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Le gris-gris bag, porte-mémoire ancestral et contemporain dans Sing, Unburied, Sing de Jesmyn Ward

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Dans le roman Sing, Unburied, Sing de Jesmyn Ward (2017), qui met en scène la vie d’une famille africaine-américaine, le gris-gris semble au premier abord jouer un rôle marginal dans la narration. C’est un détail apparaissant au détour d’un récit enchâssé ; l’objet est moins une présence rendue palpable par la description qu’un objet indirectement évoqué, un objet de discours et de souvenir chargé de valeurs subjectives pour les personnages de River et Philomène : le gris-gris est à leurs yeux garantie de protection et symbole d’une culture ancestrale qui leur est chère. C’est à ce titre que le gris-gris est au centre de la réflexion sur une transmission tissée de détours, d’interruptions et de reprises : Leonie, la fille de River et Philomène, refuse de prendre en charge l’héritage de ses parents ; inversement, Jojo, le fils de Leonie, se révèle très réceptif aux histoires de son grand-père River, à sa culture et à ses traditions. Ainsi, lorsqu’il doit accompagner Leonie au moment où le père de Jojo est libéré du pénitencier de Parchman, c’est Jojo qui reçoit le gris-gris. Cet article se propose d’étudier la façon dont le gris-gris fonctionne comme objet porte-mémoire dans l’œuvre de Ward : instrument de la réhabilitation des cultes et cultures vodous afro-américains, le gris-gris véhicule aussi une mémoire traumatique qui renvoie à l’esclavage et à l’incarcération de masse. À travers cet objet chargé d’une profonde ambivalence, il s’agira pour nous d’interroger la manière dont la transmission est représentée dans le texte.
Université Bordeaux Montaigne
Title: Le gris-gris bag, porte-mémoire ancestral et contemporain dans Sing, Unburied, Sing de Jesmyn Ward
Description:
Dans le roman Sing, Unburied, Sing de Jesmyn Ward (2017), qui met en scène la vie d’une famille africaine-américaine, le gris-gris semble au premier abord jouer un rôle marginal dans la narration.
C’est un détail apparaissant au détour d’un récit enchâssé ; l’objet est moins une présence rendue palpable par la description qu’un objet indirectement évoqué, un objet de discours et de souvenir chargé de valeurs subjectives pour les personnages de River et Philomène : le gris-gris est à leurs yeux garantie de protection et symbole d’une culture ancestrale qui leur est chère.
C’est à ce titre que le gris-gris est au centre de la réflexion sur une transmission tissée de détours, d’interruptions et de reprises : Leonie, la fille de River et Philomène, refuse de prendre en charge l’héritage de ses parents ; inversement, Jojo, le fils de Leonie, se révèle très réceptif aux histoires de son grand-père River, à sa culture et à ses traditions.
Ainsi, lorsqu’il doit accompagner Leonie au moment où le père de Jojo est libéré du pénitencier de Parchman, c’est Jojo qui reçoit le gris-gris.
Cet article se propose d’étudier la façon dont le gris-gris fonctionne comme objet porte-mémoire dans l’œuvre de Ward : instrument de la réhabilitation des cultes et cultures vodous afro-américains, le gris-gris véhicule aussi une mémoire traumatique qui renvoie à l’esclavage et à l’incarcération de masse.
À travers cet objet chargé d’une profonde ambivalence, il s’agira pour nous d’interroger la manière dont la transmission est représentée dans le texte.

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