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L'expression du Moi dans le "Journal" de Julien Green (1943-1954)

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Socrate prônait, jadis, la connaissance de soi comme l’un des fondements de la sagesse. Aujourd’hui, l’Homme tourmenté par son existence, se livre encore à cette étude du moi : c’est le cas de Julien Green qui, depuis son enfance, pose la question de son identité : « Depuis ma jeunesse, j’ai été préoccupé par le mystère de l’identité […] Je me demande […] si nous savons qui nous sommes ». Si Julien Green s'interroge avec tant d'avidité sur lui-même, c'est que sa situation est mise en question et qu'il lui faut retrouver les assises d'un nouvel équilibre dans un monde où il se sent parfois étranger. Il n'est pas sûr qu'il les ait trouvées, mais il est certain que le Journal intime, en tant que genre pratiqué et reconnu, exprime l'interrogation de l'individu face à lui-même et face à sa position dans le monde : « Le journal que je me propose de tenir le plus régulièrement qu’il me sera possible m’aidera, je crois, à voir plus clair en moi-même. » Ces pages du Journal nous permettent donc de pénétrer les arcanes de son imaginaire, de plonger avec lui dans son monde intérieur et de comprendre par empathie le drame spirituel qui déchire son être. Julien Green est perpétuellement en lutte contre lui-même, contre un moi désirant et un moi qui refuse de succomber aux flammes de son homosexualité. Si son âme est avide de spiritualité, son corps, lui, est à l’affût du plaisir charnel. Il lui faut, spirituellement, choisir entre Dieu et le profane du quotidien. C’est ce déchirement de l’être incapable de choisir entre deux réalités qui habite Julien Green. Malgré cette souffrance, le Journal de Green n’est pas l’œuvre d’un esprit pessimiste. Le diariste peut être triste et nostalgique d’un ailleurs, mais il a une exceptionnelle aptitude au bonheur. En effet, le bonheur triomphant de vivre, d’aimer et d’écrire ; la certitude de l’amour divin et de la foi qui dominent le Journal procure à son auteur, au-delà des angoisses, une forme de bien-être. L’œuvre de Green s’inscrit au nombre de celles qui font voir « qu’à travers toute vie il y a le fil d’or de l’amour de Dieu . »
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: L'expression du Moi dans le "Journal" de Julien Green (1943-1954)
Description:
Socrate prônait, jadis, la connaissance de soi comme l’un des fondements de la sagesse.
Aujourd’hui, l’Homme tourmenté par son existence, se livre encore à cette étude du moi : c’est le cas de Julien Green qui, depuis son enfance, pose la question de son identité : « Depuis ma jeunesse, j’ai été préoccupé par le mystère de l’identité […] Je me demande […] si nous savons qui nous sommes ».
Si Julien Green s'interroge avec tant d'avidité sur lui-même, c'est que sa situation est mise en question et qu'il lui faut retrouver les assises d'un nouvel équilibre dans un monde où il se sent parfois étranger.
Il n'est pas sûr qu'il les ait trouvées, mais il est certain que le Journal intime, en tant que genre pratiqué et reconnu, exprime l'interrogation de l'individu face à lui-même et face à sa position dans le monde : « Le journal que je me propose de tenir le plus régulièrement qu’il me sera possible m’aidera, je crois, à voir plus clair en moi-même.
» Ces pages du Journal nous permettent donc de pénétrer les arcanes de son imaginaire, de plonger avec lui dans son monde intérieur et de comprendre par empathie le drame spirituel qui déchire son être.
Julien Green est perpétuellement en lutte contre lui-même, contre un moi désirant et un moi qui refuse de succomber aux flammes de son homosexualité.
Si son âme est avide de spiritualité, son corps, lui, est à l’affût du plaisir charnel.
Il lui faut, spirituellement, choisir entre Dieu et le profane du quotidien.
C’est ce déchirement de l’être incapable de choisir entre deux réalités qui habite Julien Green.
Malgré cette souffrance, le Journal de Green n’est pas l’œuvre d’un esprit pessimiste.
Le diariste peut être triste et nostalgique d’un ailleurs, mais il a une exceptionnelle aptitude au bonheur.
En effet, le bonheur triomphant de vivre, d’aimer et d’écrire ; la certitude de l’amour divin et de la foi qui dominent le Journal procure à son auteur, au-delà des angoisses, une forme de bien-être.
L’œuvre de Green s’inscrit au nombre de celles qui font voir « qu’à travers toute vie il y a le fil d’or de l’amour de Dieu .
».

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