Javascript must be enabled to continue!
Prendre la démocratie directe au sérieux : pourquoi la démocratie directe s’impose comme le nouveau chapitre de la démocratie à l’âge technologique
View through CrossRef
'Taking Direct Democracy Seriously' : Why direct democracy is imposing itself as democracy's new chapter in the technological age
L'objet de la thèse est de démontrer que la démocratie directe est la nouvelle étape de la démocratie. La démocratie directe n'a jamais été prise au sérieux. La plupart des auteurs la jugent irréaliste en raison des contraintes de temps et d'espace et soulignent le risque de l'ignorance des masses. Si la démocratie est un système légitime et efficace favorisant l'égalité et le respect des droits, la démocratie directe semble, pour beaucoup, une impasse. La section 1 analyse comment la démocratie directe peut théoriquement répondre à ces objections. La légitimité repose sur la confiance intersubjective et institutionnelle. La méfiance ne vise pas seulement le gouvernement mais aussi nos semblables, alimentant la polarisation. La participation politique directe dans la délibération et le vote est un désir humain profond et un vecteur de confiance institutionnelle renouvelée, au sein d'une tendance générale à l'horizontalité. L'efficacité de la démocratie directe est plus débattue. Un nombre croissant de citoyens préfèrent des décisions prises par des experts. La démocratie directe doit seulement prouver qu'elle est au moins aussi efficace que les experts ou que les experts sont faillibles. Ce test minimal est acquis du fait de la valeur épistémologique des non-experts, du caractère privé de l'expertise et de l'aspect dynamique de l'intelligence pluraliste. La démocratie directe est donc un outil puissant pour résoudre le dilemme compromis/consensus. Alors que le consensus est devenu celui d'une élite particulière, le compromis est impraticable dans un contexte polarisé. La démocratie directe crée de nouvelles majorités de projets plutôt que de programmes. À condition que les droits des minorités soient exclus et que les droits individuels soient soumis à un majoritarianisme qualifié. La section 2 teste la démocratie directe de manière empirique sur son adaptabilité et sa marge d'incertitude. La démocratie directe, dans les 24 États américains qui l'autorisent, donne des résultats plus proches de l'opinion majoritaire que la démocratie indirecte. Les initiatives ne présentent aucune tendance politique constante et résistent à la polarisation. Lors des récents votes populaires sur l'avortement, les électeurs n'ont pas suivi leurs partis. À Taïwan, la démocratie directe réunifie un pays fracturé sur des questions spécifiques, grâce aux débats en ligne et aux outils décentralisés de vérification de l'information. En Estonie, les citoyens peuvent voter en ligne depuis 2005, augmentant la participation et réduisant le fossé numérique. Les Suisses ont utilisé le vote électronique pendant vingt ans avant de l'interrompre en 2020. Le vote en ligne continue à poser des problèmes de sécurité en matière d'identification, d'appareils et de vérifiabilité. Cependant, ces deux exemples prouvent que le vote électronique favorise participation, flexibilité et sécurité, permettant à la démocratie directe de s'auto-instituer. La section 3 formule des propositions pour une "démocratie directe numérique". Le fact-checking et la traçabilité sont nécessaires, bien que les fake news ne justifient pas l'inaction. Les assemblées de citoyens peuvent être des outils délibératifs utiles si leurs recommandations sont soumises à référendum. Les référendums risquent toujours de devenir des plébiscites, sauf s'ils sont initiés par les citoyens. Des votes à choix multiples, en plusieurs étapes ou à questions ouvertes doivent être expérimentés via le vote électronique. Quel avenir envisager ? L'efficacité sera repensée avec l'IA, menant à une "datacrature". Inversement, le développement du vote électronique permettrait une démocratie entièrement directe. Ce modèle de "pancratie" serait indispensable dans une société aux affiliations multiples. Les organisations autonomes décentralisées en fournissent un cadre expérimental. "Datacrature" et "pancratie" sont des utopies processuelles, éclairant les conditions d'une véritable démocratie.
Title: Prendre la démocratie directe au sérieux : pourquoi la démocratie directe s’impose comme le nouveau chapitre de la démocratie à l’âge technologique
Description:
'Taking Direct Democracy Seriously' : Why direct democracy is imposing itself as democracy's new chapter in the technological age
L'objet de la thèse est de démontrer que la démocratie directe est la nouvelle étape de la démocratie.
La démocratie directe n'a jamais été prise au sérieux.
La plupart des auteurs la jugent irréaliste en raison des contraintes de temps et d'espace et soulignent le risque de l'ignorance des masses.
Si la démocratie est un système légitime et efficace favorisant l'égalité et le respect des droits, la démocratie directe semble, pour beaucoup, une impasse.
La section 1 analyse comment la démocratie directe peut théoriquement répondre à ces objections.
La légitimité repose sur la confiance intersubjective et institutionnelle.
La méfiance ne vise pas seulement le gouvernement mais aussi nos semblables, alimentant la polarisation.
La participation politique directe dans la délibération et le vote est un désir humain profond et un vecteur de confiance institutionnelle renouvelée, au sein d'une tendance générale à l'horizontalité.
L'efficacité de la démocratie directe est plus débattue.
Un nombre croissant de citoyens préfèrent des décisions prises par des experts.
La démocratie directe doit seulement prouver qu'elle est au moins aussi efficace que les experts ou que les experts sont faillibles.
Ce test minimal est acquis du fait de la valeur épistémologique des non-experts, du caractère privé de l'expertise et de l'aspect dynamique de l'intelligence pluraliste.
La démocratie directe est donc un outil puissant pour résoudre le dilemme compromis/consensus.
Alors que le consensus est devenu celui d'une élite particulière, le compromis est impraticable dans un contexte polarisé.
La démocratie directe crée de nouvelles majorités de projets plutôt que de programmes.
À condition que les droits des minorités soient exclus et que les droits individuels soient soumis à un majoritarianisme qualifié.
La section 2 teste la démocratie directe de manière empirique sur son adaptabilité et sa marge d'incertitude.
La démocratie directe, dans les 24 États américains qui l'autorisent, donne des résultats plus proches de l'opinion majoritaire que la démocratie indirecte.
Les initiatives ne présentent aucune tendance politique constante et résistent à la polarisation.
Lors des récents votes populaires sur l'avortement, les électeurs n'ont pas suivi leurs partis.
À Taïwan, la démocratie directe réunifie un pays fracturé sur des questions spécifiques, grâce aux débats en ligne et aux outils décentralisés de vérification de l'information.
En Estonie, les citoyens peuvent voter en ligne depuis 2005, augmentant la participation et réduisant le fossé numérique.
Les Suisses ont utilisé le vote électronique pendant vingt ans avant de l'interrompre en 2020.
Le vote en ligne continue à poser des problèmes de sécurité en matière d'identification, d'appareils et de vérifiabilité.
Cependant, ces deux exemples prouvent que le vote électronique favorise participation, flexibilité et sécurité, permettant à la démocratie directe de s'auto-instituer.
La section 3 formule des propositions pour une "démocratie directe numérique".
Le fact-checking et la traçabilité sont nécessaires, bien que les fake news ne justifient pas l'inaction.
Les assemblées de citoyens peuvent être des outils délibératifs utiles si leurs recommandations sont soumises à référendum.
Les référendums risquent toujours de devenir des plébiscites, sauf s'ils sont initiés par les citoyens.
Des votes à choix multiples, en plusieurs étapes ou à questions ouvertes doivent être expérimentés via le vote électronique.
Quel avenir envisager ? L'efficacité sera repensée avec l'IA, menant à une "datacrature".
Inversement, le développement du vote électronique permettrait une démocratie entièrement directe.
Ce modèle de "pancratie" serait indispensable dans une société aux affiliations multiples.
Les organisations autonomes décentralisées en fournissent un cadre expérimental.
"Datacrature" et "pancratie" sont des utopies processuelles, éclairant les conditions d'une véritable démocratie.
Related Results
Machine Learning for Financial Products Recommendation
Machine Learning for Financial Products Recommendation
Apprentissage Statistique pour la Recommandation de Produits Financiers
L’anticipation des besoins des clients est cruciale pour toute entreprise — c’est particuliè...
Le rousseauisme, une théorie critique de la démocratie
Le rousseauisme, une théorie critique de la démocratie
L’étude des textes du philosophe genevois, et en particulier de ses écrits politiques, nous a conduit à interroger la possibilité de voir dans le rousseauisme une théorie critique ...
La démocratie bioéthique
La démocratie bioéthique
Si on ne peut que constater l'apparition et la multiplication de « nouvelles démocraties », ce phénomène n'est pas sans lien avec la crise traversée par notre système politique. Ce...
La Sainteté dans l'œuvre de Charles Baudelaire
La Sainteté dans l'œuvre de Charles Baudelaire
Le but de notre thèse, qui s'intitule La Sainteté dans l'œuvre de Charles Baudelaire, est de lire l'œuvre de Baudelaire sous un angle chrétien et théologique. Pour une plus grande ...
Le système technologique contemporain
Le système technologique contemporain
La série Smart innovation présente les thèmes liés à la dynamique technologique, entrepreneuriale, territoriale et économique de l'innovation. Elle privilégie les approches novatri...
Changements technologiques, croissance et inégalité
Changements technologiques, croissance et inégalité
L’objectif de la thèse est de montrer non seulement que le changement technologique est un déterminant de la croissance économique, mais aussi d'analyser la relation qu'il entretie...
Modelling energy dependencies : from raw materials to global health
Modelling energy dependencies : from raw materials to global health
Modélisation des dépendances énergétiques : des matières premières à la santé mondiale
Actuellement, l’atteinte d’un niveau universel élevé de satisfaction de la vi...
De la poésie à la peinture
De la poésie à la peinture
La poésie et la peinture étaient toujours deux différentes expressions de l’esprit et de l’âme de l’homme qui sont dédiées à présenter absolument chacune à sa façon ce qui était di...

