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Les gravures-frontispices de François Ertinger dans le Recueil général des opéras représentés par l'Académie royale de musique depuis son établissement, Paris, Christophe Ballard, 1703 (tomes 1 à 7)
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En 1702, Jean-Nicolas de Francini, directeur de l’Académie Royale de Musique, cède à Christophe Ballard son privilège pour l’impression d’un Recueil général des opéras représentés sur la scène de l’Académie royale de musique depuis son établissement. En 1703, paraissent sept tomes, rassemblant cinquante-six livrets d’opéra français, de Pomone (1671) aux Fragments de M. de Lully (1702), illustrés chacun d’un frontispice gravé par François Ertinger. Cette thèse saisit la singularité d’un objet de recherche inédit, le frontispice d’opéra, et montre que ces gravures constituent un vrai programme illustratif, support d’un discours sur le genre opératique. Pour en rendre compte de manière exhaustive sont utilisés les acquis, outils et démarches de disciplines diverses : histoire politique, des spectacles, du livre, de l’art et mythographie. Leur analyse relève d’une démarche iconographique (éclairée par une recherche des sources) et sémiotique (fondée sur leurs relations aux textes), enrichie par leur confrontation avec des frontispices concurrents et avec les gravures du même Ertinger pour les Métamorphoses d’Ovide et le Théâtre italien de Gherardi. La partie I présente les contributeurs de cet ouvrage, le situe dans l’histoire des deux entreprises qui l’ont initiée. Même répondant à des objectifs financiers, il s’accompagne d’un vrai travail éditorial annoncé dès le titre et défendu dans une préface qui propose pour la première fois une histoire de l’opéra, placé sous les auspices du Roi, dispensateur des privilèges auquel des gravures encomiastiques rendent hommage. La partie II étudie les gravures en tant que frontispices : entretenant des relations étroites avec la page de titre et avec le titre, elles sont des indicateurs génériques et présentent le héros éponyme, que le travail d’Ertinger soit de copie ou d’invention pure, en passant par l’imitation libre. La partie III détermine ce qu’elles apportent à la définition de l’opéra et mesure leur prise en compte des spécificités du genre. Reportant dans l’espace gravé la dualité scène/salle ou intégrant des éléments scéniques, ce programme conserve aussi sa part de picturalité, si bien qu’aucune gravure ne fixe les conditions exactes de mise en scène d’un livret. La marginalité des gravures intégrant musiciens, danseurs et chœurs ramène le théâtre lyrique à un théâtre parlé. Les costumes et décors gravés sont des versions simplifiées de ceux que le public a coutume d’admirer et Ertinger ne grave que les protagonistes, rarement les troupes qui contribuent à la pompe opératique : sous son trait, l’opéra n’est plus un spectacle total mais un théâtre parlé, sobre et classique. Il relaie peu la dramaturgie propre à l’opéra : l’extériorisation des passions violentes sous forme de créatures allégoriques et de destructions est quasi inexistante des gravures, alors que le péril de mort, commun aux tragédies lyrique et parlée, en est un topos, le merveilleux s’y manifeste par le deus ex machina et la métamorphose, dans leur fonction dramatique de dénouement. Pourtant, ces frontispices ne se confondent pas avec ceux des tragédies parlées : Ertinger conserve de l’opéra l’omniprésence du personnel divin, l’univers pastoral propice au chant et une conception de l’amour réciproque comme source de plaisirs. Répondant au renouvellement du répertoire par des compositeurs et librettistes œuvrant pour un public lassé des topos nobles et antiques, Ertinger intègre les thèmes festifs, exotiques et comiques mais dilue visuellement les nouveautés structurelles de l’opéra-ballet dans une conception du sujet gravé qui privilégie un épisode du drame facile à traduire en mots. Gravant un genre en évolution, il constitue en paires les gravures de livrets qui, conçus à des années d’écart, se rejoignent par leurs titres, gommant leurs disparités esthétiques. Autant de choix qui relativisent la nouveauté des récents opéras et privilégient ce qu’ils doivent à Lully.
Title: Les gravures-frontispices de François Ertinger dans le Recueil général des opéras représentés par l'Académie royale de musique depuis son établissement, Paris, Christophe Ballard, 1703 (tomes 1 à 7)
Description:
En 1702, Jean-Nicolas de Francini, directeur de l’Académie Royale de Musique, cède à Christophe Ballard son privilège pour l’impression d’un Recueil général des opéras représentés sur la scène de l’Académie royale de musique depuis son établissement.
En 1703, paraissent sept tomes, rassemblant cinquante-six livrets d’opéra français, de Pomone (1671) aux Fragments de M.
de Lully (1702), illustrés chacun d’un frontispice gravé par François Ertinger.
Cette thèse saisit la singularité d’un objet de recherche inédit, le frontispice d’opéra, et montre que ces gravures constituent un vrai programme illustratif, support d’un discours sur le genre opératique.
Pour en rendre compte de manière exhaustive sont utilisés les acquis, outils et démarches de disciplines diverses : histoire politique, des spectacles, du livre, de l’art et mythographie.
Leur analyse relève d’une démarche iconographique (éclairée par une recherche des sources) et sémiotique (fondée sur leurs relations aux textes), enrichie par leur confrontation avec des frontispices concurrents et avec les gravures du même Ertinger pour les Métamorphoses d’Ovide et le Théâtre italien de Gherardi.
La partie I présente les contributeurs de cet ouvrage, le situe dans l’histoire des deux entreprises qui l’ont initiée.
Même répondant à des objectifs financiers, il s’accompagne d’un vrai travail éditorial annoncé dès le titre et défendu dans une préface qui propose pour la première fois une histoire de l’opéra, placé sous les auspices du Roi, dispensateur des privilèges auquel des gravures encomiastiques rendent hommage.
La partie II étudie les gravures en tant que frontispices : entretenant des relations étroites avec la page de titre et avec le titre, elles sont des indicateurs génériques et présentent le héros éponyme, que le travail d’Ertinger soit de copie ou d’invention pure, en passant par l’imitation libre.
La partie III détermine ce qu’elles apportent à la définition de l’opéra et mesure leur prise en compte des spécificités du genre.
Reportant dans l’espace gravé la dualité scène/salle ou intégrant des éléments scéniques, ce programme conserve aussi sa part de picturalité, si bien qu’aucune gravure ne fixe les conditions exactes de mise en scène d’un livret.
La marginalité des gravures intégrant musiciens, danseurs et chœurs ramène le théâtre lyrique à un théâtre parlé.
Les costumes et décors gravés sont des versions simplifiées de ceux que le public a coutume d’admirer et Ertinger ne grave que les protagonistes, rarement les troupes qui contribuent à la pompe opératique : sous son trait, l’opéra n’est plus un spectacle total mais un théâtre parlé, sobre et classique.
Il relaie peu la dramaturgie propre à l’opéra : l’extériorisation des passions violentes sous forme de créatures allégoriques et de destructions est quasi inexistante des gravures, alors que le péril de mort, commun aux tragédies lyrique et parlée, en est un topos, le merveilleux s’y manifeste par le deus ex machina et la métamorphose, dans leur fonction dramatique de dénouement.
Pourtant, ces frontispices ne se confondent pas avec ceux des tragédies parlées : Ertinger conserve de l’opéra l’omniprésence du personnel divin, l’univers pastoral propice au chant et une conception de l’amour réciproque comme source de plaisirs.
Répondant au renouvellement du répertoire par des compositeurs et librettistes œuvrant pour un public lassé des topos nobles et antiques, Ertinger intègre les thèmes festifs, exotiques et comiques mais dilue visuellement les nouveautés structurelles de l’opéra-ballet dans une conception du sujet gravé qui privilégie un épisode du drame facile à traduire en mots.
Gravant un genre en évolution, il constitue en paires les gravures de livrets qui, conçus à des années d’écart, se rejoignent par leurs titres, gommant leurs disparités esthétiques.
Autant de choix qui relativisent la nouveauté des récents opéras et privilégient ce qu’ils doivent à Lully.
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