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Mind-wandering, rumination et sensibilité à l'exclusion sociale dans le risque dépressif : marqueurs comportementaux et EEG
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Le trouble dépressif de l’humeur est un trouble fréquent avec un retentissement majeur aussi bien au niveau individuel que sociétal. Le caractère récurrent de ce trouble est particulièrement en jeu dans cet impact, en effet dès le premier épisode, puis à chaque nouvel épisode dépressif le risque de récurrence augmente. L’étude des facteurs de risque et des mécanismes qui sous-tendent cette récurrence est donc primordiale pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques préventives. Nous commençons ce travail par une revue introductive qui aborde les différents concepts étudiés ensuite expérimentalement et leurs principales bases neurales. Nous y introduisons d’abord le trouble dépressif et son caractère récurrent, puis le vagabondage de l’esprit (mind-wandering – MW) et sa forme altérée maladaptative, la rumination, symptôme clé du trouble dépressif et du risque de récurrence. Nous évoquons ensuite le rôle de la sensibilité au rejet social dans ce risque de récurrence. Les thérapeutiques préventives existantes sont également succintement décrites, l’objet global de ce travail étant d’identifier des marqueurs du risque de récidive dépressive pouvant constituer de nouvelles cibles pour des interventions de prévention. L’hypothèse générale est que chez les sujets à risque de dépression, et d’autant plus après une situation de stress social, le MW est différent en terme quantitatif et/ou qualitatif, et avec une signature neurale différente. Dans la 1e partie expérimentale, nous avons étudié en comportement le MW chez un groupe dysphorique, présentant des symptômes dépressifs sans épisode caractérisé, comparé à un groupe témoin. Nous avons pu identifier une plus grande focalisation sur les pensées du MW dans le groupe dysphorique versus contrôle, sans différence quantitative entre les groupes. Les caractéristiques des pensées (orientation temporelle, point de vue, spécificité de la pensée, valence émotionnelle) n’étaient pas significativement différentes entre les groupes. La 2e et la 3e partie sont issues d’une même expérience, traitée d’abord sur son versant comportemental puis sur celui des données électroencéphalographiques (EEG) recueillies. Nous nous y intéressons à un groupe à risque de récidive dépressive (ARDR - présentant ≥ 2 antécédents d’épisode dépressif) et un groupe contrôle, pour lesquels nous enregistrons les caractéristiques subjectives des pensées au cours d’une tâche répétée d’attention soutenue. Les participants sont aussi exposés à une situation d’exclusion sociale visant à induire une modulation du MW dans le groupe ARDR. Dans la deuxième partie, les données comportementales collectées nous ont permis de distinguer une structure de pensée différente sur un plan dimensionnel. Plus précisément, nous avons observé que la tendance à penser en référence à soi était fortement corrélée à la valence émotionnelle des pensées dans le groupe ARDR, tandis que cette corrélation n'était pas présente dans le groupe témoin. Après exposition à la condition exclusion, cette corrélation est d’autant plus marquée dans le groupe ARDR alors que la structure ne change pas pour le groupe contrôle. Dans la troisième partie, la méthode d’analyse des données EEG en lien avec l’auto-évaluation des pensées fait l’objet d’une discussion approfondie. Ces données sont analysées avec des hypothèses basées sur la littérature : une puissance alpha frontale et/ou occipitale ainsi qu’un ratio theta/beta frontal majorés lors du MW. Les résultats ne permettent pas de conclure mais les données feront l’objet d’analyses complémentaires au delà de la thèse. Les résultats globaux montrent des différences de caractéristiques et de structure de base du MW chez des sujets dysphoriques comme chez des sujets ARDR. Chez ces derniers la structure est aussi modifiée en réponse au stress social. Les troubles du contrôle attentionnel lors des taches attention soutenues caractérisent et contribuent aux risques de récurrence dépressive.
Title: Mind-wandering, rumination et sensibilité à l'exclusion sociale dans le risque dépressif : marqueurs comportementaux et EEG
Description:
Le trouble dépressif de l’humeur est un trouble fréquent avec un retentissement majeur aussi bien au niveau individuel que sociétal.
Le caractère récurrent de ce trouble est particulièrement en jeu dans cet impact, en effet dès le premier épisode, puis à chaque nouvel épisode dépressif le risque de récurrence augmente.
L’étude des facteurs de risque et des mécanismes qui sous-tendent cette récurrence est donc primordiale pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques préventives.
Nous commençons ce travail par une revue introductive qui aborde les différents concepts étudiés ensuite expérimentalement et leurs principales bases neurales.
Nous y introduisons d’abord le trouble dépressif et son caractère récurrent, puis le vagabondage de l’esprit (mind-wandering – MW) et sa forme altérée maladaptative, la rumination, symptôme clé du trouble dépressif et du risque de récurrence.
Nous évoquons ensuite le rôle de la sensibilité au rejet social dans ce risque de récurrence.
Les thérapeutiques préventives existantes sont également succintement décrites, l’objet global de ce travail étant d’identifier des marqueurs du risque de récidive dépressive pouvant constituer de nouvelles cibles pour des interventions de prévention.
L’hypothèse générale est que chez les sujets à risque de dépression, et d’autant plus après une situation de stress social, le MW est différent en terme quantitatif et/ou qualitatif, et avec une signature neurale différente.
Dans la 1e partie expérimentale, nous avons étudié en comportement le MW chez un groupe dysphorique, présentant des symptômes dépressifs sans épisode caractérisé, comparé à un groupe témoin.
Nous avons pu identifier une plus grande focalisation sur les pensées du MW dans le groupe dysphorique versus contrôle, sans différence quantitative entre les groupes.
Les caractéristiques des pensées (orientation temporelle, point de vue, spécificité de la pensée, valence émotionnelle) n’étaient pas significativement différentes entre les groupes.
La 2e et la 3e partie sont issues d’une même expérience, traitée d’abord sur son versant comportemental puis sur celui des données électroencéphalographiques (EEG) recueillies.
Nous nous y intéressons à un groupe à risque de récidive dépressive (ARDR - présentant ≥ 2 antécédents d’épisode dépressif) et un groupe contrôle, pour lesquels nous enregistrons les caractéristiques subjectives des pensées au cours d’une tâche répétée d’attention soutenue.
Les participants sont aussi exposés à une situation d’exclusion sociale visant à induire une modulation du MW dans le groupe ARDR.
Dans la deuxième partie, les données comportementales collectées nous ont permis de distinguer une structure de pensée différente sur un plan dimensionnel.
Plus précisément, nous avons observé que la tendance à penser en référence à soi était fortement corrélée à la valence émotionnelle des pensées dans le groupe ARDR, tandis que cette corrélation n'était pas présente dans le groupe témoin.
Après exposition à la condition exclusion, cette corrélation est d’autant plus marquée dans le groupe ARDR alors que la structure ne change pas pour le groupe contrôle.
Dans la troisième partie, la méthode d’analyse des données EEG en lien avec l’auto-évaluation des pensées fait l’objet d’une discussion approfondie.
Ces données sont analysées avec des hypothèses basées sur la littérature : une puissance alpha frontale et/ou occipitale ainsi qu’un ratio theta/beta frontal majorés lors du MW.
Les résultats ne permettent pas de conclure mais les données feront l’objet d’analyses complémentaires au delà de la thèse.
Les résultats globaux montrent des différences de caractéristiques et de structure de base du MW chez des sujets dysphoriques comme chez des sujets ARDR.
Chez ces derniers la structure est aussi modifiée en réponse au stress social.
Les troubles du contrôle attentionnel lors des taches attention soutenues caractérisent et contribuent aux risques de récurrence dépressive.
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