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Le phénomène politique dans l’oeuvre de Leo Strauss

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Leo Strauss nous dispose de bien des manières à attendre de son œuvre une philosophie politique forte et originale. Il nous y dispose en premier lieu par sa critique vigoureuse de la sociologie et de l’historicisme, et par sa défense non moins vigoureuse de la philosophie et de la possibilité de la philosophie politique. Il nous y dispose par-dessus tout par la manière dont il rend compte, dans ses introductions notamment, de l’impulsion de sa recherche : constatant une crise sans précédent dans les sociétés libérales et dans le rationalisme moderne constitutif de ces sociétés, Strauss nous invite à retrouver chez les Anciens une compréhension adéquate des phénomènes politiques, et un rationalisme qui soit pour ainsi dire fidèle à la condition politique de l’homme. D’un autre côté pourtant, son œuvre nous semble toujours nous dérober cette élucidation des choses politiques. Strauss ne dit en particulier rien des régimes, des partis, des guerres, des nations qui animèrent si violemment la politique moderne. Il ne semble considérer cette dernière qu’aux lumières de sa pointe nihiliste ou relativiste d’un côté, et de son origine dans les projets des premiers philosophes modernes – Machiavel, Hobbes, Spinoza. Et lorsqu’il revient aux Anciens, il nous livre des commentaires si pointus et si attentifs de leurs œuvres, qu’il décourage toute tentative d’en extraire des considérations plus générales. Il est vrai qu’il nous livre également des exposés généraux sur la philosophie politique classique, qu’il caractérise notamment par ces deux traits : sa fidélité à la perspective citoyenne sur les choses politiques, et l’attention centrale qu’elle porte à la question du régime. Mais comment se fait-il que le philosophe qui ne nous dise quasiment rien des régimes dans la politique moderne nous intéresse par ailleurs par-dessus tout à la question des régimes ? N’est-ce pas que son portrait paradoxal de la modernité, loin d’être dû à un oubli du politique, est en fait la contrepartie d’une réflexion sur la politique ? N’a-t-il pas pensé que la modernité se caractérisait précisément par un éloignement toujours plus décidé de la condition politique de l’homme ? Dans ce cas, en dépit de notre perplexité, il doit bel et bien y avoir une compréhension straussienne des choses politiques, que l’on doit pouvoir extraire de son œuvre. Quelle est cette compréhension et comment devons-nous en juger ? Telles sont les questions de cette thèse, qui se déploie en deux grandes parties : I. L’analyse straussienne de la politique moderne II. Le phénomène politique dans la philosophie politique classique. Nous avons ainsi soumis l’œuvre de Leo Strauss à un questionnement sur la nature des choses politiques, en trouvant chez d’autres auteurs tels Claude Lefort, Eric Voegelin, Aurel Kolnai et Pierre Manent, de quoi nourrir ce questionnement et mettre en perspective l’approche de Strauss.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Le phénomène politique dans l’oeuvre de Leo Strauss
Description:
Leo Strauss nous dispose de bien des manières à attendre de son œuvre une philosophie politique forte et originale.
Il nous y dispose en premier lieu par sa critique vigoureuse de la sociologie et de l’historicisme, et par sa défense non moins vigoureuse de la philosophie et de la possibilité de la philosophie politique.
Il nous y dispose par-dessus tout par la manière dont il rend compte, dans ses introductions notamment, de l’impulsion de sa recherche : constatant une crise sans précédent dans les sociétés libérales et dans le rationalisme moderne constitutif de ces sociétés, Strauss nous invite à retrouver chez les Anciens une compréhension adéquate des phénomènes politiques, et un rationalisme qui soit pour ainsi dire fidèle à la condition politique de l’homme.
D’un autre côté pourtant, son œuvre nous semble toujours nous dérober cette élucidation des choses politiques.
Strauss ne dit en particulier rien des régimes, des partis, des guerres, des nations qui animèrent si violemment la politique moderne.
Il ne semble considérer cette dernière qu’aux lumières de sa pointe nihiliste ou relativiste d’un côté, et de son origine dans les projets des premiers philosophes modernes – Machiavel, Hobbes, Spinoza.
Et lorsqu’il revient aux Anciens, il nous livre des commentaires si pointus et si attentifs de leurs œuvres, qu’il décourage toute tentative d’en extraire des considérations plus générales.
Il est vrai qu’il nous livre également des exposés généraux sur la philosophie politique classique, qu’il caractérise notamment par ces deux traits : sa fidélité à la perspective citoyenne sur les choses politiques, et l’attention centrale qu’elle porte à la question du régime.
Mais comment se fait-il que le philosophe qui ne nous dise quasiment rien des régimes dans la politique moderne nous intéresse par ailleurs par-dessus tout à la question des régimes ? N’est-ce pas que son portrait paradoxal de la modernité, loin d’être dû à un oubli du politique, est en fait la contrepartie d’une réflexion sur la politique ? N’a-t-il pas pensé que la modernité se caractérisait précisément par un éloignement toujours plus décidé de la condition politique de l’homme ? Dans ce cas, en dépit de notre perplexité, il doit bel et bien y avoir une compréhension straussienne des choses politiques, que l’on doit pouvoir extraire de son œuvre.
Quelle est cette compréhension et comment devons-nous en juger ? Telles sont les questions de cette thèse, qui se déploie en deux grandes parties : I.
L’analyse straussienne de la politique moderne II.
Le phénomène politique dans la philosophie politique classique.
Nous avons ainsi soumis l’œuvre de Leo Strauss à un questionnement sur la nature des choses politiques, en trouvant chez d’autres auteurs tels Claude Lefort, Eric Voegelin, Aurel Kolnai et Pierre Manent, de quoi nourrir ce questionnement et mettre en perspective l’approche de Strauss.

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