Search engine for discovering works of Art, research articles, and books related to Art and Culture
ShareThis
Javascript must be enabled to continue!

Qu’ont à se dire l’économie du travail et les relations industrielles ?

View through CrossRef
Une meilleure pollinisation croisée entre l’économie du travail et les relations industrielles conduirait à des gains mutuels. Le présent article s’articule autour de critiques courantes de l’économie du travail qui sont illustrées par des exemples tirés des relations industrielles. Ces critiques, ainsi que leurs principes sous-jacents, expliquent souvent d’importants concepts des relations industrielles et apportent par le fait- même des connaissances susceptibles d’enrichir les réflexions en économie du travail. L’intention de cet article est d’avoir un regard prospectif pour faire avancer la réflexion théorique et empirique sur les aspects actuels et futurs du travail et de l’emploi. Résumé L’économie du travail, qui se centrait autrefois sur les institutions et l’analyse descriptive à l’instar des relations industrielles, se concentre aujourd’hui sur une théorisation et des techniques empiriques rigoureuses comme le fait la science économique. Cet article relève des critiques courantes formulées à l’égard de l’économie du travail, qui sont illustrées par des exemples tirés des relations industrielles. Ces critiques dénoncent notamment que l’économie du travail formule des hypothèses irréalistes ; présume que tout un chacun est rationnel et parfaitement informé ; compte sur la défection (exit) comme moyen pour discipliner le marché et ignore la prise de parole (voice) ainsi que la loyauté (loyalty) ; adopte une approche quantitative selon laquelle tout est quantifiable et analysable, de sa cause jusqu’à son effet ; fait preuve d’impérialisme et croit que l’économie s’applique à tous les éléments du comportement humain ; ignore les déséquilibres de pouvoir, le déterminisme historique et les institutions ; s’entête à décrire les conséquences involontaires d’initiatives politiques bien intentionnées ; néglige les marchés internes du travail des entreprises ; se concentre sur l’efficacité au détriment d’importants enjeux de répartition et d’équité ; considère uniquement les effets sur les parties du secteur privé et ne tient pas compte des effets globaux sur la société dans son ensemble ; et fonctionne en vase clos et ignore les autres disciplines. Tout en défendant l’économie du travail contre ces critiques, l’article adopte une perspective prospective pour faire avancer la réflexion théorique et empirique sur les aspects actuels et futurs du travail et de l’emploi en soulignant les gains mutuels qui pourraient provenir d’une intégration en économie du travail de principes bien établis en relations industrielles, tels que l’inégalité du pouvoir de négociation, l’importance de la prise de parole (voice) et de la loyauté, du raisonnement inductif par le biais de l’analyse qualitative et discursive ainsi que de l’utilisation de méthodes mixtes, impliquant à la fois des analyses quantitative et qualitative. De la même manière, les relations industrielles pourraient bénéficier des principes d’économie du travail tant sur le plan empirique que sur le plan théorique, puisque le travail empirique est essentiel pour tester et faire progresser la théorie. Cet article fournit des exemples précis issus de la littérature pour illustrer comment ces deux domaines peuvent contribuer l’un à l’autre.
Title: Qu’ont à se dire l’économie du travail et les relations industrielles ?
Description:
Une meilleure pollinisation croisée entre l’économie du travail et les relations industrielles conduirait à des gains mutuels.
Le présent article s’articule autour de critiques courantes de l’économie du travail qui sont illustrées par des exemples tirés des relations industrielles.
Ces critiques, ainsi que leurs principes sous-jacents, expliquent souvent d’importants concepts des relations industrielles et apportent par le fait- même des connaissances susceptibles d’enrichir les réflexions en économie du travail.
L’intention de cet article est d’avoir un regard prospectif pour faire avancer la réflexion théorique et empirique sur les aspects actuels et futurs du travail et de l’emploi.
Résumé L’économie du travail, qui se centrait autrefois sur les institutions et l’analyse descriptive à l’instar des relations industrielles, se concentre aujourd’hui sur une théorisation et des techniques empiriques rigoureuses comme le fait la science économique.
Cet article relève des critiques courantes formulées à l’égard de l’économie du travail, qui sont illustrées par des exemples tirés des relations industrielles.
Ces critiques dénoncent notamment que l’économie du travail formule des hypothèses irréalistes ; présume que tout un chacun est rationnel et parfaitement informé ; compte sur la défection (exit) comme moyen pour discipliner le marché et ignore la prise de parole (voice) ainsi que la loyauté (loyalty) ; adopte une approche quantitative selon laquelle tout est quantifiable et analysable, de sa cause jusqu’à son effet ; fait preuve d’impérialisme et croit que l’économie s’applique à tous les éléments du comportement humain ; ignore les déséquilibres de pouvoir, le déterminisme historique et les institutions ; s’entête à décrire les conséquences involontaires d’initiatives politiques bien intentionnées ; néglige les marchés internes du travail des entreprises ; se concentre sur l’efficacité au détriment d’importants enjeux de répartition et d’équité ; considère uniquement les effets sur les parties du secteur privé et ne tient pas compte des effets globaux sur la société dans son ensemble ; et fonctionne en vase clos et ignore les autres disciplines.
Tout en défendant l’économie du travail contre ces critiques, l’article adopte une perspective prospective pour faire avancer la réflexion théorique et empirique sur les aspects actuels et futurs du travail et de l’emploi en soulignant les gains mutuels qui pourraient provenir d’une intégration en économie du travail de principes bien établis en relations industrielles, tels que l’inégalité du pouvoir de négociation, l’importance de la prise de parole (voice) et de la loyauté, du raisonnement inductif par le biais de l’analyse qualitative et discursive ainsi que de l’utilisation de méthodes mixtes, impliquant à la fois des analyses quantitative et qualitative.
De la même manière, les relations industrielles pourraient bénéficier des principes d’économie du travail tant sur le plan empirique que sur le plan théorique, puisque le travail empirique est essentiel pour tester et faire progresser la théorie.
Cet article fournit des exemples précis issus de la littérature pour illustrer comment ces deux domaines peuvent contribuer l’un à l’autre.

Related Results

Différences irréconciliables : conceptualisation du conflit en relations industrielles et en comportement organisationnel
Différences irréconciliables : conceptualisation du conflit en relations industrielles et en comportement organisationnel
Dans les dernières décennies, les spécialistes en relations industrielles (RI) n’ont cessé de préconiser une meilleure intégration de leurs théories et de leurs recherches empiriqu...
La documentation en relations industrielles
La documentation en relations industrielles
Cet article, à préoccupation éclectique, est d'abord destiné au praticien des relations industrielles, intéressé à s'enquérir des diverses sources de références, de formation profe...
Économie alpine : d'une économie de subsistance à la concurrence mondiale
Économie alpine : d'une économie de subsistance à la concurrence mondiale
Résumé : Le passage d'une économie de subsistance à une division mondiale du travail, et par conséquent à une concurrence mondiale, est lisible dans la transformation de la structu...
Deyrolle de père en fils, entre science et commerce, une vitrine parisienne de l’Histoire naturelle au xixe siècle
Deyrolle de père en fils, entre science et commerce, une vitrine parisienne de l’Histoire naturelle au xixe siècle
Deyrolle est le nom d’une grande famille de naturalistes du xixe siècle qui nous est familier, mais n’a jamais fait l’objet d’une étude sur ses activités et ses apports aux science...
Que sait‐on du travail ?
Que sait‐on du travail ?
Les relations entre la santé et le travail sont souvent analysées à l’aune d’un travail perçu comme inévitablement pénible. Pourquoi ne pas aborder le travail sous l’angle de sa so...
La santé mentale au travail : pour une compréhension de cet enjeu de santé publique
La santé mentale au travail : pour une compréhension de cet enjeu de santé publique
Dans les pays occidentaux, les problèmes de santé mentale sont en croissance et représentent l'une des principales causes de morbidité de la population, avec une prévalence annuell...
A Militancy of Invidious Comparisons
A Militancy of Invidious Comparisons
This article examines the efforts to establish objective criteria in deciding on appropriate wage levels for non-professional service workers in Ontario’s hospital sector during th...
Éditorial
Éditorial
Chères adhérentes, chers adhérents, la sortie d’une Lettre est toujours un moment intense pour le comité de rédaction : alors que les relectures cèdent le pas à la véritable final...

Back to Top