles et de corps sensibles liés par une relation, qu’Aristote considère comme obscure et inexpliquée, de participation . La troisième partie (987b18-988a17) expose plutôt une doctrine platonicienne absente des dialogues, c’est-à-dire les causes et principes des Formes intelligibles, l’Un et la Dyade Indéfinie. Mais le passage sur lequel je m’attarderai est plutôt une étape intermédiaire entre la première et la troisième partie, qui introduit, à côté du dualisme ontologique classique de la première partie, des objets intermédiaires (μεταξύ) entre les Formes intelligibles et les corps sensibles, c’est-à-dire les objets des mathématiques (τὰ μαθηματικά) : l’ontologie platonicienne est donc une ontologie triadique . La conclusion du chapitre (988a7-17) résume l’ontologie platonicienne, mais sans mentionner les objets mathématiques. Dans cet essai, je traiterai de deux questions concernant l’ontologie triadique du platonisme, à savoir l’existence intermédiaire des entités mathématiques et ce que signifie être un intermédiaire entre les αἰσθητά et les εἴδη, en particulier la relation entre les objets mathématiques et la sphère des sensibles. La méthode suivie sera celle d’une « lecture lente » du texte, selon la formule proposée par Nietzsche, c’est-à-dire une lecture attentive avant tout aux détails plutôt qu’à l’ensemble du texte.
Title: Aristote et les intermédiaires mathématiques
Description:
La centralité du chapitre A6 dans la composition du livre A de la Métaphysique a été justement soulignée : Aristote ne reconstitue pas ici une philosophie du passé, comme il l’avait fait dans les chapitres précédents, depuis ses origines jusqu’aux Pythagoriciens, mais traite de la philosophie du présent, celle de Platon et de son école, l’Académie, dont il avait été un élève pendant vingt ans.
Le texte peut être divisé en trois parties principales : la première (987a29-b14) est une « généalogie » du platonisme classique, celui que l’on retrouve dans les dialogues platoniciens, c’est-à-dire un dualisme ontologique de Formes intelligibles et de corps sensibles liés par une relation, qu’Aristote considère comme obscure et inexpliquée, de participation .
La troisième partie (987b18-988a17) expose plutôt une doctrine platonicienne absente des dialogues, c’est-à-dire les causes et principes des Formes intelligibles, l’Un et la Dyade Indéfinie.
Mais le passage sur lequel je m’attarderai est plutôt une étape intermédiaire entre la première et la troisième partie, qui introduit, à côté du dualisme ontologique classique de la première partie, des objets intermédiaires (μεταξύ) entre les Formes intelligibles et les corps sensibles, c’est-à-dire les objets des mathématiques (τὰ μαθηματικά) : l’ontologie platonicienne est donc une ontologie triadique .
La conclusion du chapitre (988a7-17) résume l’ontologie platonicienne, mais sans mentionner les objets mathématiques.
Dans cet essai, je traiterai de deux questions concernant l’ontologie triadique du platonisme, à savoir l’existence intermédiaire des entités mathématiques et ce que signifie être un intermédiaire entre les αἰσθητά et les εἴδη, en particulier la relation entre les objets mathématiques et la sphère des sensibles.
La méthode suivie sera celle d’une « lecture lente » du texte, selon la formule proposée par Nietzsche, c’est-à-dire une lecture attentive avant tout aux détails plutôt qu’à l’ensemble du texte.

Related Results

The origins of licence : excessive freedom in ancient political philosophy
The origins of licence : excessive freedom in ancient political philosophy
Le thème de la liberté excessive dans la philosophie politique ancienne (Platon, Aristote, Cicéron) La thèse étudie les critiques formulées par Platon, Aristote et ...
Essays in Industrial Organization of information intermediaries
Essays in Industrial Organization of information intermediaries
Essais en economie industrielle des intermédiaires de l'information Cette thése étudie le sujet du comportement stratégique des intermédiares de l'information.Dans ...
Aristote au xixe siècle
Aristote au xixe siècle
Aristote, oublié depuis deux siècles, devient au xixe siècle un contemporain. Soutenue par un remarquable travail éditorial évoqué par les noms de Brandis, Bekker ou Bonitz, cette ...
Législation et éducation dans la politique d' Aristote
Législation et éducation dans la politique d' Aristote
Dans les premières lignes du livre VIII de la Politique, Aristote affirme : « Que donc le législateur doive s’occuper avant tout de l’éducation des jeunes gens, nul ne saurait le c...
Courage: Definition and distinctions
Courage: Definition and distinctions
Afin d’examiner la définition du courage chez Aristote, cet article pose un certain nombre de questions de procédure. (i) Comment Aristote s’y prend-il pour construire la définitio...
Les quantités dans la nature : les conditions ontologiques de l’applicabilité des mathématiques
Les quantités dans la nature : les conditions ontologiques de l’applicabilité des mathématiques
Si nos théories physiques peuvent décrire les traits les plus généraux de la réalité, on sait aussi que pour le faire, elles utilisent le langage des mathématiques. On peut alors l...

Back to Top