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« Il y a peu d’auteurs dont la lecture soit si rebutante » – Le théâtre de Thomas Corneille et le « charme de la voix »

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Pourquoi est-il si difficile de lire Thomas Corneille aujourd’hui ? Ses pièces auraient-elles du mal à se soutenir sans l’attrait de la scène, sans le « charme » de la mise en voix ? Ce qui est sûr, c’est que le dramaturge fait partie de ceux qui pensent que le texte tire profit de la performance. Cela se voit d’ailleurs dans les intrigues elles-mêmes, et notamment dans Le Charme de la voix et Timocrate, que nous analysons : certains motifs semblent être en attente d’une réalisation scénique. C’est le cas du déguisement, dont Th. Corneille fait un usage singulier. Comme les personnages qui mentent sur leur identité ne sont pas connus au préalable de ceux à qui ils mentent, la capacité de démasquer n’est pas en jeu. Tout l’effet repose dans les discours doubles, à l’attribution incertaine. Ce qu’on peut qualifier de recherche d’effets de voix va donc de pair avec une manière d’instaurer un trouble de l’identité. Or la seule réponse à ce trouble, dans les intrigues, est celle du désir : seul le désir donne forme et consistance à l’objet aimé. Cela renvoie au geste d’ouverture de Th. Corneille, qu’exemplifie particulièrement son théâtre avec ornements : son théâtre serait en un sens inaccompli, ouvert au désir, à ce qui est imprévisible et impartageable. Ainsi s’expliquerait sa difficulté à durer, c’est-à-dire à nous séduire aujourd’hui dans une lecture silencieuse et solitaire.
Presses universitaires de Rouen et du Havre
Title: « Il y a peu d’auteurs dont la lecture soit si rebutante » – Le théâtre de Thomas Corneille et le « charme de la voix »
Description:
Pourquoi est-il si difficile de lire Thomas Corneille aujourd’hui ? Ses pièces auraient-elles du mal à se soutenir sans l’attrait de la scène, sans le « charme » de la mise en voix ? Ce qui est sûr, c’est que le dramaturge fait partie de ceux qui pensent que le texte tire profit de la performance.
Cela se voit d’ailleurs dans les intrigues elles-mêmes, et notamment dans Le Charme de la voix et Timocrate, que nous analysons : certains motifs semblent être en attente d’une réalisation scénique.
C’est le cas du déguisement, dont Th.
Corneille fait un usage singulier.
Comme les personnages qui mentent sur leur identité ne sont pas connus au préalable de ceux à qui ils mentent, la capacité de démasquer n’est pas en jeu.
Tout l’effet repose dans les discours doubles, à l’attribution incertaine.
Ce qu’on peut qualifier de recherche d’effets de voix va donc de pair avec une manière d’instaurer un trouble de l’identité.
Or la seule réponse à ce trouble, dans les intrigues, est celle du désir : seul le désir donne forme et consistance à l’objet aimé.
Cela renvoie au geste d’ouverture de Th.
Corneille, qu’exemplifie particulièrement son théâtre avec ornements : son théâtre serait en un sens inaccompli, ouvert au désir, à ce qui est imprévisible et impartageable.
Ainsi s’expliquerait sa difficulté à durer, c’est-à-dire à nous séduire aujourd’hui dans une lecture silencieuse et solitaire.

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