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Prévert et la musique
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Parler de « mélophobie » à propos de Prévert pourrait étonner tant ses textes, mis en musique par Kosma, Crolla et d’autres, font partie du patrimoine de la chanson française. Et pourtant, il ne faut pas oublier que Prévert lui-même écrivit très peu de chansons et surtout qu’il afficha à l’encontre de la musique dite « classique » un fréquent mépris, que ce soit dans son travail de dialoguiste ou de poète, mépris dont la violence est à la mesure des carcans qu’elle emblématise pour lui. Ordre militaire, religieux ou bourgeois : la musique des « amateurs à l’ouïe trop mélomanisée » devient chez Prévert la métonymie de tout ce qu’il exècre et à laquelle il oppose la musique du peuple, simple et vraie. Ce choix a des conséquences esthétiques et politiques : il oriente l’écriture, le travail prosodique, mais il vaut aussi, symboliquement, comme revendication sociale par l’intrusion de l’élément plébéien (ce que Castanet appelle le « son sale ») dans la matière du poème. Cependant, ce rejet de la musique classique, et ce clivage binaire entre le savant et le populaire qui accompagne et prolonge les options politiques de Prévert, est peut-être surtout une revendication de principe, ou de classe, liée au contexte de l’époque. C’est du moins ce que suggèrent ses derniers recueils poétiques où apparaissent des références à Haendel, Satie, Orff, Stravinski ou Vivaldi, essaimées ici et là, qui semblent illustrer un goût éclectique mais sincère pour la musique classique, dont le poète ne se cache plus en 1974 dans l’un des derniers entretiens qu’il donne sur France Musique.
Title: Prévert et la musique
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Parler de « mélophobie » à propos de Prévert pourrait étonner tant ses textes, mis en musique par Kosma, Crolla et d’autres, font partie du patrimoine de la chanson française.
Et pourtant, il ne faut pas oublier que Prévert lui-même écrivit très peu de chansons et surtout qu’il afficha à l’encontre de la musique dite « classique » un fréquent mépris, que ce soit dans son travail de dialoguiste ou de poète, mépris dont la violence est à la mesure des carcans qu’elle emblématise pour lui.
Ordre militaire, religieux ou bourgeois : la musique des « amateurs à l’ouïe trop mélomanisée » devient chez Prévert la métonymie de tout ce qu’il exècre et à laquelle il oppose la musique du peuple, simple et vraie.
Ce choix a des conséquences esthétiques et politiques : il oriente l’écriture, le travail prosodique, mais il vaut aussi, symboliquement, comme revendication sociale par l’intrusion de l’élément plébéien (ce que Castanet appelle le « son sale ») dans la matière du poème.
Cependant, ce rejet de la musique classique, et ce clivage binaire entre le savant et le populaire qui accompagne et prolonge les options politiques de Prévert, est peut-être surtout une revendication de principe, ou de classe, liée au contexte de l’époque.
C’est du moins ce que suggèrent ses derniers recueils poétiques où apparaissent des références à Haendel, Satie, Orff, Stravinski ou Vivaldi, essaimées ici et là, qui semblent illustrer un goût éclectique mais sincère pour la musique classique, dont le poète ne se cache plus en 1974 dans l’un des derniers entretiens qu’il donne sur France Musique.
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