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L'habitat insalubre dans le Grand Agadir (Maroc)
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L'habitat précaire dans le Grand Agadir a un caractère original, car il s'agit d'une ville entièrement neuve reconstruite sur une stratégie moderniste et volontariste après le séisme de 1960. L'évolution particulière de l'aire urbaine durant ces dernières décennies s'est traduite par un développement rapide de l'ensemble de ses centres enregistrant les taux d'accroissement les plus élevés du Maroc. Cette croissance exceptionnelle a engendré de nombreux problèmes dont le plus préoccupant est la prolifération des bidonvilles et des quartiers d'habitat clandestin. Actuellement, près d'un ménage sur cinq du Grand Agadir vit encore dans ces deux formes d'habitat. Le RGPH (2004) recense 10 331 baraques, abritant près de 18,3% de la population urbaine et 27 quartiers clandestins d'une superficie totale de 2539 hectares sur lesquels résident 36 966 ménages, soit environ 184 000 habitants. L'évolution de ces quartiers montre que les habitants s'y sont investis à la fois financièrement et affectivement. Loin d'être des lieux provisoires en marge des villes, ces quartiers constituent au contraire des parties non intégrées de l'urbain, comme en témoigne leur organisation spatiale et sociale et leur exclusion de tous les éléments de confort et d'intégration urbains (infrastructures, équipements socio-économiques). La particularité de ce phénomène réside dans le fait qu'il reprend les mêmes matériaux et les mêmes techniques de construction, mais se caractérise par la variété des couches sociales qui y résident et des typologies architecturales et urbanistiques. Les quartiers insalubres ont au moins deux points communs qui suffisent à les définir : d'une part, ce sont des "quartiers" de ville, des morceaux d'un espace dans lequel ils s'insèrent et, d'autre part, ils sont en bas de la hiérarchie urbaine : moins équipés, moins riches, moins attractifs. Ils cumulent les risques, l'exclusion, la marginalité et la pauvreté extrême. Ils représentent aussi un lei de tension et de résistance à toute tentative d'intégration et de régularisation par les pouvoirs publics. Ils se caractérisent aussi par leur dynamique ; ils s'imposent en effet, comme une composante active de la société urbaine. La population des quartiers insalubres produit un certain nombre de biens et de services consommés par la population de la ville formelle. Ces quartiers précaires produisent leurs propres équipements et participent dans la mesure de leurs possibilités à alimenter les caisses de l'État et des collectivités. Sans logis, sans emploi, sans sociabilité, les habitants sont aussi "sans voix", sans participation à la décision ou absents des politiques sociales de relogement. La "résorption" de l'habitat insalubre a toujours constitué une préoccupation pour l'État qui met tous ses moyens pour que cette forme d'habitation disparaisse de la ville. Ces gens souhaitent également un logement digne et une stratégie de RHI qui prend en considération leur mode de vie et leur situation sociale et économique. Ce travail de recherche analyse la problématique de l'habitat insalubre, dans ses aspects social, urbain et politique. Dans un premier temps, nous avons essayé de savoir comment les bidonvilles et l'habitat clandestin se sont développés en parallèle à la reconstruction. Dans un deuxième temps, nous avons étudié la structure interne des quartiers insalubres et illégaux en terme urbanistiques, sociaux et économiques, ainsi que les relations avec le reste de la ville, pour mesurer leur urbanité et leur intégration à celle-ci. A la fin de ce travail, nous avons analysé la politique de RHI dans ses stratégies et ses défauts, mais aussi les relations des habitants avec les pouvoirs publics
Title: L'habitat insalubre dans le Grand Agadir (Maroc)
Description:
L'habitat précaire dans le Grand Agadir a un caractère original, car il s'agit d'une ville entièrement neuve reconstruite sur une stratégie moderniste et volontariste après le séisme de 1960.
L'évolution particulière de l'aire urbaine durant ces dernières décennies s'est traduite par un développement rapide de l'ensemble de ses centres enregistrant les taux d'accroissement les plus élevés du Maroc.
Cette croissance exceptionnelle a engendré de nombreux problèmes dont le plus préoccupant est la prolifération des bidonvilles et des quartiers d'habitat clandestin.
Actuellement, près d'un ménage sur cinq du Grand Agadir vit encore dans ces deux formes d'habitat.
Le RGPH (2004) recense 10 331 baraques, abritant près de 18,3% de la population urbaine et 27 quartiers clandestins d'une superficie totale de 2539 hectares sur lesquels résident 36 966 ménages, soit environ 184 000 habitants.
L'évolution de ces quartiers montre que les habitants s'y sont investis à la fois financièrement et affectivement.
Loin d'être des lieux provisoires en marge des villes, ces quartiers constituent au contraire des parties non intégrées de l'urbain, comme en témoigne leur organisation spatiale et sociale et leur exclusion de tous les éléments de confort et d'intégration urbains (infrastructures, équipements socio-économiques).
La particularité de ce phénomène réside dans le fait qu'il reprend les mêmes matériaux et les mêmes techniques de construction, mais se caractérise par la variété des couches sociales qui y résident et des typologies architecturales et urbanistiques.
Les quartiers insalubres ont au moins deux points communs qui suffisent à les définir : d'une part, ce sont des "quartiers" de ville, des morceaux d'un espace dans lequel ils s'insèrent et, d'autre part, ils sont en bas de la hiérarchie urbaine : moins équipés, moins riches, moins attractifs.
Ils cumulent les risques, l'exclusion, la marginalité et la pauvreté extrême.
Ils représentent aussi un lei de tension et de résistance à toute tentative d'intégration et de régularisation par les pouvoirs publics.
Ils se caractérisent aussi par leur dynamique ; ils s'imposent en effet, comme une composante active de la société urbaine.
La population des quartiers insalubres produit un certain nombre de biens et de services consommés par la population de la ville formelle.
Ces quartiers précaires produisent leurs propres équipements et participent dans la mesure de leurs possibilités à alimenter les caisses de l'État et des collectivités.
Sans logis, sans emploi, sans sociabilité, les habitants sont aussi "sans voix", sans participation à la décision ou absents des politiques sociales de relogement.
La "résorption" de l'habitat insalubre a toujours constitué une préoccupation pour l'État qui met tous ses moyens pour que cette forme d'habitation disparaisse de la ville.
Ces gens souhaitent également un logement digne et une stratégie de RHI qui prend en considération leur mode de vie et leur situation sociale et économique.
Ce travail de recherche analyse la problématique de l'habitat insalubre, dans ses aspects social, urbain et politique.
Dans un premier temps, nous avons essayé de savoir comment les bidonvilles et l'habitat clandestin se sont développés en parallèle à la reconstruction.
Dans un deuxième temps, nous avons étudié la structure interne des quartiers insalubres et illégaux en terme urbanistiques, sociaux et économiques, ainsi que les relations avec le reste de la ville, pour mesurer leur urbanité et leur intégration à celle-ci.
A la fin de ce travail, nous avons analysé la politique de RHI dans ses stratégies et ses défauts, mais aussi les relations des habitants avec les pouvoirs publics.
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