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Quand Giuliano da Sangallo « misura a punto » : relever et dessiner l’architecture à la Renaissance
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Le relevé d’architecture constitue « la toute première forme de connaissance », « la somme des opérations, du mesurage et des analyses qui vont permettre la compréhension et la documentation du bien architectural dans son ensemble […] ». Nécessaire à la conservation des biens culturels, le relevé architectural est aussi source de réflexion sur l’histoire de l’architecture et son usage, car ses méthodes sont élaborées dès la fin du XVe siècle, dans le cadre des investigations menées sur les vestiges de l’architecture antique. Devenue discipline, la pratique du relevé s’érige en lien fondamental entre recherche « archéologique » et création architecturale, et apparaît comme la meilleure des formations pour les artistes souhaitant devenir architectes. Ceux-ci s’aventurent hors des ateliers, dans une véritable école d’architecture à ciel ouvert dont le siège se trouve à Rome. Sources importantes pour la connaissance de l’Antique, sa réception et son appropriation par les artistes de la Renaissance, les dessins de relevé de cette période peuvent être également envisagés comme le résultat d’un processus analytique, qui nécessite une pratique et un langage spécifiques. Cet aspect, ainsi que l’histoire et les spécificités d’un corpus exceptionnel, sont au centre de ce travail de recherche. Les dessins de relevé conservés pour la Renaissance, relativement nombreux, peuvent être disparates et les auteurs parfois difficiles à identifier avec certitude. C’est l’une des raisons qui nous a conduit à étudier le corpus de Giuliano da Sangallo et plus particulièrement ses deux albums, le codex Barberini (Barb. Lat. 4424, Rome, Bibliothèque apostolique vaticane) et le carnet de Sienne (S. IV. 8, Sienne, Bibliothèque communale des Intronati). Non seulement leur attribution à l’architecte florentin ne fait pas débat, mais ils résultent d’un assemblage conscient de dessins choisis, réalisés à divers moments de sa carrière ; des dessins d’architecture, pour beaucoup des relevés, mais aussi des projets, ainsi que quelques vues et des dessins mécaniques. Cet ensemble apparaît comme une biographie graphique, où chaque dessin peut être rapporté à un épisode de la vie professionnelle de Giuliano da Sangallo, ce qui contribue à éclairer son histoire, parfois lacunaire. Il s’agit d’un corpus tangible, qui permet une approche globale de la question du relevé d’architecture tout en révélant l’évolution des préoccupations de l’architecte et de sa maîtrise de la restitution graphique, dans laquelle sa rigueur analytique s’allie à des interprétations toutes personnelles, et à une grande sensibilité dans le traitement. Giuliano da Sangallo semble faire la transition, autour de 1500, entre une génération qui expérimente les codes d’une représentation proprement architecturale et celle qui, ceux-ci élaborés, les applique de manière systématique. Par l’analyse de ses dessins nous cherchons à mettre en lumière ses capacités d’analyse sur le terrain, ses procédés de restitution graphique et sa manière de s’approprier et de diffuser l’information issue du relevé. On peut alors constater que les dessins de relevé constituent une typologie particulière dans le dessin d’architecture en général, et nécessitent une approche dont nous avons tenté, dans cette thèse, de fournir axes et méthodes.
Title: Quand Giuliano da Sangallo « misura a punto » : relever et dessiner l’architecture à la Renaissance
Description:
Le relevé d’architecture constitue « la toute première forme de connaissance », « la somme des opérations, du mesurage et des analyses qui vont permettre la compréhension et la documentation du bien architectural dans son ensemble […] ».
Nécessaire à la conservation des biens culturels, le relevé architectural est aussi source de réflexion sur l’histoire de l’architecture et son usage, car ses méthodes sont élaborées dès la fin du XVe siècle, dans le cadre des investigations menées sur les vestiges de l’architecture antique.
Devenue discipline, la pratique du relevé s’érige en lien fondamental entre recherche « archéologique » et création architecturale, et apparaît comme la meilleure des formations pour les artistes souhaitant devenir architectes.
Ceux-ci s’aventurent hors des ateliers, dans une véritable école d’architecture à ciel ouvert dont le siège se trouve à Rome.
Sources importantes pour la connaissance de l’Antique, sa réception et son appropriation par les artistes de la Renaissance, les dessins de relevé de cette période peuvent être également envisagés comme le résultat d’un processus analytique, qui nécessite une pratique et un langage spécifiques.
Cet aspect, ainsi que l’histoire et les spécificités d’un corpus exceptionnel, sont au centre de ce travail de recherche.
Les dessins de relevé conservés pour la Renaissance, relativement nombreux, peuvent être disparates et les auteurs parfois difficiles à identifier avec certitude.
C’est l’une des raisons qui nous a conduit à étudier le corpus de Giuliano da Sangallo et plus particulièrement ses deux albums, le codex Barberini (Barb.
Lat.
4424, Rome, Bibliothèque apostolique vaticane) et le carnet de Sienne (S.
IV.
8, Sienne, Bibliothèque communale des Intronati).
Non seulement leur attribution à l’architecte florentin ne fait pas débat, mais ils résultent d’un assemblage conscient de dessins choisis, réalisés à divers moments de sa carrière ; des dessins d’architecture, pour beaucoup des relevés, mais aussi des projets, ainsi que quelques vues et des dessins mécaniques.
Cet ensemble apparaît comme une biographie graphique, où chaque dessin peut être rapporté à un épisode de la vie professionnelle de Giuliano da Sangallo, ce qui contribue à éclairer son histoire, parfois lacunaire.
Il s’agit d’un corpus tangible, qui permet une approche globale de la question du relevé d’architecture tout en révélant l’évolution des préoccupations de l’architecte et de sa maîtrise de la restitution graphique, dans laquelle sa rigueur analytique s’allie à des interprétations toutes personnelles, et à une grande sensibilité dans le traitement.
Giuliano da Sangallo semble faire la transition, autour de 1500, entre une génération qui expérimente les codes d’une représentation proprement architecturale et celle qui, ceux-ci élaborés, les applique de manière systématique.
Par l’analyse de ses dessins nous cherchons à mettre en lumière ses capacités d’analyse sur le terrain, ses procédés de restitution graphique et sa manière de s’approprier et de diffuser l’information issue du relevé.
On peut alors constater que les dessins de relevé constituent une typologie particulière dans le dessin d’architecture en général, et nécessitent une approche dont nous avons tenté, dans cette thèse, de fournir axes et méthodes.
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