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Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (VIIIe-Xe s.) et les collections japonaises : prémices iconographiques et stylistiques

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A l'appui des sources écrites et de l'analyse de rouleaux peints conservés dans les collections chinoises et japonaises, cet article propose de définir la genèse stylistique et iconographique des Seize Arhat dans la peinture bouddhique du VIIIe siècle au Xe siècle. A travers l'œuvre de Lu Lengjia, la prédominance des arhat en séries de seize, traités à la façon des portraits de moines éminents, est attestée dès le milieu du VIIIe siècle. Sous l'impulsion d'un marché intense et d'une large diffusion, notamment pour des raisons religieuses, la peinture d'arhat apparaît, au début du Xe siècle, extrêmement diversifiée. Deux courants iconographiques se partagent alors l'inspiration : le courant « atemporel » de composition minimaliste et le courant « anecdotique » à l'environnement détaillé relevant des arhat à l'aspect humain de Zhang Xuan (actif ca 908- 910). Devenu aux siècles suivants la référence en matière de peinture d'arhat, le moine Guanxiu (839-912) en développa trois styles : réaliste, mais surtout grotesque et simplifié, tous trois perceptibles dans la série complète de la collection impériale japonaise. Stèles, xylographies et descriptions littéraires ont contribué à la transmission de la tradition picturale des arhat selon Guanxiu. La similitude de certains détails de ses arhat avec ceux du Seiryoji et du Kodaiji et avec ceux peints par Liu Songnian (ca 1207) montre l'influence durable de Guanxiu sous les Song. Plutôt qu'une création délibérée, l'addition de deux arhat supplémentaires dans certaines séries apparaît comme une incohérence. Celle-ci résulterait du processus de copies stimulé par la fonction magique que l'on prêtait aux œuvres de Guanxiu.
Title: Les Seize Arhat dans la peinture chinoise (VIIIe-Xe s.) et les collections japonaises : prémices iconographiques et stylistiques
Description:
A l'appui des sources écrites et de l'analyse de rouleaux peints conservés dans les collections chinoises et japonaises, cet article propose de définir la genèse stylistique et iconographique des Seize Arhat dans la peinture bouddhique du VIIIe siècle au Xe siècle.
A travers l'œuvre de Lu Lengjia, la prédominance des arhat en séries de seize, traités à la façon des portraits de moines éminents, est attestée dès le milieu du VIIIe siècle.
Sous l'impulsion d'un marché intense et d'une large diffusion, notamment pour des raisons religieuses, la peinture d'arhat apparaît, au début du Xe siècle, extrêmement diversifiée.
Deux courants iconographiques se partagent alors l'inspiration : le courant « atemporel » de composition minimaliste et le courant « anecdotique » à l'environnement détaillé relevant des arhat à l'aspect humain de Zhang Xuan (actif ca 908- 910).
Devenu aux siècles suivants la référence en matière de peinture d'arhat, le moine Guanxiu (839-912) en développa trois styles : réaliste, mais surtout grotesque et simplifié, tous trois perceptibles dans la série complète de la collection impériale japonaise.
Stèles, xylographies et descriptions littéraires ont contribué à la transmission de la tradition picturale des arhat selon Guanxiu.
La similitude de certains détails de ses arhat avec ceux du Seiryoji et du Kodaiji et avec ceux peints par Liu Songnian (ca 1207) montre l'influence durable de Guanxiu sous les Song.
Plutôt qu'une création délibérée, l'addition de deux arhat supplémentaires dans certaines séries apparaît comme une incohérence.
Celle-ci résulterait du processus de copies stimulé par la fonction magique que l'on prêtait aux œuvres de Guanxiu.

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