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Ozu en 2.5D
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« Les films d’Ozu sont comparables à une eau limpide et profonde, parfaitement tranquille » (Maurice Pinguet). La simplicité des images d’Ozu est toute apparente. C’est dans la transparence de ces lignes que se joue la véritable profondeur de ses films : tout se passe comme si nous avions affaire au monde le plus naturel, le plus commun, et pourtant d’emblée nous notons un écart – les personnages se meuvent de manière inorganique, leur regard nous manque toujours, ils semblent flotter, entre la présence et l’absence. Cette pan.able est une invitation à la contemplation à la frontière des arts visuels et de la psychologie de la perception. Pour penser cet entre-deux, entre la 2D de l’image et la 3D de la réalité, la 2.5D s’entend à la fois comme une nouvelle conception de la construction perspective et comme un rapport spécifique au monde. Au sens perspectif, l’image ozuienne ne semble pas construite linéairement selon les règles du point de fuite qui unifient un espace homogène et structuré. Elle est plutôt construite selon un principe de superposition de couches, à la manière des dessins animés. La pan.able montre le passage d’une image comme coupe du réel à une image comme recomposition du réel, d’une conception de l’espace unifié à une conception de l’espace stratifié. Métaphoriquement, cet entre-deux de la 2.5D révèle que derrière la pureté et la sérénité des images d’Ozu se joue une forme de drame : le personnage hante le monde plus qu’il ne l’habite. Il est dans la doublure. Il n’est plus un personnage singulier dans une fiction, mais un prototype, une Idée : Il était un père, pour citer un autre film d’Ozu. Le procédé de la pan.able permet de rendre sensible cette déconnexion de l’espace réel et sa substitution par une image artificielle et stratifiée. Cela donne à la fois l’impression d’être devant un flip book humoristique et face à un fantôme, échappé de son corps, perdu dans sa propre rêverie. Entre une tendresse amusée et une réflexivité sensible, c’est précisément là que se déroulent les films d’Ozu, entre la surface et la profondeur, entre la présence et l’absence, entre le singulier et le type – dans cet entre-deux de la 2.5D.
Title: Ozu en 2.5D
Description:
« Les films d’Ozu sont comparables à une eau limpide et profonde, parfaitement tranquille » (Maurice Pinguet).
La simplicité des images d’Ozu est toute apparente.
C’est dans la transparence de ces lignes que se joue la véritable profondeur de ses films : tout se passe comme si nous avions affaire au monde le plus naturel, le plus commun, et pourtant d’emblée nous notons un écart – les personnages se meuvent de manière inorganique, leur regard nous manque toujours, ils semblent flotter, entre la présence et l’absence.
Cette pan.
able est une invitation à la contemplation à la frontière des arts visuels et de la psychologie de la perception.
Pour penser cet entre-deux, entre la 2D de l’image et la 3D de la réalité, la 2.
5D s’entend à la fois comme une nouvelle conception de la construction perspective et comme un rapport spécifique au monde.
Au sens perspectif, l’image ozuienne ne semble pas construite linéairement selon les règles du point de fuite qui unifient un espace homogène et structuré.
Elle est plutôt construite selon un principe de superposition de couches, à la manière des dessins animés.
La pan.
able montre le passage d’une image comme coupe du réel à une image comme recomposition du réel, d’une conception de l’espace unifié à une conception de l’espace stratifié.
Métaphoriquement, cet entre-deux de la 2.
5D révèle que derrière la pureté et la sérénité des images d’Ozu se joue une forme de drame : le personnage hante le monde plus qu’il ne l’habite.
Il est dans la doublure.
Il n’est plus un personnage singulier dans une fiction, mais un prototype, une Idée : Il était un père, pour citer un autre film d’Ozu.
Le procédé de la pan.
able permet de rendre sensible cette déconnexion de l’espace réel et sa substitution par une image artificielle et stratifiée.
Cela donne à la fois l’impression d’être devant un flip book humoristique et face à un fantôme, échappé de son corps, perdu dans sa propre rêverie.
Entre une tendresse amusée et une réflexivité sensible, c’est précisément là que se déroulent les films d’Ozu, entre la surface et la profondeur, entre la présence et l’absence, entre le singulier et le type – dans cet entre-deux de la 2.
5D.
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