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XXXI.—Colline de Sacrifices de Chavannes sur le Veyron. Décrite par Frédéric Troyon. Communicated through John Yonge Akerman, Esq. Secretary
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Les habitants de Chavannes ont conservé une ancienne tradition d'après laquelle les payens sacrifiaient autrefois à leurs dieux sur la Motte du Châtelard, située près du village, au bord d'un précipice accidenté au fond duquel est le torrent du Veyron. Jusq'à ces dernières années, on voyait sur le lieu attribué aux sacrifices une colline artificielle, de la forme d'un mamelon arrondi, haute de 22′ sur 114 de diamêtre à sa base, et entourée de deux fossés, disposes en cercles concentriques, qui mesuraient chacun 35′ d'ouverture sur 10 de profondeur; ces fossés étaient séparés l'un de l'autre par une bande de terrain de 40′ de largeur, légèrement exhaussée au-dessus du sol environnant. Les frères Bettens, voulant rendre à la culture cette partie de leur domaine, ont rejeté dans les fossés la terre du mamelon, en pratiquant sur celui-ci des coupes verticales qui m'ont permis d'examiner avec soin l'intérieur de ce monticule. A la base, l'aire de la colline était couverte d'une couche de eendres et de charbons de 8 à 10″ d'épaisseur, sur laquelle reposait un lit de cailloux roulés et de terre argileuse. Au-dessus, venait un nouveau lit de eendres et de charbons, recouvert de terre, et ces couches alternatives se reproduisaient jusqu'au sommet du mamelon. Il est cependant à remarquer que les lits de eendres et de charbons, disposés en 7 à 8 étages irréguliers, ne présentaient pas tous l'épaisseur et la continuité de la couche inférieure. Les lits supérieurs étaient souvent interrompus et quelquefois sépares par des cavités d'autant plus surprenantes que la terre, qui en formait les parois, n'était soutenue par aucun corps solide (PI. XVII. fig. 1. D.); il est probable qu'une matière décomposable a facilité la formation de ces vides, difficiles du reste à expliquer d'une manière satisfaisante. Les tranchées verticales ont mis à jour la composition des couches, dont la couleur variait du noir au gris et au rouge, suivant qu'il y avait eu sur un point ou sur un autre accumulation de charbons, de cendres ou de terre brûlée. Ces divers foyers étaient separés par des couches de 2′ à 8′ d'épaisseur, d'une terre argileuse extrêmement compacte, tandis que le sommet de la colline était formé d'un lit de terre végétale de 2′ d'épaisseur.
Title: XXXI.—Colline de Sacrifices de Chavannes sur le Veyron. Décrite par Frédéric Troyon. Communicated through John Yonge Akerman, Esq. Secretary
Description:
Les habitants de Chavannes ont conservé une ancienne tradition d'après laquelle les payens sacrifiaient autrefois à leurs dieux sur la Motte du Châtelard, située près du village, au bord d'un précipice accidenté au fond duquel est le torrent du Veyron.
Jusq'à ces dernières années, on voyait sur le lieu attribué aux sacrifices une colline artificielle, de la forme d'un mamelon arrondi, haute de 22′ sur 114 de diamêtre à sa base, et entourée de deux fossés, disposes en cercles concentriques, qui mesuraient chacun 35′ d'ouverture sur 10 de profondeur; ces fossés étaient séparés l'un de l'autre par une bande de terrain de 40′ de largeur, légèrement exhaussée au-dessus du sol environnant.
Les frères Bettens, voulant rendre à la culture cette partie de leur domaine, ont rejeté dans les fossés la terre du mamelon, en pratiquant sur celui-ci des coupes verticales qui m'ont permis d'examiner avec soin l'intérieur de ce monticule.
A la base, l'aire de la colline était couverte d'une couche de eendres et de charbons de 8 à 10″ d'épaisseur, sur laquelle reposait un lit de cailloux roulés et de terre argileuse.
Au-dessus, venait un nouveau lit de eendres et de charbons, recouvert de terre, et ces couches alternatives se reproduisaient jusqu'au sommet du mamelon.
Il est cependant à remarquer que les lits de eendres et de charbons, disposés en 7 à 8 étages irréguliers, ne présentaient pas tous l'épaisseur et la continuité de la couche inférieure.
Les lits supérieurs étaient souvent interrompus et quelquefois sépares par des cavités d'autant plus surprenantes que la terre, qui en formait les parois, n'était soutenue par aucun corps solide (PI.
XVII.
fig.
1.
D.
); il est probable qu'une matière décomposable a facilité la formation de ces vides, difficiles du reste à expliquer d'une manière satisfaisante.
Les tranchées verticales ont mis à jour la composition des couches, dont la couleur variait du noir au gris et au rouge, suivant qu'il y avait eu sur un point ou sur un autre accumulation de charbons, de cendres ou de terre brûlée.
Ces divers foyers étaient separés par des couches de 2′ à 8′ d'épaisseur, d'une terre argileuse extrêmement compacte, tandis que le sommet de la colline était formé d'un lit de terre végétale de 2′ d'épaisseur.
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