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L'intégration économique internationale de la Colombie (1990-2010) : une approche en termes d'économie politique internationale

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L’ouverture de l’économie colombienne, décidée en 1990, fut présentée comme un promoteur de croissance et développement sur la base des exportations (et des Investissements Directs Etrangers). Cette thèse soutient que l’ouverture n’a pas été décidée afin de favoriser la croissance et le développement et que ces deux phénomènes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était anticipé. Ce résultat est fondé sur une analyse en termes d’Economie Politique Internationale : les relations de pouvoir peuvent être utiles pour répondre à des questions d’ordre économique. Le premier chapitre montre que les caractéristiques structurelles de l’économie colombienne rendaient son ouverture impropre à générer croissance et développement sur la base des exportations. Cette proposition s’appuie sur l’analyse de la compétitivité sectorielle et des carences institutionnelles de l’économie colombienne, ainsi que sur l’accroissement potentiel des inégalités spatiales de développement suite à l’ouverture. Le deuxième chapitre s’attache alors à mettre en évidence que l’ouverture répond à des objectifs propres aux Etats-Unis. Ces objectifs sont à dominante économique (typiquement la création des débouchés extérieurs et l’accès à des matières premières) ou politique (lutte contre les guérillas d’inspiration communiste dans le cadre de la politique étrangère américaine). Le deuxième chapitre expose une série des moyens à la disposition des Etats-Unis afin d’obtenir l’ouverture du gouvernement colombien de l’époque. Ces moyens vont de la coercition (par exemple la menace de sanction) à la légitimation (favoriser l’élection d’un gouvernement pro-ouverture). Le troisième chapitre montre que l’ouverture n’a pas instauré un régime de croissance fondé sur les exportations. Au contraire, elle a instauré un régime instable fondé sur une dynamique spéculative sur les actifs immobiliers à partir des flux de capitaux étrangers venant nourrir l’achat de ces actifs à crédit. Lorsque ces capitaux finissent tôt ou tard par manquer, de tels achats sont pénalisés et viennent interrompre la dynamique. Celle-ci ne peut plus tirer la croissance via des effets d’entrainement du secteur de la construction sur le reste de l’économie. Mais pris au piège de la relation de pouvoir exercée par les Etats-Unis, le gouvernement colombien n’a pas cherché à stabiliser la conjoncture. Il a dû privilégier les dépenses en équipement militaire américain pour lutter contre les guérillas colombiennes. L’intensification subséquente du conflit armé a accentué la violence au sein du territoire. Il en résulta la destruction d’infrastructures, ainsi qu’une migration de travailleurs qualifiés. La récession en a été d’autant plus accentuée. Ainsi l’ouverture débouche-t-elle sur la pire crise économique du XXème siècle en Colombie, avec une récession de -5% en 1999. Le quatrième chapitre enquête sur les changements des structures de production et d’échange suite à l’ouverture, pour ainsi montrer que ces changements n’ont que peu favorisé le développement. La Colombie tend à négliger sa spécialisation internationale historique dans le café et la plupart des cultures transitoires (blé, riz, orge, sorgo, coton, etc.) pour privilégier d’autres cultures dont les effets positifs sur le développement sont moindres. Bien que les hydrocarbures et d’autres matières brutes bénéficient d’un certain potentiel d’exportation, le développement des territoires où l’extraction a lieu reste faible. Se pose en outre un problème de soutenabilité de l’extraction. Enfin, si l’industrie manufacturière a pu croitre au rythme du régime de croissance, elle le doit à la protection dont elle bénéficie encore dans le cadre du traitement différentiel des pays en développement à l’Organisation Mondiale du Commerce et moins aux opportunités d’exportation données par l’ouverture. Le jour où ce traitement sera diminué voire supprimé, toute une partie de l’économie colombienne est menacée.
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Title: L'intégration économique internationale de la Colombie (1990-2010) : une approche en termes d'économie politique internationale
Description:
L’ouverture de l’économie colombienne, décidée en 1990, fut présentée comme un promoteur de croissance et développement sur la base des exportations (et des Investissements Directs Etrangers).
Cette thèse soutient que l’ouverture n’a pas été décidée afin de favoriser la croissance et le développement et que ces deux phénomènes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était anticipé.
Ce résultat est fondé sur une analyse en termes d’Economie Politique Internationale : les relations de pouvoir peuvent être utiles pour répondre à des questions d’ordre économique.
Le premier chapitre montre que les caractéristiques structurelles de l’économie colombienne rendaient son ouverture impropre à générer croissance et développement sur la base des exportations.
Cette proposition s’appuie sur l’analyse de la compétitivité sectorielle et des carences institutionnelles de l’économie colombienne, ainsi que sur l’accroissement potentiel des inégalités spatiales de développement suite à l’ouverture.
Le deuxième chapitre s’attache alors à mettre en évidence que l’ouverture répond à des objectifs propres aux Etats-Unis.
Ces objectifs sont à dominante économique (typiquement la création des débouchés extérieurs et l’accès à des matières premières) ou politique (lutte contre les guérillas d’inspiration communiste dans le cadre de la politique étrangère américaine).
Le deuxième chapitre expose une série des moyens à la disposition des Etats-Unis afin d’obtenir l’ouverture du gouvernement colombien de l’époque.
Ces moyens vont de la coercition (par exemple la menace de sanction) à la légitimation (favoriser l’élection d’un gouvernement pro-ouverture).
Le troisième chapitre montre que l’ouverture n’a pas instauré un régime de croissance fondé sur les exportations.
Au contraire, elle a instauré un régime instable fondé sur une dynamique spéculative sur les actifs immobiliers à partir des flux de capitaux étrangers venant nourrir l’achat de ces actifs à crédit.
Lorsque ces capitaux finissent tôt ou tard par manquer, de tels achats sont pénalisés et viennent interrompre la dynamique.
Celle-ci ne peut plus tirer la croissance via des effets d’entrainement du secteur de la construction sur le reste de l’économie.
Mais pris au piège de la relation de pouvoir exercée par les Etats-Unis, le gouvernement colombien n’a pas cherché à stabiliser la conjoncture.
Il a dû privilégier les dépenses en équipement militaire américain pour lutter contre les guérillas colombiennes.
L’intensification subséquente du conflit armé a accentué la violence au sein du territoire.
Il en résulta la destruction d’infrastructures, ainsi qu’une migration de travailleurs qualifiés.
La récession en a été d’autant plus accentuée.
Ainsi l’ouverture débouche-t-elle sur la pire crise économique du XXème siècle en Colombie, avec une récession de -5% en 1999.
Le quatrième chapitre enquête sur les changements des structures de production et d’échange suite à l’ouverture, pour ainsi montrer que ces changements n’ont que peu favorisé le développement.
La Colombie tend à négliger sa spécialisation internationale historique dans le café et la plupart des cultures transitoires (blé, riz, orge, sorgo, coton, etc.
) pour privilégier d’autres cultures dont les effets positifs sur le développement sont moindres.
Bien que les hydrocarbures et d’autres matières brutes bénéficient d’un certain potentiel d’exportation, le développement des territoires où l’extraction a lieu reste faible.
Se pose en outre un problème de soutenabilité de l’extraction.
Enfin, si l’industrie manufacturière a pu croitre au rythme du régime de croissance, elle le doit à la protection dont elle bénéficie encore dans le cadre du traitement différentiel des pays en développement à l’Organisation Mondiale du Commerce et moins aux opportunités d’exportation données par l’ouverture.
Le jour où ce traitement sera diminué voire supprimé, toute une partie de l’économie colombienne est menacée.

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