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La forma aperta in Helmuth Plessner : per un'architettura eccentrica

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La forme ouverte chez Helmuth Plessner. Pour une architecture excentrique. La thèse analyse les écrits d’Helmuth Plessner avant son exil d’Allemagne (1933) pour éclairer sa contribution au débat sur la forme dans l’architecture allemande du début du XXe siècle. Elle commence par reconstituer le contexte intellectuel et historique dans lequel s’inscrit sa réflexion, notamment à travers l’analyse plessnérienne de l’impact de l’industrialisation sur le nouvel État allemand et sur l’époque de Weimar. Critiquant les positions radicales de nombreux contemporains, Plessner attribue une part centrale à l’incapacité de saisir l’«essence» de la technique comme facteur clé de la crise culturelle, politique et sociale de l’époque. Il préconise ainsi la recherche d’un nouvel équilibre avec les conditions matérielles de l’existence, par la création de nouvelles valeurs culturelles et formes esthétiques. Dans un article méconnu consacré à la philosophie de l’histoire de l’art, Plessner s’inscrit dans le débat sur le concept de style, critiquant les Kunstwissenschaften ainsi que le rejet de la forme prôné par la peinture expressionniste et abstraite. Il fonde sa critique sur une exploration de la multiplicité qualitative de la nature, qui permet, selon lui, de dépasser les dichotomies entre corps et esprit, entre nature et culture, tout en s’opposant à l’hégémonie technoscientifique sur les modes de connaissance. Dans ce cadre, l’architecture apparaît comme un domaine articulant l’exigence d’une réponse fonctionnelle aux usages techniques et une liberté esthétique et formelle. Le corps joue un rôle central, car le mouvement humain permet une perception dynamique de l’espace tridimensionnel, à la fois comme surface orientée vers l’observateur et comme espace enveloppant. La philosophie de l’architecture plessnérienne s’appuie également sur l’anthropologie philosophique qu’il élabora en 1928. La notion de forme vivante y est fondatrice : elle incarne une tension entre Gestalt (la stabilité d’une forme) et Gestaltung (le dépassement constant), traduisant chez l’humain une dialectique entre la clôture dans un environnement culturel et l’ouverture au monde en tant qu’irréductibilité du réel à ses multiples formes. L’architecture moderne, notamment celle de Mies van der Rohe, s’est révélée réceptive à ces influences issues des biologies philosophiques de l’époque. La quête d’une nouvelle forme, conciliant art et technique grâce aux moyens industriels, s’est nourrie des formes organiques récemment redéfinies. La conférence de Plessner sur la renaissance de la forme à l’époque de la technique industrielle, qui constitue le pivot de cette thèse, s’inscrit donc dans ce contexte en proposant la solution formelle de la « forme ouverte ». Cette notion résonne à la fois avec la conception plessnérienne de l’organisation des plantes – pensée conjointement avec Hans Driesch – et avec l’herméneutique historique inspirée par Wilhelm Dilthey.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: La forma aperta in Helmuth Plessner : per un'architettura eccentrica
Description:
La forme ouverte chez Helmuth Plessner.
Pour une architecture excentrique.
La thèse analyse les écrits d’Helmuth Plessner avant son exil d’Allemagne (1933) pour éclairer sa contribution au débat sur la forme dans l’architecture allemande du début du XXe siècle.
Elle commence par reconstituer le contexte intellectuel et historique dans lequel s’inscrit sa réflexion, notamment à travers l’analyse plessnérienne de l’impact de l’industrialisation sur le nouvel État allemand et sur l’époque de Weimar.
Critiquant les positions radicales de nombreux contemporains, Plessner attribue une part centrale à l’incapacité de saisir l’«essence» de la technique comme facteur clé de la crise culturelle, politique et sociale de l’époque.
Il préconise ainsi la recherche d’un nouvel équilibre avec les conditions matérielles de l’existence, par la création de nouvelles valeurs culturelles et formes esthétiques.
Dans un article méconnu consacré à la philosophie de l’histoire de l’art, Plessner s’inscrit dans le débat sur le concept de style, critiquant les Kunstwissenschaften ainsi que le rejet de la forme prôné par la peinture expressionniste et abstraite.
Il fonde sa critique sur une exploration de la multiplicité qualitative de la nature, qui permet, selon lui, de dépasser les dichotomies entre corps et esprit, entre nature et culture, tout en s’opposant à l’hégémonie technoscientifique sur les modes de connaissance.
Dans ce cadre, l’architecture apparaît comme un domaine articulant l’exigence d’une réponse fonctionnelle aux usages techniques et une liberté esthétique et formelle.
Le corps joue un rôle central, car le mouvement humain permet une perception dynamique de l’espace tridimensionnel, à la fois comme surface orientée vers l’observateur et comme espace enveloppant.
La philosophie de l’architecture plessnérienne s’appuie également sur l’anthropologie philosophique qu’il élabora en 1928.
La notion de forme vivante y est fondatrice : elle incarne une tension entre Gestalt (la stabilité d’une forme) et Gestaltung (le dépassement constant), traduisant chez l’humain une dialectique entre la clôture dans un environnement culturel et l’ouverture au monde en tant qu’irréductibilité du réel à ses multiples formes.
L’architecture moderne, notamment celle de Mies van der Rohe, s’est révélée réceptive à ces influences issues des biologies philosophiques de l’époque.
La quête d’une nouvelle forme, conciliant art et technique grâce aux moyens industriels, s’est nourrie des formes organiques récemment redéfinies.
La conférence de Plessner sur la renaissance de la forme à l’époque de la technique industrielle, qui constitue le pivot de cette thèse, s’inscrit donc dans ce contexte en proposant la solution formelle de la « forme ouverte ».
Cette notion résonne à la fois avec la conception plessnérienne de l’organisation des plantes – pensée conjointement avec Hans Driesch – et avec l’herméneutique historique inspirée par Wilhelm Dilthey.

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