Search engine for discovering works of Art, research articles, and books related to Art and Culture
ShareThis
Javascript must be enabled to continue!

Les grandes décisions de l’histoire de France

View through CrossRef
Composée en 1801 , La Pucelle d’Orléans (Die Junfrau von Orleans) de Frédéric Schiller n’est sûrement pas la pièce aujourd’hui la plus renommée du poète allemand. Et pourtant elle rencontra un vif succès tout au long du xix e  siècle, pas tant en France, malgré une traduction précoce (1802), qu’en Allemagne où l’on parle de deux cent quarante mises en scène entre sa création et 1843. C’est ainsi qu’ambassadeur de France à Berlin Chateaubriand assista à une représentation le 8 avril 1821. Celle-ci l’enthousiasma, comme en témoigne la lettre qu’il écrivit dès le lendemain à la duchesse de Duras, sa « chère sœur », comme il se plaisait à l’appeler : « C’est un mélodrame, mais un mélodrame superbe. La cérémonie du sacre est admirable. Quand j’ai vu la cathédrale de Reims et que j’ai entendu le chant religieux, au moment de la consécration de Charles VII, j’ai pleuré sans comprendre un mot de ce qu’on disait. Quel peuple que le peuple français ! Comme il occupe les autres peuples ! » Les larmes nostalgiques du noble vicomte ne signifiaient-elles pas que le sacre de Charles VII était aussi celui de la France catholique et royale ? Assurément, il n’ignorait pas que d’autres royaumes chrétiens avaient connu et connaissaient toujours le rite du sacre, à commencer par l’Angleterre. Il n’ignorait pas non plus que tous les souverains français avaient été sacrés, depuis Pépin le Bref (751) jusqu’à Louis XVI (1775), mais il avait aussi pleinement conscience, n’en doutons pas, de la singularité du sacre de Charles VII, fruit à la fois de la tradition et de circonstances hors du commun où la guerre et le surnaturel occupaient la première place .
Title: Les grandes décisions de l’histoire de France
Description:
Composée en 1801 , La Pucelle d’Orléans (Die Junfrau von Orleans) de Frédéric Schiller n’est sûrement pas la pièce aujourd’hui la plus renommée du poète allemand.
Et pourtant elle rencontra un vif succès tout au long du xix e  siècle, pas tant en France, malgré une traduction précoce (1802), qu’en Allemagne où l’on parle de deux cent quarante mises en scène entre sa création et 1843.
C’est ainsi qu’ambassadeur de France à Berlin Chateaubriand assista à une représentation le 8 avril 1821.
Celle-ci l’enthousiasma, comme en témoigne la lettre qu’il écrivit dès le lendemain à la duchesse de Duras, sa « chère sœur », comme il se plaisait à l’appeler : « C’est un mélodrame, mais un mélodrame superbe.
La cérémonie du sacre est admirable.
Quand j’ai vu la cathédrale de Reims et que j’ai entendu le chant religieux, au moment de la consécration de Charles VII, j’ai pleuré sans comprendre un mot de ce qu’on disait.
Quel peuple que le peuple français ! Comme il occupe les autres peuples ! » Les larmes nostalgiques du noble vicomte ne signifiaient-elles pas que le sacre de Charles VII était aussi celui de la France catholique et royale ? Assurément, il n’ignorait pas que d’autres royaumes chrétiens avaient connu et connaissaient toujours le rite du sacre, à commencer par l’Angleterre.
Il n’ignorait pas non plus que tous les souverains français avaient été sacrés, depuis Pépin le Bref (751) jusqu’à Louis XVI (1775), mais il avait aussi pleinement conscience, n’en doutons pas, de la singularité du sacre de Charles VII, fruit à la fois de la tradition et de circonstances hors du commun où la guerre et le surnaturel occupaient la première place .

Related Results

Autonomy on Trial
Autonomy on Trial
Photo by CHUTTERSNAP on Unsplash Abstract This paper critically examines how US bioethics and health law conceptualize patient autonomy, contrasting the rights-based, individualist...
Les formes cinématographiques de l’histoire
Les formes cinématographiques de l’histoire
Cet essai envisage le cinéma non pas comme langage, ni comme objet d’une histoire qui serait la sienne, mais en tant qu’il donne forme à une réalité historique en marquant une dist...
De l’histoire ecclésiastique à l’histoire connectée : les chrétiens orientaux, l’Islam et l’Occident
De l’histoire ecclésiastique à l’histoire connectée : les chrétiens orientaux, l’Islam et l’Occident
L’étude des chrétiens orientaux a été intégrée dans l’érudition académique à partir du XVI e siècle, qui combinait démarche scientifique et préoccupation apologétique. Elle était a...
Histoire mondiale. Quelle contribution des historiens ?
Histoire mondiale. Quelle contribution des historiens ?
Si l’histoire mondiale est devenue l’objet de vastes débats ces dernières années, cela tient bien plus au développement des communications, des échanges et des interdépendances ent...
Generación de modelos de procesos y decisiones a partir de documentos de texto
Generación de modelos de procesos y decisiones a partir de documentos de texto
(English) This thesis addresses the importance of formal models for the efficient management of business processes (BPM) and business decision management (BDM) in a constantly evol...
La part de l'Histoire : Romantisme, relativisme
La part de l'Histoire : Romantisme, relativisme
Par nature, le relativisme culturel suppose une perception nouvelle de l'histoire, comme savoir et praxis du devenir de l'homme. À la différence des époques planes, dites «sans his...
Les grandes décisions de l’histoire de France
Les grandes décisions de l’histoire de France
On entrait dans l’année 1661. Louis XIV, âgé de vingt-deux ans, n’était pas nouveau sur le trône. Devenu roi en 1643, à quatre ans et demi, déclaré majeur à treize ans, puis sacré ...

Back to Top