Javascript must be enabled to continue!
Les Circuits Perpétuels : Le fantasme comme moteur esthétique dans Belle de Jour (1967) de Luis Buñuel et Belle Toujours (2007) de Manoel de Oliveira.
View through CrossRef
Cette thèse consiste à se focaliser donc sur les rapports esthétiques qu’entretiennent les films Belle de Jour de Luis Buñuel (1967) et Belle toujours de Manoel de Oliveira (2007) qui font intervenir les personnages issus du roman Belle de jour de Joseph Kessel (1929). Il s’agit de développer les relations impliquées par le traitement du mouvement et du temps dans la confection du fantasme des protagonistes principaux, Séverine Sérizy et Henri Husson. Nous nous attacherons ainsi à déterminer quels procédés de mise en scène, une fois mis en circuit, selon la théorie de Gilles Deleuze, permettent de déployer, à partir d’une image mentale présente en puissance et en train de se construire, une expression actuelle et concrète du fantasme par l’implication du corps humain dans l’espace. A cet effet, nous développons trois circuits principaux.Le premier est machinique : le fantasme fonctionne de la même manière que la boîte à vitesses mécanique d’une voiture. Nous expliquons ainsi que par un processus à trois vitesses, le fantasme se pré-fabrique au sein du circuit rêveur du protagoniste en tant qu’image virtuelle présente en puissance qui vient s’actualiser dans le quotidien du personnage qui cherche à réaliser son fantasme. La différence avec un circuit mécanique réside dans le fait que le circuit machinique se constitue d’images agglomérées, qui prennent leurs racines à la fois dans des films antérieurs de Buñuel et Oliveira et dans le vide créé par un manque. Constamment actualisées entre elles, ces images contrent l’usure de ce premier circuit et le perpétuent. Le second circuit qui nous intéresse est structurel : il s’agit d’un moteur qui fonctionne comme un kaléidoscope et dont le but est de mettre en place une reconfiguration perpétuelle des images.C’est ici non seulement le mouvement du fantasme, mais surtout la trajectoire du mouvement qui nous occupe, dans toutes ses variations. Après avoir déterminé que le fantasme impliquait le fonctionnement d’une machine, nous nous proposons dans la seconde partie d’en disséquer, pour ainsi dire, le moteur. Notre argument principal se focalise sur le fait que ce moteur est un kaléidoscope : un « tube » dans lequel à partir d’une trajectoire lumineuse, des images se reconfigurent en permanence, à l’infini. A partir de la définition de ce que Jean-Louis Leutrat considère comme un « piège à regards » nous analysons les trois piliers principaux du fonctionnement du kaléidoscope : la répétition, la ligne, et le pli. Le but de ces quatre chapitres centraux est de décrypter de manière strictement optique et « trajectorielle » comment l’espace est envisagé par les personnages une fois la machine mise en route et comment elle replie ces derniers sur le fonctionnement de leur corps : un système viscéral et sensible. Le dernier circuit est purement spatial et sensible ; depuis la « carte mouvante, géologique » de Bergson, nous considérons le récepteur sensoriel principal, le corps humain, comme un atlas, selon Guy Di Méo, soit une surface qui possède différents niveaux de profondeur. A partir d’une étude précise de l’utilisation des cinq sens dans les deux films de notre corpus, nous aboutissons à un système d’expérimentation sensorielle qui procède au renouvellement d’une œuvre, et à l’ouverture de circuits possibles par le fantasme. Il nous appartient donc, tout au long de notre étude, d’envisager le corps humain comme un territoire d’expérimentations du fantasme qui par un mouvement machinique et selon des trajectoires kaléidoscopiques, se reconfigure perpétuellement, et renouvelant ainsi, par le fantasme, son système de perception de l’espace et du temps.
Title: Les Circuits Perpétuels : Le fantasme comme moteur esthétique dans Belle de Jour (1967) de Luis Buñuel et Belle Toujours (2007) de Manoel de Oliveira.
Description:
Cette thèse consiste à se focaliser donc sur les rapports esthétiques qu’entretiennent les films Belle de Jour de Luis Buñuel (1967) et Belle toujours de Manoel de Oliveira (2007) qui font intervenir les personnages issus du roman Belle de jour de Joseph Kessel (1929).
Il s’agit de développer les relations impliquées par le traitement du mouvement et du temps dans la confection du fantasme des protagonistes principaux, Séverine Sérizy et Henri Husson.
Nous nous attacherons ainsi à déterminer quels procédés de mise en scène, une fois mis en circuit, selon la théorie de Gilles Deleuze, permettent de déployer, à partir d’une image mentale présente en puissance et en train de se construire, une expression actuelle et concrète du fantasme par l’implication du corps humain dans l’espace.
A cet effet, nous développons trois circuits principaux.
Le premier est machinique : le fantasme fonctionne de la même manière que la boîte à vitesses mécanique d’une voiture.
Nous expliquons ainsi que par un processus à trois vitesses, le fantasme se pré-fabrique au sein du circuit rêveur du protagoniste en tant qu’image virtuelle présente en puissance qui vient s’actualiser dans le quotidien du personnage qui cherche à réaliser son fantasme.
La différence avec un circuit mécanique réside dans le fait que le circuit machinique se constitue d’images agglomérées, qui prennent leurs racines à la fois dans des films antérieurs de Buñuel et Oliveira et dans le vide créé par un manque.
Constamment actualisées entre elles, ces images contrent l’usure de ce premier circuit et le perpétuent.
Le second circuit qui nous intéresse est structurel : il s’agit d’un moteur qui fonctionne comme un kaléidoscope et dont le but est de mettre en place une reconfiguration perpétuelle des images.
C’est ici non seulement le mouvement du fantasme, mais surtout la trajectoire du mouvement qui nous occupe, dans toutes ses variations.
Après avoir déterminé que le fantasme impliquait le fonctionnement d’une machine, nous nous proposons dans la seconde partie d’en disséquer, pour ainsi dire, le moteur.
Notre argument principal se focalise sur le fait que ce moteur est un kaléidoscope : un « tube » dans lequel à partir d’une trajectoire lumineuse, des images se reconfigurent en permanence, à l’infini.
A partir de la définition de ce que Jean-Louis Leutrat considère comme un « piège à regards » nous analysons les trois piliers principaux du fonctionnement du kaléidoscope : la répétition, la ligne, et le pli.
Le but de ces quatre chapitres centraux est de décrypter de manière strictement optique et « trajectorielle » comment l’espace est envisagé par les personnages une fois la machine mise en route et comment elle replie ces derniers sur le fonctionnement de leur corps : un système viscéral et sensible.
Le dernier circuit est purement spatial et sensible ; depuis la « carte mouvante, géologique » de Bergson, nous considérons le récepteur sensoriel principal, le corps humain, comme un atlas, selon Guy Di Méo, soit une surface qui possède différents niveaux de profondeur.
A partir d’une étude précise de l’utilisation des cinq sens dans les deux films de notre corpus, nous aboutissons à un système d’expérimentation sensorielle qui procède au renouvellement d’une œuvre, et à l’ouverture de circuits possibles par le fantasme.
Il nous appartient donc, tout au long de notre étude, d’envisager le corps humain comme un territoire d’expérimentations du fantasme qui par un mouvement machinique et selon des trajectoires kaléidoscopiques, se reconfigure perpétuellement, et renouvelant ainsi, par le fantasme, son système de perception de l’espace et du temps.
Related Results
Le traitement juridique spécial du chirurgien esthétique
Le traitement juridique spécial du chirurgien esthétique
La place primordiale accordée à l’apparence physique dans la société actuelle, qui est une société de «l’image», a fait de la chirurgie esthétique la pratique chirurgicale la plus ...
De la poésie à la peinture
De la poésie à la peinture
La poésie et la peinture étaient toujours deux différentes expressions de l’esprit et de l’âme de l’homme qui sont dédiées à présenter absolument chacune à sa façon ce qui était di...
Noradrenergic neuron activation and subsequent glial calcium wave : a motor circuit breaker mediating motor arrest
Noradrenergic neuron activation and subsequent glial calcium wave : a motor circuit breaker mediating motor arrest
Activation des neurones noradrénergiques et onde calcique gliale : un disjoncteur du circuit moteur médiant l’arrêt du mouvement
Les animaux doivent éviter les mena...
L’Esthétique chez Wittgenstein
L’Esthétique chez Wittgenstein
Cette thèse étudie le thème esthétique dans l’œuvre de Wittgenstein. Dans le Tractatus logico-philosophicus, esthétique et éthique sont une et ineffables. C’est le lien du microcos...
Study of the bottomonium decays at the Belle and Belle II experiments
Study of the bottomonium decays at the Belle and Belle II experiments
Etude des désintégrations du bottomonium dans les expériences Belle et Belle II
Le bottomonium est un état lié des quarks bb̅. Comme le quark b est lourd, le bottom...
"De pobre huerfanita a viuda negra": la agencia de la mujer en las Tristanas de Pérez Galdós y Buñuel
"De pobre huerfanita a viuda negra": la agencia de la mujer en las Tristanas de Pérez Galdós y Buñuel
Las diferencias más obvias entre la novela de Pérez Galdós y el filme de Buñuel son el lugar el tiempo en que están ambientadas las obras: en Madrid alrededor de 1880, y en Toledo ...
Rhetoric from the standpoint of the Lifeworld
Rhetoric from the standpoint of the Lifeworld
La rhétorique du point de vue du monde de la vie La rhétorique de l’image dont parlait Barthes, reprise d’une manière beaucoup plus systématique dans les travaux du Groupe µ, n’es...

