Javascript must be enabled to continue!
Francis Ponge face à l’écolittérature : comment dé(s)écrire l’écologie
View through CrossRef
L’écolittérature est un phénomène littéraire à la mode dont la collection « Mondes sauvages » chez Actes Sud sert de chambre d’écho. Elle prétend recomposer le lien entre l’humain et le non-humain en répondant à cette crise de la sensibilité qu’elle évoque quand elle affirme que l’homme a perdu son rapport à la nature, à supposer que ce terme ait encore un sens. Cela se retrouve dans la plupart des titres d’ouvrages de l’écolittérature : Penser comme un arbre, Autobiographie d’un poulpe, Habiter en oiseau, Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?, Les Ambassadeurs : cohabiter avec les loups, Ce que nous disent les arbres… Le problème de cette écolittérature, c’est qu’elle ne recompose pas le lien entre l’homme et le non-humain ; au contraire, elle ne fait que confirmer la présence de l’homme comme unique échelle de mesure de toutes les choses. La grande force de la poésie de Francis Ponge tient au contraire dans sa capacité à ne pas parler au nom des choses, à la place des choses, ou pour les choses. Ponge montre plutôt toute l’arrogance et la suffisance de la langue de l’homme qui imagine une carte du monde à l’échelle du 1 pour 1, une carte aussi grande que le monde qu’elle dessine, une carte devenue monde pour un monde devenu mot. Cet article a pour intention de montrer comment la poésie de Francis Ponge s’inscrit dans une lecture critique de cette écriture faussement écologique ; une écriture qui prétend redonner une place essentielle au monde non humain alors qu’elle l’enferme dans une logique de la régulation – l’homme restant le maître d’œuvre de cette régulation –, tout en affirmant la nécessité d’interpréter le monde selon cette mise en rapport des choses. En termes pongiens, on dirait qu’elle ne fait que confirmer la suprématie du mot sur la chose.
Title: Francis Ponge face à l’écolittérature : comment dé(s)écrire l’écologie
Description:
L’écolittérature est un phénomène littéraire à la mode dont la collection « Mondes sauvages » chez Actes Sud sert de chambre d’écho.
Elle prétend recomposer le lien entre l’humain et le non-humain en répondant à cette crise de la sensibilité qu’elle évoque quand elle affirme que l’homme a perdu son rapport à la nature, à supposer que ce terme ait encore un sens.
Cela se retrouve dans la plupart des titres d’ouvrages de l’écolittérature : Penser comme un arbre, Autobiographie d’un poulpe, Habiter en oiseau, Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?, Les Ambassadeurs : cohabiter avec les loups, Ce que nous disent les arbres… Le problème de cette écolittérature, c’est qu’elle ne recompose pas le lien entre l’homme et le non-humain ; au contraire, elle ne fait que confirmer la présence de l’homme comme unique échelle de mesure de toutes les choses.
La grande force de la poésie de Francis Ponge tient au contraire dans sa capacité à ne pas parler au nom des choses, à la place des choses, ou pour les choses.
Ponge montre plutôt toute l’arrogance et la suffisance de la langue de l’homme qui imagine une carte du monde à l’échelle du 1 pour 1, une carte aussi grande que le monde qu’elle dessine, une carte devenue monde pour un monde devenu mot.
Cet article a pour intention de montrer comment la poésie de Francis Ponge s’inscrit dans une lecture critique de cette écriture faussement écologique ; une écriture qui prétend redonner une place essentielle au monde non humain alors qu’elle l’enferme dans une logique de la régulation – l’homme restant le maître d’œuvre de cette régulation –, tout en affirmant la nécessité d’interpréter le monde selon cette mise en rapport des choses.
En termes pongiens, on dirait qu’elle ne fait que confirmer la suprématie du mot sur la chose.
Related Results
« Ici en deux » : étude critique et génétique de l’album Matière et mémoire, ou les lithographes à l’école, de Jean Dubuffet et Francis Ponge
« Ici en deux » : étude critique et génétique de l’album Matière et mémoire, ou les lithographes à l’école, de Jean Dubuffet et Francis Ponge
L’ouvrage que nous allons étudier est un objet singulier, objet d’art, œuvre littéraire, œuvre d’art, livre de peintre ou album, il présente au lecteur de multiples facettes. Offra...
Increased life expectancy of heart failure patients in a rural center by a multidisciplinary program
Increased life expectancy of heart failure patients in a rural center by a multidisciplinary program
Abstract
Funding Acknowledgements
Type of funding sources: None.
INTRODUCTION Patients with heart failure (HF)...
Does face-drawing experience enhance face processing abilities? Evidence from hidden Markov modeling of eye movements
Does face-drawing experience enhance face processing abilities? Evidence from hidden Markov modeling of eye movements
Recent research has suggested the importance of part-based information in face recognition in addition to global information. Consistent with this finding, eye movement patterns th...
La Nature dans l’oeuvre de Francis Ponge
La Nature dans l’oeuvre de Francis Ponge
L’objet de ce travail est d’éclairer l’esthétique et l’éthique de la poétique de Francis Ponge à partir de la notion de Nature. La première partie étudie la notion de Nature chez P...
La « leçon de choses » de Francis Ponge
La « leçon de choses » de Francis Ponge
Le Parti pris des choses de Francis Ponge, paru en 1942, a été rapproché de divers modèles génériques au croisement des disciplines, du croquis à la nature morte, de la fable à la ...
Du nom au poème et aux choses
Du nom au poème et aux choses
Dès la parution du Parti pris des choses en 1942, la poétique de Francis Ponge est entrée en correspondance avec le projet phénoménologique, celui de décrire les phénomènes (les ...
L’écologie industrielle comme processus de construction territoriale : application aux espaces portuaires
L’écologie industrielle comme processus de construction territoriale : application aux espaces portuaires
La circulation des flux de matières et d’énergie reflète aussi bien le fonctionnement de la biosphère que celui des sociétés humaines. L’écologie industrielle, dans son approche te...
Représentations sociales de l’écologie et pratiques individuelles : une étude comparative France – Allemagne
Représentations sociales de l’écologie et pratiques individuelles : une étude comparative France – Allemagne
L’écologie s’est imposée comme un thème clef dans notre société moderne depuis les années 60 et interroge notre rapport à la nature. Néanmoins, l’écologie a trouvé un écho différen...

