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L’éthique du compromis en démocratie : une théorie fondée sur une approche ricœurienne
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Dans les démocraties contemporaines, le compromis est souvent perçu négativement, comme une nécessité pragmatique controversée. Cette thèse a pour objectif de démontrer qu’il est important d’envisager la réflexion sur le compromis positivement, du point de vue d’une éthique du compromis. Il s’agit d’élaborer un cadre éthique opératoire qui permette d’identifier les critères et les procédures nécessaires pour réaliser de bons compromis, et de montrer en quoi cette éthique est une dimension fondamentale de la théorie démocratique qui complète les approches existantes, notamment les théories délibératives et agonistiques. La philosophie éthique et politique de Paul Ricœur fournit des éléments critiques pour construire une telle éthique, dès lors que les théories morales classiques ne parviennent pas à rendre compte de la valeur du compromis. Le sujet ricœurien pensé comme faillible et capable, inscrit dans différents domaines d’appartenance, est structuré par une identité stable (idem), mais évolutive et ouverte à l’altérité (ipse). Capable de se penser lui-même comme un autre, et de faire preuve de créativité en pratique, il apparaît disposé au compromis. La pensée de Ricœur permet de proposer une nouvelle définition du compromis, non plus comme une concession, mais comme une mise en intersection inventive et originale de valeurs appartenant à différents domaines. Cette éthique du compromis considère, telle est la deuxième hypothèse, qu’il y a tout avantage à penser la démocratie sous l’angle de l’éthique. Ce travail explique donc non seulement la relation entretenue entre le compromis, le sujet éthique et les normes morales, mais aussi le rapport entre démocratie et éthique du compromis. Cette thèse élabore une nouvelle conception du monde social comme fondement structurel du compromis et avance deux concepts inédits, la « reconnaissance politique minimale » et le « mélange des ordres de grandeur » pour cerner les limites des compromis politiques et rejeter ceux qui sont inacceptables, à savoir, la compromission et la corruption. Une méthode hybride permet, à partir de cas d’études, d’éprouver théoriquement et empiriquement l’éthique du compromis, tant du point de vue des citoyens que de leurs représentants. Cette méthode permet de soutenir que la mise en pratique de l’éthique du compromis s’accommode d’une diversité de contestations et de contextes sociopolitiques, ce qui rend cette éthique réalisable et compatible avec les obligations des mandats électifs et l’éthique personnelle. Le dernier apport de cette thèse est d’offrir une conception relationnelle de la démocratie. En réintroduisant l’éthique politique au cœur du débat démocratique, il s’agit de montrer comment l’éthique du compromis préserve les interactions et obligations entre représentants et citoyens au sein d’institutions justes. Inclusive et flexible, l’éthique du compromis permet, contrairement aux approches autoritaires, de maintenir au sein d’une démocratie la possibilité d’une délibération et d’un accord conflictuel, dans des situations initiales de dissensus, de défiance et de pluralisme persistant.
Title: L’éthique du compromis en démocratie : une théorie fondée sur une approche ricœurienne
Description:
Dans les démocraties contemporaines, le compromis est souvent perçu négativement, comme une nécessité pragmatique controversée.
Cette thèse a pour objectif de démontrer qu’il est important d’envisager la réflexion sur le compromis positivement, du point de vue d’une éthique du compromis.
Il s’agit d’élaborer un cadre éthique opératoire qui permette d’identifier les critères et les procédures nécessaires pour réaliser de bons compromis, et de montrer en quoi cette éthique est une dimension fondamentale de la théorie démocratique qui complète les approches existantes, notamment les théories délibératives et agonistiques.
La philosophie éthique et politique de Paul Ricœur fournit des éléments critiques pour construire une telle éthique, dès lors que les théories morales classiques ne parviennent pas à rendre compte de la valeur du compromis.
Le sujet ricœurien pensé comme faillible et capable, inscrit dans différents domaines d’appartenance, est structuré par une identité stable (idem), mais évolutive et ouverte à l’altérité (ipse).
Capable de se penser lui-même comme un autre, et de faire preuve de créativité en pratique, il apparaît disposé au compromis.
La pensée de Ricœur permet de proposer une nouvelle définition du compromis, non plus comme une concession, mais comme une mise en intersection inventive et originale de valeurs appartenant à différents domaines.
Cette éthique du compromis considère, telle est la deuxième hypothèse, qu’il y a tout avantage à penser la démocratie sous l’angle de l’éthique.
Ce travail explique donc non seulement la relation entretenue entre le compromis, le sujet éthique et les normes morales, mais aussi le rapport entre démocratie et éthique du compromis.
Cette thèse élabore une nouvelle conception du monde social comme fondement structurel du compromis et avance deux concepts inédits, la « reconnaissance politique minimale » et le « mélange des ordres de grandeur » pour cerner les limites des compromis politiques et rejeter ceux qui sont inacceptables, à savoir, la compromission et la corruption.
Une méthode hybride permet, à partir de cas d’études, d’éprouver théoriquement et empiriquement l’éthique du compromis, tant du point de vue des citoyens que de leurs représentants.
Cette méthode permet de soutenir que la mise en pratique de l’éthique du compromis s’accommode d’une diversité de contestations et de contextes sociopolitiques, ce qui rend cette éthique réalisable et compatible avec les obligations des mandats électifs et l’éthique personnelle.
Le dernier apport de cette thèse est d’offrir une conception relationnelle de la démocratie.
En réintroduisant l’éthique politique au cœur du débat démocratique, il s’agit de montrer comment l’éthique du compromis préserve les interactions et obligations entre représentants et citoyens au sein d’institutions justes.
Inclusive et flexible, l’éthique du compromis permet, contrairement aux approches autoritaires, de maintenir au sein d’une démocratie la possibilité d’une délibération et d’un accord conflictuel, dans des situations initiales de dissensus, de défiance et de pluralisme persistant.
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