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Nicole et les adversaires du théâtre lecteurs de Corneille

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Tous ceux qui, à l’instar du janséniste Nicole, dans la querelle de la moralité du théâtre, ont pris parti contre ce divertissement essentiel à la vie culturelle française du XVIIe siècle, se sont servis de Corneille. Comment le dramaturge a-t-il été lu ? Quel est le contenu des critiques et quelles réponses a pu ou aurait pu leur apporter Corneille avec son théâtre même ? Nicole et les autres adversaires augustiniens du théâtre ont lu d’assez près leur Corneille, du moins une bonne part de son œuvre, qu’ils citent et ont été capables de goûter. Ils furent parfois lecteurs aigus et avisés, plus souvent partiaux et entraînés par leur théologie à une lecture faussée ou carrément de mauvaise foi ; ils reprochent à Corneille de mettre en scène des vices et passions condamnables (désespoir, orgueil, ambition, jalousie, colère, haine, vengeance, passion de l’amour...) et surtout de glorifier et de faire aimer ces passions dangereuses pour les chrétiens. A cette condamnation radicale, Corneille pouvait répondre par son souci de la moralité, de l’utilité morale du théâtre qui, sans être moralisateur, aide à surmonter les passions et leur impétuosité. Plus fondamentalement, farouchement opposés à l’humanisme chrétien de Corneille, ses adversaires furent incapables de saisir le sens profond de l’entreprise théâtrale cornélienne, qui peint mais juge les passions (non dépourvues d’aspects positifs, d’ailleurs), et qui propose les valeurs d’une éthique chrétienne. Pour le dramaturge, le théâtre reste bien le « plus agréable » et le « plus utile des divertissements dont l’esprit humain soit capable » (Dédicace de Théodore).
Presses universitaires de Rouen et du Havre
Title: Nicole et les adversaires du théâtre lecteurs de Corneille
Description:
Tous ceux qui, à l’instar du janséniste Nicole, dans la querelle de la moralité du théâtre, ont pris parti contre ce divertissement essentiel à la vie culturelle française du XVIIe siècle, se sont servis de Corneille.
Comment le dramaturge a-t-il été lu ? Quel est le contenu des critiques et quelles réponses a pu ou aurait pu leur apporter Corneille avec son théâtre même ? Nicole et les autres adversaires augustiniens du théâtre ont lu d’assez près leur Corneille, du moins une bonne part de son œuvre, qu’ils citent et ont été capables de goûter.
Ils furent parfois lecteurs aigus et avisés, plus souvent partiaux et entraînés par leur théologie à une lecture faussée ou carrément de mauvaise foi ; ils reprochent à Corneille de mettre en scène des vices et passions condamnables (désespoir, orgueil, ambition, jalousie, colère, haine, vengeance, passion de l’amour.
) et surtout de glorifier et de faire aimer ces passions dangereuses pour les chrétiens.
A cette condamnation radicale, Corneille pouvait répondre par son souci de la moralité, de l’utilité morale du théâtre qui, sans être moralisateur, aide à surmonter les passions et leur impétuosité.
Plus fondamentalement, farouchement opposés à l’humanisme chrétien de Corneille, ses adversaires furent incapables de saisir le sens profond de l’entreprise théâtrale cornélienne, qui peint mais juge les passions (non dépourvues d’aspects positifs, d’ailleurs), et qui propose les valeurs d’une éthique chrétienne.
Pour le dramaturge, le théâtre reste bien le « plus agréable » et le « plus utile des divertissements dont l’esprit humain soit capable » (Dédicace de Théodore).

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