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Un autre XVIIIe : socio-histoire d’un micro-quartier parisien, de 1880 à nos jours
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Comment expliquer la présence d’un bâti d’apparence bourgeoise dans un arrondissement parisien réputé populaire ? C’est à la résolution de cette énigme que se consacre cette thèse. Plongeant dans un micro-quartier du XVIIIe arrondissement, dont la forme urbaine laisse présumer une occupation de populations favorisées, ce qui ne manque pas de surprendre dans un arrondissement qui compte parmi les plus populaires de la capitale, ce travail interroge les interactions entre le matériel, le social et les représentations depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à la période contemporaine. La thèse s’inscrit à la fois en histoire urbaine et sociale et en sociologie urbaine, inspirée par une analyse bourdieusienne de l’espace. Elle questionne d’abord la genèse du quartier, analyse ses spécificités relativement à l’arrondissement et à la ville, notamment eu égard à ses façades et à son parc de logements. Elle met en valeur l’importance de familles de propriétaires locaux·ales dont le travail sur l’espace le marque durablement, produisant le peuplement du début du XXe siècle et posant une première pierre dans le processus d’embourgeoisement qui le caractérisera tout au long du siècle. En parallèle, elle interroge le coût du logement pour ses habitant·es sur une longue période, en montrant comment la différenciation sociale de l’habitat – une des caractéristiques marquantes de cet espace – se reflète dans le marché local du logement. Elle questionne aussi de façon plus succincte le rôle des pouvoirs publics dans l’urbanisation locale et la présence ponctuelle de logements sociaux. L’évolution du peuplement entre 1880 et la période contemporaine compose une partie centrale de l’analyse, à travers diverses sources démographiques qui permettent une discussion de catégories telles que celles de « classes moyennes » ou d’« employé·es ». La perspective croisée entre habitat et positions socio-professionnelles nourrit cette discussion, car on constate une certaine homologie – constituée historiquement – entre le haut du quartier, caractérisé par des logements de qualité et un peuplement plutôt aisé et le bas du quartier, dont les caractéristiques sont inverses. Les représentations des habitant·es de la période contemporaine sont en partie produites par la matérialité urbaine qui est observée – héritage de l’histoire du quartier – ce qui contribue à renforcer la grille de lecture haut/bas, dans leurs perceptions d’elles et eux et des autres. C’est aussi autour de la notion de « mixité » souvent convoquée par les habitant·es contemporain·es que s’interroge cette thèse. Elle la traite essentiellement par une vision statistique, à travers la coprésence de classes sociales différenciées au début de la période – permise par la différenciation de l’habitat – et la coprésence de fractions des classes supérieures à la période actuelle – résultat du processus d’embourgeoisement. Ce dernier point permet alors d’interroger les relations sociales de ces fractions de classes et quelques-unes de leurs stratégies de distinction et d’appropriation symbolique et matérielle de l’espace, qui vont de l’échelle de l’immeuble à celle plus large du quartier.
Title: Un autre XVIIIe : socio-histoire d’un micro-quartier parisien, de 1880 à nos jours
Description:
Comment expliquer la présence d’un bâti d’apparence bourgeoise dans un arrondissement parisien réputé populaire ? C’est à la résolution de cette énigme que se consacre cette thèse.
Plongeant dans un micro-quartier du XVIIIe arrondissement, dont la forme urbaine laisse présumer une occupation de populations favorisées, ce qui ne manque pas de surprendre dans un arrondissement qui compte parmi les plus populaires de la capitale, ce travail interroge les interactions entre le matériel, le social et les représentations depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à la période contemporaine.
La thèse s’inscrit à la fois en histoire urbaine et sociale et en sociologie urbaine, inspirée par une analyse bourdieusienne de l’espace.
Elle questionne d’abord la genèse du quartier, analyse ses spécificités relativement à l’arrondissement et à la ville, notamment eu égard à ses façades et à son parc de logements.
Elle met en valeur l’importance de familles de propriétaires locaux·ales dont le travail sur l’espace le marque durablement, produisant le peuplement du début du XXe siècle et posant une première pierre dans le processus d’embourgeoisement qui le caractérisera tout au long du siècle.
En parallèle, elle interroge le coût du logement pour ses habitant·es sur une longue période, en montrant comment la différenciation sociale de l’habitat – une des caractéristiques marquantes de cet espace – se reflète dans le marché local du logement.
Elle questionne aussi de façon plus succincte le rôle des pouvoirs publics dans l’urbanisation locale et la présence ponctuelle de logements sociaux.
L’évolution du peuplement entre 1880 et la période contemporaine compose une partie centrale de l’analyse, à travers diverses sources démographiques qui permettent une discussion de catégories telles que celles de « classes moyennes » ou d’« employé·es ».
La perspective croisée entre habitat et positions socio-professionnelles nourrit cette discussion, car on constate une certaine homologie – constituée historiquement – entre le haut du quartier, caractérisé par des logements de qualité et un peuplement plutôt aisé et le bas du quartier, dont les caractéristiques sont inverses.
Les représentations des habitant·es de la période contemporaine sont en partie produites par la matérialité urbaine qui est observée – héritage de l’histoire du quartier – ce qui contribue à renforcer la grille de lecture haut/bas, dans leurs perceptions d’elles et eux et des autres.
C’est aussi autour de la notion de « mixité » souvent convoquée par les habitant·es contemporain·es que s’interroge cette thèse.
Elle la traite essentiellement par une vision statistique, à travers la coprésence de classes sociales différenciées au début de la période – permise par la différenciation de l’habitat – et la coprésence de fractions des classes supérieures à la période actuelle – résultat du processus d’embourgeoisement.
Ce dernier point permet alors d’interroger les relations sociales de ces fractions de classes et quelques-unes de leurs stratégies de distinction et d’appropriation symbolique et matérielle de l’espace, qui vont de l’échelle de l’immeuble à celle plus large du quartier.
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