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Organizadons nous, s’organiser en commun sur la zad de Notre-Dame-des-Landes

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L'Anthropocène correspond à une époque où les activités humaines, opérées par des organisations imbriquées dans le système capitaliste, contribuent à la raréfaction des ressources naturelles et, plus largement à la réduction de l’habitabilité de la Terre. Cela soulève donc un besoin de désanthropocentrer les sciences de gestion, c’est-à-dire d’envisager des organisations plus qu’humaines, mais aussi à explorer des formes alternatives à l’organisation capitaliste.En tant que forme de gestion alternative des ressources par une communauté humaine, les communs ont récemment été désignés comme une piste pleine de promesses. La plupart des travaux en études organisationnelles sur les communs (EOC) se réfèrent à Elinor Ostrom. Néanmoins, sa perspective reste ambivalente pour répondre à la double promesse d’avancer une alternative au capitalisme et de penser une organisation plus qu’humaine. Sur ce second point, les travaux issus de cette perspective prolongent un dualisme et un rapport de domination entre la communauté humaine et la ressource non-humaine. Pour surmonter cet anthropocentrisme, je m’engage dans la voie ouverte par les études critiques en gestion, qui considèrent le commun de manière dynamique : le commoning comme organizing alternatif au processus capitaliste des enclosures. J’y adosse une ontologie relationnelle. Je laisse donc de côté la dichotomie communauté/ressource pour envisager le commoning comme organizing alternatif plus qu’humain, et pose la question de recherche suivante : Comment s’organiser en commun, c’est-à-dire de manière alternative au capitalisme tout en considérant une organisation plus qu’humaine ? L’étude de cas choisie repose sur une ethnographie plus qu’humaine en 2021-2022 sur la zad post-abandon de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Les habitants et habitantes affirment être engagées dans des pratiques de communs. Ces formes d’organisation sont nées au cours d’une lutte contre un projet d’aéroport – abandonné en 2018 – comme mises en action de deux slogans : « Contre l’aéroport et son monde » qui désigne un refus du modèle capitaliste d’aménagement du territoire ; « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la Nature qui se défend » qui assure une résistance à séparer la communauté humaine de son environnement naturel. Il s’agit donc de refuser sur la zad une gestion de ressources séparées et dominées par la communauté humaine. Ainsi, les communs revendiqués sur la zad semblent à priori traduire un souci d’organisation alternative au capitalisme et plus qu’humaine. Cette thèse interroge donc la manière dont les pratiques de commoning plus qu'humain s’y maintiennent, en se concentrant sur la filière forêt-haies-bois. Les résultats mettent en lumière une tentative des humains, non pas de gérer la forêt et les haies, mais de s’organiser « avec ». La filière est marquée par des modes d'organizing alternatif de la production, d’usage et d’allocation du surplus productif qui relèvent du commoning. Je m’attache à démontrer la possibilité de faire du commoning sans une communauté plus qu’humaine déterminée a priori. A la place, j’observe un processus permanent de « faire communauté plus qu’humaine » par l’élaboration d’une diversité de modes d'organizing alternatifs conflictuels interdépendants. Je montre deux caractéristiques de ce processus : (1) une perpétuelle émergence d’organizing pour répondre aux questions organisationnelles principales partagées au sein de la communauté plus qu’humaine, (2) une diversité de cercles de décisions qui s’entrecroisent afin de s’ajuster aux différents niveaux d’interdépendances.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Organizadons nous, s’organiser en commun sur la zad de Notre-Dame-des-Landes
Description:
L'Anthropocène correspond à une époque où les activités humaines, opérées par des organisations imbriquées dans le système capitaliste, contribuent à la raréfaction des ressources naturelles et, plus largement à la réduction de l’habitabilité de la Terre.
Cela soulève donc un besoin de désanthropocentrer les sciences de gestion, c’est-à-dire d’envisager des organisations plus qu’humaines, mais aussi à explorer des formes alternatives à l’organisation capitaliste.
En tant que forme de gestion alternative des ressources par une communauté humaine, les communs ont récemment été désignés comme une piste pleine de promesses.
La plupart des travaux en études organisationnelles sur les communs (EOC) se réfèrent à Elinor Ostrom.
Néanmoins, sa perspective reste ambivalente pour répondre à la double promesse d’avancer une alternative au capitalisme et de penser une organisation plus qu’humaine.
Sur ce second point, les travaux issus de cette perspective prolongent un dualisme et un rapport de domination entre la communauté humaine et la ressource non-humaine.
Pour surmonter cet anthropocentrisme, je m’engage dans la voie ouverte par les études critiques en gestion, qui considèrent le commun de manière dynamique : le commoning comme organizing alternatif au processus capitaliste des enclosures.
J’y adosse une ontologie relationnelle.
Je laisse donc de côté la dichotomie communauté/ressource pour envisager le commoning comme organizing alternatif plus qu’humain, et pose la question de recherche suivante : Comment s’organiser en commun, c’est-à-dire de manière alternative au capitalisme tout en considérant une organisation plus qu’humaine ? L’étude de cas choisie repose sur une ethnographie plus qu’humaine en 2021-2022 sur la zad post-abandon de Notre-Dame-des-Landes (NDDL).
Les habitants et habitantes affirment être engagées dans des pratiques de communs.
Ces formes d’organisation sont nées au cours d’une lutte contre un projet d’aéroport – abandonné en 2018 – comme mises en action de deux slogans : « Contre l’aéroport et son monde » qui désigne un refus du modèle capitaliste d’aménagement du territoire ; « Nous ne défendons pas la nature, nous sommes la Nature qui se défend » qui assure une résistance à séparer la communauté humaine de son environnement naturel.
Il s’agit donc de refuser sur la zad une gestion de ressources séparées et dominées par la communauté humaine.
Ainsi, les communs revendiqués sur la zad semblent à priori traduire un souci d’organisation alternative au capitalisme et plus qu’humaine.
Cette thèse interroge donc la manière dont les pratiques de commoning plus qu'humain s’y maintiennent, en se concentrant sur la filière forêt-haies-bois.
Les résultats mettent en lumière une tentative des humains, non pas de gérer la forêt et les haies, mais de s’organiser « avec ».
La filière est marquée par des modes d'organizing alternatif de la production, d’usage et d’allocation du surplus productif qui relèvent du commoning.
Je m’attache à démontrer la possibilité de faire du commoning sans une communauté plus qu’humaine déterminée a priori.
A la place, j’observe un processus permanent de « faire communauté plus qu’humaine » par l’élaboration d’une diversité de modes d'organizing alternatifs conflictuels interdépendants.
Je montre deux caractéristiques de ce processus : (1) une perpétuelle émergence d’organizing pour répondre aux questions organisationnelles principales partagées au sein de la communauté plus qu’humaine, (2) une diversité de cercles de décisions qui s’entrecroisent afin de s’ajuster aux différents niveaux d’interdépendances.

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