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Impacts des facteurs psychoaffectifs sur la douleur à la sortie des urgences, sur sa chronicisation et sur le mésusage d’opioïdes
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La douleur constitue un problème de santé universel, dont la prise en charge représente un poids important tant pour les patients que pour les systèmes de santé. Une douleur non soulagée ou persistante peut se chroniciser et favoriser un recours inadapté aux antalgiques, avec un risque potentiel de mésusage voire d’addiction. Depuis la crise des opioïdes qui affecte le continent nord-américain depuis les années 1990, la France est en état de pharmaco vigilance face à la dispensation des antalgiques médicamenteux, principalement ceux à fort pouvoir addictif comme les opioïdes.Nos travaux de thèse s’inscrivent dans la thématique de lutte contre la douleur et s’intéressent particulièrement aux trajectoires douloureuses dès l’admission aux urgences, à travers une approche centrée sur les ressentis des patients. Ses trois objectifs principaux étaient : (1) évaluer l’impact des ressentis sur le risque de douleur sévère à la sortie des urgences, (2) étudier le rôle de ces ressentis dans le développement ou le maintien d’une douleur chronique 4 mois plus tard et (3) déterminer l’impact de ces facteurs psychoaffectifs sur le risque de mésusage d’opioïdes à 12 mois.Nous avons suivi une population de 2965 patients inclus dans le cadre du projet SOFTER IV/POSTER,essai clinique randomisé menée dans 7 services d’urgences en France. Les patients ont été interrogés à l’entrée et à la sortie des urgences, puis à 4 mois et 12 mois. Les facteurs d’intérêt étudiés comprenaient les ressentis de douleur, de stress et d’émotions négatives telles que la colère, la tristesse, la peur et le regret. Trois analyses de risques ont été réalisées à l’aide de modèles de régression logistique basés su rune approche longitudinale, avec respectivement pour outcome principal : (1) la douleur sévère à la sortie des urgences (intensité ≥6/10), (2) la douleur chronique à 4 mois (douleur persistante ou réapparaissant depuis plus de 3 mois), et (3) le mésusage d’opioïdes à 12 mois évalué par l’index de mésusage des opioïdes (POMI).Nos résultats ont montré que : (1) la douleur sévère à la sortie des urgences était augmentée chez les patients qui présentaient une forte colère, une détresse péri traumatique, une mauvaise santé perçue,ainsi que chez les patients de moins de 65 ans et chez les femmes ; (2) le risque de douleur chronique à 4 mois était accru chez les patients douloureux chroniques prévalents, chez ceux qui n’avaient pas de douleur chronique prévalente mais ressentaient une forte colère à leur sortie des urgences, chez les femmes ainsi que chez les patients admis pour des raisons traumatiques ; (3) environ 2% des patients présentaient un mésusage d’opioïdes 12 mois après leur sortie des urgences. Le risque de ce mésusage était plus élevé chez les patients présentant des difficultés de régulation émotionnelle, des antécédents médicaux (douleur chronique et consommation d’anxiolytiques ou antidépresseurs) et ainsi que chez les jeunes adultes.Ces travaux soulignent l’importance d’intégrer la dimension psychoaffective des patients dans leur parcours de prise en charge de la douleur, et ouvrent la voie à des recherches futures visant à développer des interventions préventives personnalisées.
Title: Impacts des facteurs psychoaffectifs sur la douleur à la sortie des urgences, sur sa chronicisation et sur le mésusage d’opioïdes
Description:
La douleur constitue un problème de santé universel, dont la prise en charge représente un poids important tant pour les patients que pour les systèmes de santé.
Une douleur non soulagée ou persistante peut se chroniciser et favoriser un recours inadapté aux antalgiques, avec un risque potentiel de mésusage voire d’addiction.
Depuis la crise des opioïdes qui affecte le continent nord-américain depuis les années 1990, la France est en état de pharmaco vigilance face à la dispensation des antalgiques médicamenteux, principalement ceux à fort pouvoir addictif comme les opioïdes.
Nos travaux de thèse s’inscrivent dans la thématique de lutte contre la douleur et s’intéressent particulièrement aux trajectoires douloureuses dès l’admission aux urgences, à travers une approche centrée sur les ressentis des patients.
Ses trois objectifs principaux étaient : (1) évaluer l’impact des ressentis sur le risque de douleur sévère à la sortie des urgences, (2) étudier le rôle de ces ressentis dans le développement ou le maintien d’une douleur chronique 4 mois plus tard et (3) déterminer l’impact de ces facteurs psychoaffectifs sur le risque de mésusage d’opioïdes à 12 mois.
Nous avons suivi une population de 2965 patients inclus dans le cadre du projet SOFTER IV/POSTER,essai clinique randomisé menée dans 7 services d’urgences en France.
Les patients ont été interrogés à l’entrée et à la sortie des urgences, puis à 4 mois et 12 mois.
Les facteurs d’intérêt étudiés comprenaient les ressentis de douleur, de stress et d’émotions négatives telles que la colère, la tristesse, la peur et le regret.
Trois analyses de risques ont été réalisées à l’aide de modèles de régression logistique basés su rune approche longitudinale, avec respectivement pour outcome principal : (1) la douleur sévère à la sortie des urgences (intensité ≥6/10), (2) la douleur chronique à 4 mois (douleur persistante ou réapparaissant depuis plus de 3 mois), et (3) le mésusage d’opioïdes à 12 mois évalué par l’index de mésusage des opioïdes (POMI).
Nos résultats ont montré que : (1) la douleur sévère à la sortie des urgences était augmentée chez les patients qui présentaient une forte colère, une détresse péri traumatique, une mauvaise santé perçue,ainsi que chez les patients de moins de 65 ans et chez les femmes ; (2) le risque de douleur chronique à 4 mois était accru chez les patients douloureux chroniques prévalents, chez ceux qui n’avaient pas de douleur chronique prévalente mais ressentaient une forte colère à leur sortie des urgences, chez les femmes ainsi que chez les patients admis pour des raisons traumatiques ; (3) environ 2% des patients présentaient un mésusage d’opioïdes 12 mois après leur sortie des urgences.
Le risque de ce mésusage était plus élevé chez les patients présentant des difficultés de régulation émotionnelle, des antécédents médicaux (douleur chronique et consommation d’anxiolytiques ou antidépresseurs) et ainsi que chez les jeunes adultes.
Ces travaux soulignent l’importance d’intégrer la dimension psychoaffective des patients dans leur parcours de prise en charge de la douleur, et ouvrent la voie à des recherches futures visant à développer des interventions préventives personnalisées.
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