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Caractéristiques psychiques, attachement et mentalisation d’une population de femmes victimes de violences conjugales

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Contexte : Multiformes et complexes, les violences conjugales touchent tous les milieux et tous les âges (Brown et al., 2002). Qu’elles soient de nature psychologique, physique et/ou sexuelle, ces maltraitances revêtent toujours un caractère traumatique. En France, chaque année, environ 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Face à ces événements traumatiques au sein des relations conjugales, les ressources psychiques des sujets sont particulièrement mises à l’épreuve, y compris leurs modalités d’attachement et la qualité de leur mentalisation. Alors que certaines femmes réussissent à s’extraire de la violence conjugale, d’autres sont victimes de violences continues et répétées durant de longues périodes et avec, parfois, plusieurs conjoints successifs (Besset & Zaaf, 2018). Notre étude a pour objectif de mieux comprendre la sécurité des liens d’attachement précoces et actuels, la qualité de la mentalisation et l’évolution du niveau de stress des sujets, ainsi que les divergences que nous pouvons observer entre ces deux groupes sur ces points précis. Cette thèse vise également à apprécier les prises en charge en Médecine Légale et notamment l’impact du suivi thérapeutique auprès de cette population. Méthode : Notre recherche porte sur cohorte de 50 femmes victimes de violences conjugales qui consultent au sein du service de Médecine Légale et Victimologie du CHU de Besançon après dépôt de plainte à l’encontre d’un conjoint violent. Nous avons divisé notre population en deux sous-groupes : les femmes qui ont quitté la relation après un épisode de Violence Conjugale Unique (VCU, 25 sujets) et celles qui ont subi des Violences Conjugales Chroniques (VCC, 25 sujets). Notre méthodologie mixte et longitudinale comporte deux épreuves projectives (Rorschach et TAT), plusieurs autoquestionnaires validés scientifiquement évaluant l’attachement actuel, les relations précoces, la mentalisation, le niveau de stress et les répercussions post-traumatiques, ainsi qu’un entretien semi-directif de recherche (AAI). Les rencontres liées à la recherche ont lieu en deux temps, T1: entre deux semaines et un mois après le dépôt de plainte à l’encontre du conjoint, T2: un an après la première rencontre. Résultats : Les résultats de cette recherche sont multiples, notamment dans les divergences observées des profils inter-groupes. Dans le groupe VCC, l’attachement craintif et les profils d’hypomentalisation sont majoritaires au T1 et persistent au T2. De plus, les scores aux autoquestionnaires et les entretiens montrent un taux élevé d’Etats de Stress Post-Traumatique (ESPT) avec de nombreux symptômes de reviviscences. A l’inverse, dans le groupe VCU, les analyses statistiques montrent des relations précoces majoritairement sécurisantes. Au T1, ces femmes présentent le plus souvent des stratégies d’attachement détachées et des caractéristiques psychiques liées à une hypermentalisation. Au T2, les résultats montrent des modalités d’attachement plus sécures, une meilleure qualité de mentalisation et une absence significative d’état de stress post-traumatique (ESPT). Les analyses ont montré un effet positif du suivi psychothérapeutique pour les deux sous-groupes de femmes victimes de violences conjugales. Conclusion : Ces résultats de thèse permettent d’affiner la compréhension des fonctionnements psychiques des femmes victimes de violences conjugales. L’étude des caractéristiques qui ont trait à la construction de la personnalité des sujets nous renseigne sur les facteurs de risque spécifiques à la mise en place, ou non, du système d’emprise. A l’inverse, les résultats propres au sous-groupe VCU contribuent à la connaissance des facteurs qui favorisent les phénomènes de résilience et de sortie de crise dans les situations de violences conjugales.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Caractéristiques psychiques, attachement et mentalisation d’une population de femmes victimes de violences conjugales
Description:
Contexte : Multiformes et complexes, les violences conjugales touchent tous les milieux et tous les âges (Brown et al.
, 2002).
Qu’elles soient de nature psychologique, physique et/ou sexuelle, ces maltraitances revêtent toujours un caractère traumatique.
En France, chaque année, environ 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales.
Face à ces événements traumatiques au sein des relations conjugales, les ressources psychiques des sujets sont particulièrement mises à l’épreuve, y compris leurs modalités d’attachement et la qualité de leur mentalisation.
Alors que certaines femmes réussissent à s’extraire de la violence conjugale, d’autres sont victimes de violences continues et répétées durant de longues périodes et avec, parfois, plusieurs conjoints successifs (Besset & Zaaf, 2018).
Notre étude a pour objectif de mieux comprendre la sécurité des liens d’attachement précoces et actuels, la qualité de la mentalisation et l’évolution du niveau de stress des sujets, ainsi que les divergences que nous pouvons observer entre ces deux groupes sur ces points précis.
Cette thèse vise également à apprécier les prises en charge en Médecine Légale et notamment l’impact du suivi thérapeutique auprès de cette population.
Méthode : Notre recherche porte sur cohorte de 50 femmes victimes de violences conjugales qui consultent au sein du service de Médecine Légale et Victimologie du CHU de Besançon après dépôt de plainte à l’encontre d’un conjoint violent.
Nous avons divisé notre population en deux sous-groupes : les femmes qui ont quitté la relation après un épisode de Violence Conjugale Unique (VCU, 25 sujets) et celles qui ont subi des Violences Conjugales Chroniques (VCC, 25 sujets).
Notre méthodologie mixte et longitudinale comporte deux épreuves projectives (Rorschach et TAT), plusieurs autoquestionnaires validés scientifiquement évaluant l’attachement actuel, les relations précoces, la mentalisation, le niveau de stress et les répercussions post-traumatiques, ainsi qu’un entretien semi-directif de recherche (AAI).
Les rencontres liées à la recherche ont lieu en deux temps, T1: entre deux semaines et un mois après le dépôt de plainte à l’encontre du conjoint, T2: un an après la première rencontre.
Résultats : Les résultats de cette recherche sont multiples, notamment dans les divergences observées des profils inter-groupes.
Dans le groupe VCC, l’attachement craintif et les profils d’hypomentalisation sont majoritaires au T1 et persistent au T2.
De plus, les scores aux autoquestionnaires et les entretiens montrent un taux élevé d’Etats de Stress Post-Traumatique (ESPT) avec de nombreux symptômes de reviviscences.
A l’inverse, dans le groupe VCU, les analyses statistiques montrent des relations précoces majoritairement sécurisantes.
Au T1, ces femmes présentent le plus souvent des stratégies d’attachement détachées et des caractéristiques psychiques liées à une hypermentalisation.
Au T2, les résultats montrent des modalités d’attachement plus sécures, une meilleure qualité de mentalisation et une absence significative d’état de stress post-traumatique (ESPT).
Les analyses ont montré un effet positif du suivi psychothérapeutique pour les deux sous-groupes de femmes victimes de violences conjugales.
Conclusion : Ces résultats de thèse permettent d’affiner la compréhension des fonctionnements psychiques des femmes victimes de violences conjugales.
L’étude des caractéristiques qui ont trait à la construction de la personnalité des sujets nous renseigne sur les facteurs de risque spécifiques à la mise en place, ou non, du système d’emprise.
A l’inverse, les résultats propres au sous-groupe VCU contribuent à la connaissance des facteurs qui favorisent les phénomènes de résilience et de sortie de crise dans les situations de violences conjugales.

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