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Microfinance et développement des capabilités : le cas du Maroc

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Cette thèse étudie, dans le contexte marocain et dans le cadre des approches théoriques d’ Amartya Sen et de Martha Nussbaum, les conditions nécessaires pour que la microfinance contribue mieux au développement des capabilités individuelles et collectives des populations défavorisées qu’elle sert. En articulant plusieurs niveaux d’analyse, ces conditions sont appréciées au niveau des environnements socio-économique et institutionnel, à celui des business models et des pratiques des institutions de microfinance (IMF), aussi bien qu’à celui des situations des clients, considérés individuellement et collectivement.La recherche empirique s’appuie sur une étude multi-cas portant sur les IMF, couplée à une enquête auprès des clients de la microfinance, des régulateurs, des financeurs. Elle procède par entretiens semi-directifs, études documentaires et observations.Une analyse approfondie du champ étudié révèle l’existence de tendances dominantes en faveur d’une évolution de la microfinance marocaine vers une orientation de type « Trade not aid », soutenue par les grandes IMF dont la légitimité et le pouvoir se fondent sur la détention d’un capital économique, qui fait défaut aux plus petites. Ces dernières, dont le projet initial est plus inclusif, ne peuvent servir durablement leurs clients en dehors d’un modèle subventionné pensé dans le cadre d’une vision de type « Trade and aid ». Aucune des IMF ne développe l’accompagnement systématisé qui serait nécessaire à certains des clients.Si la microfinance réussit à améliorer (parfois provisoirement) les revenus de ses clients, elle développe des capabilités différenciées selon les différents profils de clients qu’une analyse typologique permet d’identifier. Les « serial entrepreneurs », le plus souvent des femmes en milieu urbain, utilisent la microfinance pour des investissements productifs et développent de véritables capabilités entrepreneuriales mais souffrent de montants de prêts trop faibles et de taux trop élevés. Pour le type « entrepreneurs de nécessité » qui comble grâce à la microfinance le besoin en fonds de roulement d’une activité commerciale informelle existante et présente parfois des difficultés de remboursement, on observe un moindre développement des capabilités au – delà d’une amélioration des revenus. Cependant, à l’intérieur d’un groupe solidaire et accompagnés, ces clients s’émancipent progressivement. Quant aux deux autres types, les « imitateurs » et les « dévoyeurs », leur recours à la microfinance ne semble pas contribuer à développer des capabilités, au contraire ce recours les entraine parfois vers des situations défavorables.De toute manière, les IMF ne semblent pas en mesure d’accompagner les plus pauvres parmi les pauvres. Seule une évolution du champ, alliant services publics, subventions et la microfinance comme incitation au développement des capabilités entrepreneuriales, ainsi que des IMF évaluées (et financées) en fonction de résultats sociaux, semble à même de remplir la mission, trop souvent allouée à la seule microfinance, de lutte de grande échelle contre la pauvreté.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Microfinance et développement des capabilités : le cas du Maroc
Description:
Cette thèse étudie, dans le contexte marocain et dans le cadre des approches théoriques d’ Amartya Sen et de Martha Nussbaum, les conditions nécessaires pour que la microfinance contribue mieux au développement des capabilités individuelles et collectives des populations défavorisées qu’elle sert.
En articulant plusieurs niveaux d’analyse, ces conditions sont appréciées au niveau des environnements socio-économique et institutionnel, à celui des business models et des pratiques des institutions de microfinance (IMF), aussi bien qu’à celui des situations des clients, considérés individuellement et collectivement.
La recherche empirique s’appuie sur une étude multi-cas portant sur les IMF, couplée à une enquête auprès des clients de la microfinance, des régulateurs, des financeurs.
Elle procède par entretiens semi-directifs, études documentaires et observations.
Une analyse approfondie du champ étudié révèle l’existence de tendances dominantes en faveur d’une évolution de la microfinance marocaine vers une orientation de type « Trade not aid », soutenue par les grandes IMF dont la légitimité et le pouvoir se fondent sur la détention d’un capital économique, qui fait défaut aux plus petites.
Ces dernières, dont le projet initial est plus inclusif, ne peuvent servir durablement leurs clients en dehors d’un modèle subventionné pensé dans le cadre d’une vision de type « Trade and aid ».
Aucune des IMF ne développe l’accompagnement systématisé qui serait nécessaire à certains des clients.
Si la microfinance réussit à améliorer (parfois provisoirement) les revenus de ses clients, elle développe des capabilités différenciées selon les différents profils de clients qu’une analyse typologique permet d’identifier.
Les « serial entrepreneurs », le plus souvent des femmes en milieu urbain, utilisent la microfinance pour des investissements productifs et développent de véritables capabilités entrepreneuriales mais souffrent de montants de prêts trop faibles et de taux trop élevés.
Pour le type « entrepreneurs de nécessité » qui comble grâce à la microfinance le besoin en fonds de roulement d’une activité commerciale informelle existante et présente parfois des difficultés de remboursement, on observe un moindre développement des capabilités au – delà d’une amélioration des revenus.
Cependant, à l’intérieur d’un groupe solidaire et accompagnés, ces clients s’émancipent progressivement.
Quant aux deux autres types, les « imitateurs » et les « dévoyeurs », leur recours à la microfinance ne semble pas contribuer à développer des capabilités, au contraire ce recours les entraine parfois vers des situations défavorables.
De toute manière, les IMF ne semblent pas en mesure d’accompagner les plus pauvres parmi les pauvres.
Seule une évolution du champ, alliant services publics, subventions et la microfinance comme incitation au développement des capabilités entrepreneuriales, ainsi que des IMF évaluées (et financées) en fonction de résultats sociaux, semble à même de remplir la mission, trop souvent allouée à la seule microfinance, de lutte de grande échelle contre la pauvreté.

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