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Être artiste en dehors de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture : peinture et reconnaissance publique dans le Paris des Lumières (1751-1791)
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Le but de la thèse est de questionner les modalités de la reconnaissance artistique dans une catégorie spécifique d’acteurs, la plus anonyme, la plus nombreuse et la moins étudiée, celle des peintres actifs en dehors de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture. Autrement dit, il s’agit de comprendre comment un peintre qui n’était pas consacré par cette institution professionnelle et qui, de ce fait, ne bénéficiait pas des supports de visibilité et de notoriété officiels, pouvait néanmoins être considéré comme un artiste professionnel par ses contemporains.À différentes reprises, la correspondance des directeurs des Bâtiments du roi affirme qu’il n’existait aucun artiste remarquable en dehors de l’Académie royale. Pourtant, les efforts de la même administration royale pour censurer les artistes non-académiciens, de même que l’appui que ceux-ci trouvaient auprès de puissants protecteurs ou du marché de l’art, prouvent au contraire qu’il existait une concurrence à l’extérieur de l’Académie royale, dont témoigne encore la renommée de Liotard, Eisen, Lantara, Pillement ou Saint-Aubin.L’étude porte sur l’espace de l’art parisien entre 1751 à 1791, c’est-à-dire un lieu et une période décisifs pour l’émancipation des peintres actifs en dehors du système officiel des arts. Alors que les arts étaient dominés par l’Académie royale, dont seuls les membres pouvaient présenter leurs ouvrages au public dans le cadre du Salon, la corporation des peintres de Paris organisa en 1751 une première exposition concurrente au profit de ses membres. Cet événement, qui concurrençait une sorte de monopole acquis par l’Académie royale, marque le début d’un processus d’une quarantaine d’années à l’issue duquel tous les artistes furent autorisés à exposer avec les académiciens au Salon de 1791. Entre ces deux dates, divers phénomènes témoignent de la constitution d’un espace extra-académique soutenu par des consommateurs plutôt que par des contestataires.Alors que l’admission à l’Académie royale emportait avec elle la reconnaissance d’un statut d’artiste professionnel, la thèse défend l’idée que la reconnaissance du public, qui émerge à la même époque, offrait une autre forme de légitimité professionnelle aux artistes non-académiciens. Cette hypothèse induit deux conséquences. D’abord, il existait des artistes professionnels ou bien, pour reprendre une formule du comte d’Angiviller, de « véritables artistes », en dehors de l’Académie royale. Ensuite, la professionnalisation du statut de l’artiste ne résultait pas d’une dynamique bornée à l’Académie royale, mais d’une accumulation de divers modèles (académique, corporatif, individualiste…) expérimentés par l’ensemble des artistes.S’appuyant sur un corpus de plus de 800 artistes et sur une méthodologie associant l’histoire quantitative et la prosopographie, la thèse remet en perspective l’organisation de l’activité artistique à Paris de cette période en abordant pour la première fois les carrières des peintres dans leur pluralité. L’étude des carrières montre ensuite combien la mobilisation de compétences relevant aussi bien du « savoir-faire » que du « savoir-être » était utile pour se distinguer dans l’espace de l’art des Lumières. Enfin, la dernière partie évalue l’étendue de la reconnaissance dans trois lieux importants : le marché de l’art, la Cour et la ville.
Title: Être artiste en dehors de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture : peinture et reconnaissance publique dans le Paris des Lumières (1751-1791)
Description:
Le but de la thèse est de questionner les modalités de la reconnaissance artistique dans une catégorie spécifique d’acteurs, la plus anonyme, la plus nombreuse et la moins étudiée, celle des peintres actifs en dehors de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture.
Autrement dit, il s’agit de comprendre comment un peintre qui n’était pas consacré par cette institution professionnelle et qui, de ce fait, ne bénéficiait pas des supports de visibilité et de notoriété officiels, pouvait néanmoins être considéré comme un artiste professionnel par ses contemporains.
À différentes reprises, la correspondance des directeurs des Bâtiments du roi affirme qu’il n’existait aucun artiste remarquable en dehors de l’Académie royale.
Pourtant, les efforts de la même administration royale pour censurer les artistes non-académiciens, de même que l’appui que ceux-ci trouvaient auprès de puissants protecteurs ou du marché de l’art, prouvent au contraire qu’il existait une concurrence à l’extérieur de l’Académie royale, dont témoigne encore la renommée de Liotard, Eisen, Lantara, Pillement ou Saint-Aubin.
L’étude porte sur l’espace de l’art parisien entre 1751 à 1791, c’est-à-dire un lieu et une période décisifs pour l’émancipation des peintres actifs en dehors du système officiel des arts.
Alors que les arts étaient dominés par l’Académie royale, dont seuls les membres pouvaient présenter leurs ouvrages au public dans le cadre du Salon, la corporation des peintres de Paris organisa en 1751 une première exposition concurrente au profit de ses membres.
Cet événement, qui concurrençait une sorte de monopole acquis par l’Académie royale, marque le début d’un processus d’une quarantaine d’années à l’issue duquel tous les artistes furent autorisés à exposer avec les académiciens au Salon de 1791.
Entre ces deux dates, divers phénomènes témoignent de la constitution d’un espace extra-académique soutenu par des consommateurs plutôt que par des contestataires.
Alors que l’admission à l’Académie royale emportait avec elle la reconnaissance d’un statut d’artiste professionnel, la thèse défend l’idée que la reconnaissance du public, qui émerge à la même époque, offrait une autre forme de légitimité professionnelle aux artistes non-académiciens.
Cette hypothèse induit deux conséquences.
D’abord, il existait des artistes professionnels ou bien, pour reprendre une formule du comte d’Angiviller, de « véritables artistes », en dehors de l’Académie royale.
Ensuite, la professionnalisation du statut de l’artiste ne résultait pas d’une dynamique bornée à l’Académie royale, mais d’une accumulation de divers modèles (académique, corporatif, individualiste…) expérimentés par l’ensemble des artistes.
S’appuyant sur un corpus de plus de 800 artistes et sur une méthodologie associant l’histoire quantitative et la prosopographie, la thèse remet en perspective l’organisation de l’activité artistique à Paris de cette période en abordant pour la première fois les carrières des peintres dans leur pluralité.
L’étude des carrières montre ensuite combien la mobilisation de compétences relevant aussi bien du « savoir-faire » que du « savoir-être » était utile pour se distinguer dans l’espace de l’art des Lumières.
Enfin, la dernière partie évalue l’étendue de la reconnaissance dans trois lieux importants : le marché de l’art, la Cour et la ville.
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