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Destruction et Révolution : essai sur l'unidimensionnalisation du monde

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Dans un temps où l'idée de « fin du monde » est couramment admise, voire banale, nous envisageons une critique historique et dialectique de ses possibilités d'interprétation et de compréhension au travers des concepts de situation, de destruction puis de révolution. La situation de fin du monde n'est pas réductible à un fait ou à une connaissance : elle est constituée de paradoxes fondamentaux, autour desquels se développe en retour un discours critique. Pourtant, les discours et les savoirs portant sur le sujet, ainsi que leurs modes d'existence, tendent à ignorer et à voiler ces contradictions et ces questionnements. La fin du monde mobilise un enjeu irréductible à toute spécialisation : son interprétation requiert non seulement une ouverture intellectuelle de principe — c'est-à-dire une transdisciplinarité — mais aussi une conceptualité totalisante, permettant de penser dans et avec les contradictions qui sont au fondement du temps eschatologique lui-même. Le concept totalisant qui guide la compréhension critique du temps présent est celui de situation. La situation n'est pas spécifique au temps de la fin du monde : elle apparaît tout d'abord comme une manière de se rapporter au monde, comme à soi-même dans le monde. Elle est est ainsi un concept permettant l'interprétation des tensions critiques qui, à la fois, animent les rapports existentiels et historiques entre l'individu et le monde et qui, en même temps, préside à leur réalisation. Le « paradigme d'aliénation » de la situation eschatologique ne ressemble à aucun autre : la réalité elle-même est en jeu dans la perspective d'enfermement. La totalisation critique de la situation eschatologique contemporaine demande donc un concept totalisant adéquat à un tel enjeu. Ce concept sera celui de Destruction, et la perspective négative de la situation qu'il recouvre celui de Révolution. Conceptualiser la Destruction répond à la nécessité de dépasser les paradoxes de la situation d'enfermement : le concept, en définissant une rupture, définit une époque, attribuant par-là à l'individu contemporain le vécu historique de l'enfermement destructif, et contournant ainsi l'impossibilité de vivre la perspective d'anéantissement. La compréhension du temps de la fin du monde trouve un point de rupture historique dans le processus d'extermination nazi : la situation d'enfermement radical y devient destruction de la situation. L'analyse met en évidence la formation d'un mouvement autonome de destruction remettant en cause les dimensions même de l'existence. L'interprétation de cette rupture, au travers du concept de Destruction, trouvera son prolongement, parfois inattendu, dans les pensées critiques de l'après-guerre (Anders, Marcuse). Penser les perspectives historiques alternatives implique de réinterpréter le concept de Révolution. La Destruction rend obsolète les conceptions révolutionnaires traditionnelles : paradoxalement, la temporalité destructive — « temps de la fin et fin des temps » — contredit l'idée de renversement, et la nature même du processus nous interdit la table rase. Cette dernière partie vise à réaliser la conclusion des deux premières : « sauver le monde » revient à préserver la dimension situationnelle de l'existence, pour sauver l'existence elle-même et, avec elle, la réalité qu'elle fonde — et qui la fonde conjointement. Produire la situation révolutionnaire, c'est produire la compréhension totalisante de la situation destructive contemporaine. Cette production de transcendance matérialisée se présente comme production de vécu, situant les potentialités révolutionnaires présentes dans la dimension esthétique et mémorielle, qui se totalisent dans le travail de la situationnalité, esquissé à partir de l'artisanat de restauration.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Destruction et Révolution : essai sur l'unidimensionnalisation du monde
Description:
Dans un temps où l'idée de « fin du monde » est couramment admise, voire banale, nous envisageons une critique historique et dialectique de ses possibilités d'interprétation et de compréhension au travers des concepts de situation, de destruction puis de révolution.
La situation de fin du monde n'est pas réductible à un fait ou à une connaissance : elle est constituée de paradoxes fondamentaux, autour desquels se développe en retour un discours critique.
Pourtant, les discours et les savoirs portant sur le sujet, ainsi que leurs modes d'existence, tendent à ignorer et à voiler ces contradictions et ces questionnements.
La fin du monde mobilise un enjeu irréductible à toute spécialisation : son interprétation requiert non seulement une ouverture intellectuelle de principe — c'est-à-dire une transdisciplinarité — mais aussi une conceptualité totalisante, permettant de penser dans et avec les contradictions qui sont au fondement du temps eschatologique lui-même.
Le concept totalisant qui guide la compréhension critique du temps présent est celui de situation.
La situation n'est pas spécifique au temps de la fin du monde : elle apparaît tout d'abord comme une manière de se rapporter au monde, comme à soi-même dans le monde.
Elle est est ainsi un concept permettant l'interprétation des tensions critiques qui, à la fois, animent les rapports existentiels et historiques entre l'individu et le monde et qui, en même temps, préside à leur réalisation.
Le « paradigme d'aliénation » de la situation eschatologique ne ressemble à aucun autre : la réalité elle-même est en jeu dans la perspective d'enfermement.
La totalisation critique de la situation eschatologique contemporaine demande donc un concept totalisant adéquat à un tel enjeu.
Ce concept sera celui de Destruction, et la perspective négative de la situation qu'il recouvre celui de Révolution.
Conceptualiser la Destruction répond à la nécessité de dépasser les paradoxes de la situation d'enfermement : le concept, en définissant une rupture, définit une époque, attribuant par-là à l'individu contemporain le vécu historique de l'enfermement destructif, et contournant ainsi l'impossibilité de vivre la perspective d'anéantissement.
La compréhension du temps de la fin du monde trouve un point de rupture historique dans le processus d'extermination nazi : la situation d'enfermement radical y devient destruction de la situation.
L'analyse met en évidence la formation d'un mouvement autonome de destruction remettant en cause les dimensions même de l'existence.
L'interprétation de cette rupture, au travers du concept de Destruction, trouvera son prolongement, parfois inattendu, dans les pensées critiques de l'après-guerre (Anders, Marcuse).
Penser les perspectives historiques alternatives implique de réinterpréter le concept de Révolution.
La Destruction rend obsolète les conceptions révolutionnaires traditionnelles : paradoxalement, la temporalité destructive — « temps de la fin et fin des temps » — contredit l'idée de renversement, et la nature même du processus nous interdit la table rase.
Cette dernière partie vise à réaliser la conclusion des deux premières : « sauver le monde » revient à préserver la dimension situationnelle de l'existence, pour sauver l'existence elle-même et, avec elle, la réalité qu'elle fonde — et qui la fonde conjointement.
Produire la situation révolutionnaire, c'est produire la compréhension totalisante de la situation destructive contemporaine.
Cette production de transcendance matérialisée se présente comme production de vécu, situant les potentialités révolutionnaires présentes dans la dimension esthétique et mémorielle, qui se totalisent dans le travail de la situationnalité, esquissé à partir de l'artisanat de restauration.

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