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Les monnaies celtiques et romaines du vicus de Geminiacum-Liberchies. Aspects quantitatifs et contextuels
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Le site de Liberchies Les Bons-Villers se trouve en moyenne Belgique, dans une région aujourd’hui entièrement consacrée à l’agriculture. Replacé sur le réseau routier d’époque romaine, on constate que le site est une agglomération secondaire située entre Bavay et Tongres, et au-delà, vers Cologne et la zone rhénane. L’établissement, dont nous connaissons le nom et le statut par la carte de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin s’appelle Geminiacum. Il s’agit d’un vicus (mais nous ignorons de quand date ce statut). Suite aux fouilles menées depuis 1954, le plan de l’agglomération commence à être connu, du moins dans les grandes lignes. Si aucune trace au sol d’occupation antérieure à la romanisation n’a été retrouvée, le nombre de monnaies celtiques en or, or allié ou bronze doré ainsi que les potins nerviens retrouvés permettent d’envisager une fréquentation cultuelle du site qui est antérieure. La monétisation débute avec le règne d’Auguste qui a laissé près de 500 monnaies, essentiellement du bronze lato sensu. Par la suite, les quantités retrouvées sont moindres et il faut attendre le 2ème siècle pour retrouver un niveau de monétisation semblable. L’analyse des états d’usure des monnaies permet d’envisager leur utilisation sur des périodes longues dépassant de loin les règnes des émetteurs. Un déclin se fait sentir déjà dans le dernier tiers du 2ème siècle même si le vicus survit jusqu’au milieu du 3ème. Mais les troubles économiques et politiques qui ont secoué la Gaule ont fortement marqué le vicus dont l’abandon peut être envisagé à l’avènement de l’Empire gaulois ou peu après. En effet, sur les ruines d’habitations civiles, un burgus est édifié vers 253/260 et abandonné probablement vers 285. On assiste alors à un déplacement de l’occupation vers le lieu-dit Brunehaut qui voit l’installation d’une fortification en pierre du type castellum. Un premier état peut être envisagé à cause de la présence d’un petit fossé préservé dans la partie nord de la fortification. Mais l’occupation principale se fera sous le règne de Constantin Ier. Par la suite, la présence militaire, si elle n’est pas nulle, est à tout le moins fortement réduite. La fin du 4ème siècle verra une résurgence de l’occupation jusque dans les premières années du 5ème. Cette dernière peut sans doute être mise en relation avec des troupes d’origine germanique. Curieusement, alors que le vicus n’a livré aucune trace d’habitation au 4ème siècle, un petit temple du type fanum est édifié sur les ruines d’un ancien quartier artisanal. Les éléments de faune domestique retrouvés suggèrent des repas en l’honneur de Mithra même si l’endroit n’a pas les caractéristiques architecturales d’un mithræum. Des différences dans les mobiliers numismatiques retrouvés dans le fanum et dans le castellum montrent que les fidèles ne sont pas nécessairement les militaires de la fortification. On peut alors supposer que le temple était fréquenté par les militaires mais aussi par des gens de passage sur la chaussée reliant Bavay à Cologne et par des civils vivant dans l’entourage du castellum : artisans, marchands, éleveurs, épouses et…concubines. Mais à ce jour, aucune trace n’en a été retrouvée !
Title: Les monnaies celtiques et romaines du vicus de Geminiacum-Liberchies. Aspects quantitatifs et contextuels
Description:
Le site de Liberchies Les Bons-Villers se trouve en moyenne Belgique, dans une région aujourd’hui entièrement consacrée à l’agriculture.
Replacé sur le réseau routier d’époque romaine, on constate que le site est une agglomération secondaire située entre Bavay et Tongres, et au-delà, vers Cologne et la zone rhénane.
L’établissement, dont nous connaissons le nom et le statut par la carte de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin s’appelle Geminiacum.
Il s’agit d’un vicus (mais nous ignorons de quand date ce statut).
Suite aux fouilles menées depuis 1954, le plan de l’agglomération commence à être connu, du moins dans les grandes lignes.
Si aucune trace au sol d’occupation antérieure à la romanisation n’a été retrouvée, le nombre de monnaies celtiques en or, or allié ou bronze doré ainsi que les potins nerviens retrouvés permettent d’envisager une fréquentation cultuelle du site qui est antérieure.
La monétisation débute avec le règne d’Auguste qui a laissé près de 500 monnaies, essentiellement du bronze lato sensu.
Par la suite, les quantités retrouvées sont moindres et il faut attendre le 2ème siècle pour retrouver un niveau de monétisation semblable.
L’analyse des états d’usure des monnaies permet d’envisager leur utilisation sur des périodes longues dépassant de loin les règnes des émetteurs.
Un déclin se fait sentir déjà dans le dernier tiers du 2ème siècle même si le vicus survit jusqu’au milieu du 3ème.
Mais les troubles économiques et politiques qui ont secoué la Gaule ont fortement marqué le vicus dont l’abandon peut être envisagé à l’avènement de l’Empire gaulois ou peu après.
En effet, sur les ruines d’habitations civiles, un burgus est édifié vers 253/260 et abandonné probablement vers 285.
On assiste alors à un déplacement de l’occupation vers le lieu-dit Brunehaut qui voit l’installation d’une fortification en pierre du type castellum.
Un premier état peut être envisagé à cause de la présence d’un petit fossé préservé dans la partie nord de la fortification.
Mais l’occupation principale se fera sous le règne de Constantin Ier.
Par la suite, la présence militaire, si elle n’est pas nulle, est à tout le moins fortement réduite.
La fin du 4ème siècle verra une résurgence de l’occupation jusque dans les premières années du 5ème.
Cette dernière peut sans doute être mise en relation avec des troupes d’origine germanique.
Curieusement, alors que le vicus n’a livré aucune trace d’habitation au 4ème siècle, un petit temple du type fanum est édifié sur les ruines d’un ancien quartier artisanal.
Les éléments de faune domestique retrouvés suggèrent des repas en l’honneur de Mithra même si l’endroit n’a pas les caractéristiques architecturales d’un mithræum.
Des différences dans les mobiliers numismatiques retrouvés dans le fanum et dans le castellum montrent que les fidèles ne sont pas nécessairement les militaires de la fortification.
On peut alors supposer que le temple était fréquenté par les militaires mais aussi par des gens de passage sur la chaussée reliant Bavay à Cologne et par des civils vivant dans l’entourage du castellum : artisans, marchands, éleveurs, épouses et…concubines.
Mais à ce jour, aucune trace n’en a été retrouvée !.
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