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Michaux musicien
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On connaît bien Henri Michaux poète. On connaît un peu Henri Michaux peintre. On ne connaît guère Henri Michaux musicien – et pour cause... Ni partitions, ni enregistrements ; restent les textes, et les instruments qu’ils décrivent : piano loué, tambour africain (« tam-tam »), sanza(s), simples objets en bois – mais pas le violon qu’il avait pourtant appris classiquement. Ici encore, Michaux est contre : contre la composition, « contre le Nombre d’or », contre l’occidental, pour l’improvisation, pour la litanie, pour l’ailleurs. L’usage récurrent à la fois improvisé (sur le moment, en jeu pur) et réfléchi (après coup, en écriture) de chacun de ces instruments apparaît alors comme une somme d’expériences irréductibles. Il y a bien « un certain phénomène qu’on appelle musique » (Passages), qu’on ne saurait comprendre qu’en se tenant au plus proche de l’instrument, de la vibration, du son : « Si près de soi / du cœur / du souffle. » Même silencieuse, la musique de Michaux existe : « C’est musique pour questionner, pour ausculter, pour approcher le problème d’être. » On pourra alors rapprocher la musique des autres modes d’expression au dehors du temps du dedans que sont l’écriture et la peinture, autour de la notion centrale de rythme intérieur.
Title: Michaux musicien
Description:
On connaît bien Henri Michaux poète.
On connaît un peu Henri Michaux peintre.
On ne connaît guère Henri Michaux musicien – et pour cause.
Ni partitions, ni enregistrements ; restent les textes, et les instruments qu’ils décrivent : piano loué, tambour africain (« tam-tam »), sanza(s), simples objets en bois – mais pas le violon qu’il avait pourtant appris classiquement.
Ici encore, Michaux est contre : contre la composition, « contre le Nombre d’or », contre l’occidental, pour l’improvisation, pour la litanie, pour l’ailleurs.
L’usage récurrent à la fois improvisé (sur le moment, en jeu pur) et réfléchi (après coup, en écriture) de chacun de ces instruments apparaît alors comme une somme d’expériences irréductibles.
Il y a bien « un certain phénomène qu’on appelle musique » (Passages), qu’on ne saurait comprendre qu’en se tenant au plus proche de l’instrument, de la vibration, du son : « Si près de soi / du cœur / du souffle.
» Même silencieuse, la musique de Michaux existe : « C’est musique pour questionner, pour ausculter, pour approcher le problème d’être.
» On pourra alors rapprocher la musique des autres modes d’expression au dehors du temps du dedans que sont l’écriture et la peinture, autour de la notion centrale de rythme intérieur.
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