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L'éthos du poète dans les Fastes d'Ovide
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Pendant bien longtemps, les Fastes d’Ovide sont demeurés une œuvre dépréciée ou considérée comme nepouvant appartenir à cet auteur : on n’y reconnaissait pas les traits du poète badin, chantre de l’amour. Nous noussommes ainsi demandé d’où venait cette impression de ne pas reconnaître le style ovidien. Il apparaît au premier abordque cela vienne du fait qu’Ovide affiche ostensiblement une posture nouvelle à travers le genre de l’étiologie : enretraçant les rites du calendrier romain, il endosse une posture plus officielle et sérieuse, étant tour à tour un historienou un uates et se faisant le relais des valeurs morales de la cité selon l’idéologie augustéenne. Mais très vite, on se rendcompte que cet éthos est miné par des passages qui entrent en contradiction avec lui : Ovide joue avec les codes duuates épique, se moque de certains personnages fondateurs selon la propagande d’Auguste, et intervientsubjectivement dans son œuvre sans respecter la neutralité que les genres de l’étiologie, de l’histoire et de l’épopéeparaissaient lui imposer. Or, il s’avère que ce jeu avec les frontières génériques, ce détournement de modèlestraditionnels relève du style propre aux noui poetae, le modèle callimachéen ainsi que le choix du distique élégiaquenous mettant sur la voie : Ovide reprend certains tours ou thèmes chers aux élégiaques, renouant avec sa Musa lasciuaque croyons abandonnée pour cette œuvre. Les Fastes sont donc à plus d’un titre problématiques et soulèvent desquestions qui dépassent son simple cadre : comment le style ovidien a-t-il évolué et at-il vraiment évolué au fil de sesœuvres ? Quel rapport les noui poetae entretiennent-ils avec la propagande augustéenne et d’une manière généraleavec les genres littéraires traditionnels ? Comment un auteur se dit-il dans son œuvre ? Peut-il se défaire de l’imageprédiscursive que les lecteurs se font de lui ? Comment cette image préalable oriente-t-elle notre lecture de l’œuvre etla perception que l’on a de son auteur ? Un auteur peut-il combiner des éthé radicalement différents au sein d’unemême œuvre ?
Title: L'éthos du poète dans les Fastes d'Ovide
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Pendant bien longtemps, les Fastes d’Ovide sont demeurés une œuvre dépréciée ou considérée comme nepouvant appartenir à cet auteur : on n’y reconnaissait pas les traits du poète badin, chantre de l’amour.
Nous noussommes ainsi demandé d’où venait cette impression de ne pas reconnaître le style ovidien.
Il apparaît au premier abordque cela vienne du fait qu’Ovide affiche ostensiblement une posture nouvelle à travers le genre de l’étiologie : enretraçant les rites du calendrier romain, il endosse une posture plus officielle et sérieuse, étant tour à tour un historienou un uates et se faisant le relais des valeurs morales de la cité selon l’idéologie augustéenne.
Mais très vite, on se rendcompte que cet éthos est miné par des passages qui entrent en contradiction avec lui : Ovide joue avec les codes duuates épique, se moque de certains personnages fondateurs selon la propagande d’Auguste, et intervientsubjectivement dans son œuvre sans respecter la neutralité que les genres de l’étiologie, de l’histoire et de l’épopéeparaissaient lui imposer.
Or, il s’avère que ce jeu avec les frontières génériques, ce détournement de modèlestraditionnels relève du style propre aux noui poetae, le modèle callimachéen ainsi que le choix du distique élégiaquenous mettant sur la voie : Ovide reprend certains tours ou thèmes chers aux élégiaques, renouant avec sa Musa lasciuaque croyons abandonnée pour cette œuvre.
Les Fastes sont donc à plus d’un titre problématiques et soulèvent desquestions qui dépassent son simple cadre : comment le style ovidien a-t-il évolué et at-il vraiment évolué au fil de sesœuvres ? Quel rapport les noui poetae entretiennent-ils avec la propagande augustéenne et d’une manière généraleavec les genres littéraires traditionnels ? Comment un auteur se dit-il dans son œuvre ? Peut-il se défaire de l’imageprédiscursive que les lecteurs se font de lui ? Comment cette image préalable oriente-t-elle notre lecture de l’œuvre etla perception que l’on a de son auteur ? Un auteur peut-il combiner des éthé radicalement différents au sein d’unemême œuvre ?.
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