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Henri Thomas, une poétique en quête d'impossibles : désertions, dépossessions, révélations de 1950 à 1972

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Entre 1950 et 1972, Henri Thomas s’engage dans une recherche singulière qui fait l’objet de notre étude et dont il est utile de distinguer deux mouvements.L’énigme qui passionne alors Thomas est celle de l’accès au territoire de l’impossible, entendu comme ce qui outrepasse les limites du possible — irrationnel, illimité, inexpliqué, autres noms du poétique ou du sacré — et seul espace authentique de la poésie.Textuellement, il s’enquiert d’une forme nouvelle capable de dire la recherche de l’impossible, et d’intégrer une dimension épique et poétique. Tous ses récits entre Les Déserteurs (1951) et La Relique (1969) façonnent et affinent une écriture à même de rendre compte de l’aventure à la fois héroïque et poétique des personnages.La forme nouvelle imaginée par Thomas se détourne du récit poétique et des procédés stylistiques qui lui sont liés pour développer une dimension épique portée par la présence d’un héros, qui vient nourrir les questionnements poétiques.D’autre part, il s’agit, grâce à ce récit que Thomas perfectionne pendant vingt ans, de trouver une forme de résolution à la recherche de l’impossible. Durant cette période, l’auteur assume progressivement l’assimilation de l’impossible à une immédiateté qui est aussi la déchirure du sacré. Les références au mythe de Diane, au texte de Klossowski, à la lumière de Hölderlin et à sa quête poétique, et enfin à la présence de la relique, dans les trois derniers récits du cycle étudié, orientent définitivement sa quête vers cette conclusion. Chaque roman l’amène à éclaircir un aspect de sa quête de l’impossible. La quête d’une totalité impensable inscrit résolument Thomas dans une tradition littéraire, de Hölderlin à Mallarmé et à Rimbaud, jusqu’aux poètes du Grand Jeu, et des mystiques à Léon Chestov. Elle l’inclut aussi dans une modernité, une « communauté de l’impossible » qui réunit Artaud, Blanchot, Bataille et Klossowski dans un projet commun, bien que les moyens utilisés pour le mener à bien diffèrent selon les écrivains.Le projet de Thomas mêle donc intimement poétique et narratif, se distinguant de certains mouvements d’avant-garde par sa conservation des éléments traditionnels du roman (personnages, héros, quête…), mais aussi d’une littérature à idées, philosophiques ou politiques, qui l’enfermerait dans le langage du possible.La recherche de l’impossible évolue de pair, chez Thomas, avec la prise de conscience de la nécessité d’un héroïsme qui soit à sa hauteur. Dans ses récits, le dépassement héroïque s’inscrit dans une construction propre à l’épopée, telle que nous l’avons dégagée : un véritable héros, qui répond aux critères du héros romanesque selon Philippe Hamon ou Vincent Jouve.La quête de l’impossible, se résout donc dans la lumière hölderlinienne, lumière philosophique et poétique d’une joie subversive. Ainsi doit se comprendre la quête de réalité parfaite d’Henri Thomas, recherche d’une libération et d’une joie poétique impossibles, qui n’est atteinte que par l’acceptation de son absence.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Henri Thomas, une poétique en quête d'impossibles : désertions, dépossessions, révélations de 1950 à 1972
Description:
Entre 1950 et 1972, Henri Thomas s’engage dans une recherche singulière qui fait l’objet de notre étude et dont il est utile de distinguer deux mouvements.
L’énigme qui passionne alors Thomas est celle de l’accès au territoire de l’impossible, entendu comme ce qui outrepasse les limites du possible — irrationnel, illimité, inexpliqué, autres noms du poétique ou du sacré — et seul espace authentique de la poésie.
Textuellement, il s’enquiert d’une forme nouvelle capable de dire la recherche de l’impossible, et d’intégrer une dimension épique et poétique.
Tous ses récits entre Les Déserteurs (1951) et La Relique (1969) façonnent et affinent une écriture à même de rendre compte de l’aventure à la fois héroïque et poétique des personnages.
La forme nouvelle imaginée par Thomas se détourne du récit poétique et des procédés stylistiques qui lui sont liés pour développer une dimension épique portée par la présence d’un héros, qui vient nourrir les questionnements poétiques.
D’autre part, il s’agit, grâce à ce récit que Thomas perfectionne pendant vingt ans, de trouver une forme de résolution à la recherche de l’impossible.
Durant cette période, l’auteur assume progressivement l’assimilation de l’impossible à une immédiateté qui est aussi la déchirure du sacré.
Les références au mythe de Diane, au texte de Klossowski, à la lumière de Hölderlin et à sa quête poétique, et enfin à la présence de la relique, dans les trois derniers récits du cycle étudié, orientent définitivement sa quête vers cette conclusion.
Chaque roman l’amène à éclaircir un aspect de sa quête de l’impossible.
La quête d’une totalité impensable inscrit résolument Thomas dans une tradition littéraire, de Hölderlin à Mallarmé et à Rimbaud, jusqu’aux poètes du Grand Jeu, et des mystiques à Léon Chestov.
Elle l’inclut aussi dans une modernité, une « communauté de l’impossible » qui réunit Artaud, Blanchot, Bataille et Klossowski dans un projet commun, bien que les moyens utilisés pour le mener à bien diffèrent selon les écrivains.
Le projet de Thomas mêle donc intimement poétique et narratif, se distinguant de certains mouvements d’avant-garde par sa conservation des éléments traditionnels du roman (personnages, héros, quête…), mais aussi d’une littérature à idées, philosophiques ou politiques, qui l’enfermerait dans le langage du possible.
La recherche de l’impossible évolue de pair, chez Thomas, avec la prise de conscience de la nécessité d’un héroïsme qui soit à sa hauteur.
Dans ses récits, le dépassement héroïque s’inscrit dans une construction propre à l’épopée, telle que nous l’avons dégagée : un véritable héros, qui répond aux critères du héros romanesque selon Philippe Hamon ou Vincent Jouve.
La quête de l’impossible, se résout donc dans la lumière hölderlinienne, lumière philosophique et poétique d’une joie subversive.
Ainsi doit se comprendre la quête de réalité parfaite d’Henri Thomas, recherche d’une libération et d’une joie poétique impossibles, qui n’est atteinte que par l’acceptation de son absence.

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