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Bande dessinée et enseignement littéraire
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À la croisée de la recherche fondamentale et de la didactique, cette thèse propose d'interroger et de redéfinir la place qu'occupe la bande dessinée dans l'enseignement littéraire. Ce projet s'appuie avant tout sur notre expérience d'enseignement et sur un constat clair étayé par la recherche universitaire. Les travaux menés par Nicolas Rouvière (Bande dessinée et enseignement des humanités, Classiques Garnier, 2013) et Hélène Raux (La Bande dessinée en classe de français. Un objet disciplinaire non identifié, Presses universitaires de Rennes, 2023) montrent en effet la présence de la bande dessinée au collège et au lycée ; cependant, ils permettent aussi de constater que le médium est souvent réduit à un support complémentaire, et que sa présence demeure marginale. Le plus souvent placée en position satellitaire vis-à-vis des textes littéraires patrimoniaux, la bande dessinée en contexte scolaire reste un objet didactique peu stabilisé. C'est ce constat liminaire et le besoin qui l'accompagne qui justifient notre travail de recherche : une méthode d'analyse et un modèle d'enseignement de la bande dessinée nous semblent indispensables. Si l'on est prêt à considérer ce médium comme une forme littéraire spécifique, il faut pouvoir définir et enseigner cette spécificité, à la fois comme une particularité - c'est-à-dire l'étudier en elle-même et pour elle-même - et comme un moyen d'interroger les notions intermédiales qu'elle partage avec les autres formes littéraires et artistiques. Or, c'est un fait : dans leur grande majorité, les professeur·e·s de lettres n'ont pas été formé·e·s à l'analyse et à l'enseignement de la bande dessinée, et trop peu d'outils sont aujourd'hui à leur disposition pour répondre à ce besoin pédagogique et didactique. Mais faire de la bande dessinée un objet enseignable en cours de français ou de littérature ne va pas de soi : il faut avant tout lui reconnaître une légitimité littéraire qui, elle-même, implique de démontrer les conditions et les modalités de sa littérarité. Voici la tâche à laquelle ce travail s'attelle.Nos réflexions et nos propositions s'organisent en quatre temps et de manière projective : l'objectif est de compléter notre cadre théorique par des études pratiques afin d'en visualiser les effets et les applications possibles. Un état des lieux précise d'abord la place actuelle qu'occupe la bande dessinée dans l'enseignement, à travers les enjeux de sa légitimité, de sa didactisation et de sa dimension matérielle dans les contextes pédagogiques retenus. Dans un deuxième temps, nous définissons et caractérisons la bande dessinée comme un objet d'étude littéraire, au-delà des liens historiques qu'elle peut entretenir avec la littérature. Il s'agit de décrire et d'analyser le fonctionnement de ses spécificités médiatiques, en exposant particulièrement le caractère littéraire de leurs mises en œuvre. La troisième partie, qui s'appuie sur ces éléments, propose une grammaire de la bande dessinée. Pensée comme un modèle théorique usuel, cette grammaire doit permettre de fonder de nouveaux usages pédagogiques. Nous en donnons plusieurs exemples dans la dernière partie, où nous mettons aussi à l'épreuve notre méthodologie et nos définitions théoriques, en présentant des études de cas et des séquences d'enseignement. Étant entendu qu'en didactique comme en littérature rien ne saurait jamais être ni figé ni définitif, ces modèles analytiques et pédagogiques, s'ils sont applicables en l'état, demeurent bien évidemment adaptables.
Title: Bande dessinée et enseignement littéraire
Description:
À la croisée de la recherche fondamentale et de la didactique, cette thèse propose d'interroger et de redéfinir la place qu'occupe la bande dessinée dans l'enseignement littéraire.
Ce projet s'appuie avant tout sur notre expérience d'enseignement et sur un constat clair étayé par la recherche universitaire.
Les travaux menés par Nicolas Rouvière (Bande dessinée et enseignement des humanités, Classiques Garnier, 2013) et Hélène Raux (La Bande dessinée en classe de français.
Un objet disciplinaire non identifié, Presses universitaires de Rennes, 2023) montrent en effet la présence de la bande dessinée au collège et au lycée ; cependant, ils permettent aussi de constater que le médium est souvent réduit à un support complémentaire, et que sa présence demeure marginale.
Le plus souvent placée en position satellitaire vis-à-vis des textes littéraires patrimoniaux, la bande dessinée en contexte scolaire reste un objet didactique peu stabilisé.
C'est ce constat liminaire et le besoin qui l'accompagne qui justifient notre travail de recherche : une méthode d'analyse et un modèle d'enseignement de la bande dessinée nous semblent indispensables.
Si l'on est prêt à considérer ce médium comme une forme littéraire spécifique, il faut pouvoir définir et enseigner cette spécificité, à la fois comme une particularité - c'est-à-dire l'étudier en elle-même et pour elle-même - et comme un moyen d'interroger les notions intermédiales qu'elle partage avec les autres formes littéraires et artistiques.
Or, c'est un fait : dans leur grande majorité, les professeur·e·s de lettres n'ont pas été formé·e·s à l'analyse et à l'enseignement de la bande dessinée, et trop peu d'outils sont aujourd'hui à leur disposition pour répondre à ce besoin pédagogique et didactique.
Mais faire de la bande dessinée un objet enseignable en cours de français ou de littérature ne va pas de soi : il faut avant tout lui reconnaître une légitimité littéraire qui, elle-même, implique de démontrer les conditions et les modalités de sa littérarité.
Voici la tâche à laquelle ce travail s'attelle.
Nos réflexions et nos propositions s'organisent en quatre temps et de manière projective : l'objectif est de compléter notre cadre théorique par des études pratiques afin d'en visualiser les effets et les applications possibles.
Un état des lieux précise d'abord la place actuelle qu'occupe la bande dessinée dans l'enseignement, à travers les enjeux de sa légitimité, de sa didactisation et de sa dimension matérielle dans les contextes pédagogiques retenus.
Dans un deuxième temps, nous définissons et caractérisons la bande dessinée comme un objet d'étude littéraire, au-delà des liens historiques qu'elle peut entretenir avec la littérature.
Il s'agit de décrire et d'analyser le fonctionnement de ses spécificités médiatiques, en exposant particulièrement le caractère littéraire de leurs mises en œuvre.
La troisième partie, qui s'appuie sur ces éléments, propose une grammaire de la bande dessinée.
Pensée comme un modèle théorique usuel, cette grammaire doit permettre de fonder de nouveaux usages pédagogiques.
Nous en donnons plusieurs exemples dans la dernière partie, où nous mettons aussi à l'épreuve notre méthodologie et nos définitions théoriques, en présentant des études de cas et des séquences d'enseignement.
Étant entendu qu'en didactique comme en littérature rien ne saurait jamais être ni figé ni définitif, ces modèles analytiques et pédagogiques, s'ils sont applicables en l'état, demeurent bien évidemment adaptables.
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