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La « capitulation » de Stjepan Radić et l’échec de sa politique de coopération avec Belgrade

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Après la création du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en décembre 1918 le président du Parti paysan croate Stjepan Radić devint le leader du mouvement national croate. Confronté à l’échec de sa politique obstructionniste, sans aide substantielle d’une puissance étrangère pour « affranchir le peuple croate » de la « tyrannie serbe », mis en prison pour avoir « conspiré avec les Soviets », en juillet 1925 il accepta finalement de coopérer avec « Belgrade », notamment avec ennemi politique et geôlier Nikola Pašić, le chef du Parti radical national. Arriver à une « paix » entre Croates et Serbes et consolider le royaume balkanique allié, ce fut également le souhait de la France officielle, dont le président du Conseil Édouard Herriot n’avait pas manqué d’user de son influence au sein de la presse de gauche pour promouvoir cette idée. Radić abandonna alors sa politique obstructionniste, reconnut la Constitution centralisatrice du Vidovdan, abjura le républicanisme, leva son opposition au service militaire, et entra même au gouvernement de Pašić comme ministre de l’Instruction publique. Cependant, ainsi Radić se révéla encore plus dangereux pour la caste politico-militaire serbe. Car non seulement le « trublion croate » gênait le fonctionnement du gouvernement, mais, au surplus, il tâchait d’élargir sa base électorale majoritairement paysanne aux dépens de celle de ses « partenaires » radicaux. En avril 1926, il fut invité à se retirer du ministère, et en janvier 1927 il mit fin à la coopération avec le Parti national radical. Son échec de s’implanter en Vieille Serbie l’amena à s’allier à un autre ancien ennemi mortel, Svetozar Pribićević, l’énergique Serbe ex-habsbourgeois, avec lequel il forma, en novembre 1927, la Coalition démocrate paysanne (SDK), formation qui regroupait la majorité des Croates et des Serbes de l’ancien royaume triunitaire. Le nouveau bloc des prečani fut la plus dangereuse force d’opposition dans la courte histoire du royaume, et il n’est guère surprenant que le roi Alexandre s’efforçât de le briser à tout prix.
Croatian Institute of History (Hrvatski Institut za Povijest)
Title: La « capitulation » de Stjepan Radić et l’échec de sa politique de coopération avec Belgrade
Description:
Après la création du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes en décembre 1918 le président du Parti paysan croate Stjepan Radić devint le leader du mouvement national croate.
Confronté à l’échec de sa politique obstructionniste, sans aide substantielle d’une puissance étrangère pour « affranchir le peuple croate » de la « tyrannie serbe », mis en prison pour avoir « conspiré avec les Soviets », en juillet 1925 il accepta finalement de coopérer avec « Belgrade », notamment avec ennemi politique et geôlier Nikola Pašić, le chef du Parti radical national.
Arriver à une « paix » entre Croates et Serbes et consolider le royaume balkanique allié, ce fut également le souhait de la France officielle, dont le président du Conseil Édouard Herriot n’avait pas manqué d’user de son influence au sein de la presse de gauche pour promouvoir cette idée.
Radić abandonna alors sa politique obstructionniste, reconnut la Constitution centralisatrice du Vidovdan, abjura le républicanisme, leva son opposition au service militaire, et entra même au gouvernement de Pašić comme ministre de l’Instruction publique.
Cependant, ainsi Radić se révéla encore plus dangereux pour la caste politico-militaire serbe.
Car non seulement le « trublion croate » gênait le fonctionnement du gouvernement, mais, au surplus, il tâchait d’élargir sa base électorale majoritairement paysanne aux dépens de celle de ses « partenaires » radicaux.
En avril 1926, il fut invité à se retirer du ministère, et en janvier 1927 il mit fin à la coopération avec le Parti national radical.
Son échec de s’implanter en Vieille Serbie l’amena à s’allier à un autre ancien ennemi mortel, Svetozar Pribićević, l’énergique Serbe ex-habsbourgeois, avec lequel il forma, en novembre 1927, la Coalition démocrate paysanne (SDK), formation qui regroupait la majorité des Croates et des Serbes de l’ancien royaume triunitaire.
Le nouveau bloc des prečani fut la plus dangereuse force d’opposition dans la courte histoire du royaume, et il n’est guère surprenant que le roi Alexandre s’efforçât de le briser à tout prix.

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