Javascript must be enabled to continue!
Du vernaculaire à la déprise d'oeuvre : Urbanisme, architecture, design
View through CrossRef
Cette thèse a pour point de départ le constat de l’émergence de revendications vernaculaires dans le champ urbain « alternatif » (Paquot, 2012 ; Béal & Rousseau, 2014) contemporain, en urbanisme, paysage, architecture et design. Des néologismes récents semblent empreints de tautologies et de paradoxes : on parle « d’urbanisme convivial » (Grünig, 2013), de « vernaculaire contemporain » ou de « nouveau vernaculaire »(Frey, 2010). Une première étude terminologique autour du vernaculaire dévoilera une étymologie fondamentalement dialectique et relative : ce mot savant désigne l’aspect populaire des choses – noms communs, pratiques ordinaires, savoirs non-doctes. Mais la géohistoire du vernaculaire révèle surtout sa subversivité latente, confirmant là sa place dans le champ des alternatives. C’est à partir des concepts de « travail fantôme » et de « genre vernaculaire » (Illich, 1983), que nous établirons que le terme est apparu lorsque la chose a disparu. Une dépossession (des savoirs, des techniques, des biens communs, des modes de faire) se lit au creux des révolutions industrielles (Giedion, 1980) et des mutations des pratiques de subsistance, désormais reléguées au champ des loisirs (Corbin, 2009). Le terme est donc intimement lié à un caractère revendicatif, de reprise, qui n’est pas sans écho avec un type de pratiques critiques en design : être contre, tout contre (Papanek, 1974). C’est alors par l’analyse de différents types de reprises récentes, posant les esquisses d’un paysage existentiel du vernaculaire (Jackson, 1984), que nous proposons l’idée de déprise d’œuvre, déployant les paradigmes d’un urbain soutenable. Dans un contexte de déprise urbaine qui la voit apparaître, la déprise d’œuvre répond à la maîtrise d’œuvre, par la quête du recouvrement des savoirs qu’aura révélé le vernaculaire : faire, laisser faire, faire faire. Nourrie d’improvisation, de processus et d’expérience (Zask, 2011), cette attitude affirme finalement le rôle de vecteur rhétorique et mobilisateur que joue le vernaculaire dans la réinvention de pratiques urbaines
Title: Du vernaculaire à la déprise d'oeuvre : Urbanisme, architecture, design
Description:
Cette thèse a pour point de départ le constat de l’émergence de revendications vernaculaires dans le champ urbain « alternatif » (Paquot, 2012 ; Béal & Rousseau, 2014) contemporain, en urbanisme, paysage, architecture et design.
Des néologismes récents semblent empreints de tautologies et de paradoxes : on parle « d’urbanisme convivial » (Grünig, 2013), de « vernaculaire contemporain » ou de « nouveau vernaculaire »(Frey, 2010).
Une première étude terminologique autour du vernaculaire dévoilera une étymologie fondamentalement dialectique et relative : ce mot savant désigne l’aspect populaire des choses – noms communs, pratiques ordinaires, savoirs non-doctes.
Mais la géohistoire du vernaculaire révèle surtout sa subversivité latente, confirmant là sa place dans le champ des alternatives.
C’est à partir des concepts de « travail fantôme » et de « genre vernaculaire » (Illich, 1983), que nous établirons que le terme est apparu lorsque la chose a disparu.
Une dépossession (des savoirs, des techniques, des biens communs, des modes de faire) se lit au creux des révolutions industrielles (Giedion, 1980) et des mutations des pratiques de subsistance, désormais reléguées au champ des loisirs (Corbin, 2009).
Le terme est donc intimement lié à un caractère revendicatif, de reprise, qui n’est pas sans écho avec un type de pratiques critiques en design : être contre, tout contre (Papanek, 1974).
C’est alors par l’analyse de différents types de reprises récentes, posant les esquisses d’un paysage existentiel du vernaculaire (Jackson, 1984), que nous proposons l’idée de déprise d’œuvre, déployant les paradigmes d’un urbain soutenable.
Dans un contexte de déprise urbaine qui la voit apparaître, la déprise d’œuvre répond à la maîtrise d’œuvre, par la quête du recouvrement des savoirs qu’aura révélé le vernaculaire : faire, laisser faire, faire faire.
Nourrie d’improvisation, de processus et d’expérience (Zask, 2011), cette attitude affirme finalement le rôle de vecteur rhétorique et mobilisateur que joue le vernaculaire dans la réinvention de pratiques urbaines.
Related Results
Les villes moyennes françaises : diversité, spécificités et action publique en contexte de déprise urbaine
Les villes moyennes françaises : diversité, spécificités et action publique en contexte de déprise urbaine
Cette thèse vise à décrire les formes de déprise urbaine observées dans certaines villes moyennes françaises et à en comprendre les ressorts, en articulant les échelles d'analyse g...
The architecture of differences
The architecture of differences
Following in the footsteps of the protagonists of the Italian architectural debate is a mark of culture and proactivity. The synthesis deriving from the artistic-humanistic factors...
Time and Architecture
Time and Architecture
In the Italian language, the term “tempo” (literally time) is a word of daily use to which we attribute many meanings.
It can signify a chronological dimension between past, prese...
Terrain critique
Terrain critique
Tour à tour tactique, temporaire, festif, participatif, créatif, humain, l’urbanisme a pris des formes inédites depuis le tournant du 21e siècle. Les notions d’affect, d’expérience...
Les pratiques opérationnelles de la ville durable. Analyse de trois projets urbains : analyse de trois projets urbains : Bordeaux, Lyon, Grenoble
Les pratiques opérationnelles de la ville durable. Analyse de trois projets urbains : analyse de trois projets urbains : Bordeaux, Lyon, Grenoble
Cette thèse a pour intention d’étudier la mise en application de la ville durable dans la conception et la réalisation de projets urbains, dans le contexte professionnel des pratic...
La carte des lieux. Connaissance et représentation de la géographie vernaculaire en breton
La carte des lieux. Connaissance et représentation de la géographie vernaculaire en breton
La carte des lieux qui sera dressée dans cet article rendra visible la connaissance et la représentation de l’espace, en tant que savoir vernaculaire, et exprimé en breton. C’est d...
Urban co-creation: community planning, bottom-up and participation tools
Urban co-creation: community planning, bottom-up and participation tools
For whom do we transform our built environment? The answer may seem obvious, since architecture, in theory, is conceived for humans and for the emancipation of communities. However...

