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Flaubert : le libéralisme en littérature

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Marqué par le « libéralisme en littérature » (Hugo, « Préface » d’Hernani, 1830), Flaubert se définit lui-même comme un « libéral enragé » (lettre du 30 mars 1857 à Melle Leroyer de Chantepie) : avide de liberté dans l’art et la société, Flaubert s’opposera à toutes les limites que l’on veut imposer à cette liberté. Cette étude cherchera donc à analyser l’expression de ce libéralisme de Flaubert dans ses œuvres romanesques.La première partie examine l’origine du libéralisme de Flaubert au travers de ses œuvres de jeunesse et des contextes correspondants (familial, scolaire et littéraire). On essaie ainsi de retracer la formation éthique du jeune Flaubert, déjà artiste indépendant et libéral. Les parties suivantes abordant ses trois romans modernes, Madame Bovary, L’Éducation sentimentale et Bouvard et Pécuchet, en dégagent une problématique libérale en s’intéressant notamment à leurs dimensions critiques et socio-historiques.La deuxième partie est une analyse socio-politique de Madame Bovary. En 1851-1852, Louis-Napoléon Bonaparte avait légitimé son Coup d’État et le rétablissement de l’Empire par ce suffrage universel qu’idéalisaient les démocrates. Devant un vote démocratique qui menace la démocratie, Flaubert a pris conscience du danger de la tyrannie de l’opinion publique. La critique des idées reçues, c’est-à-dire du discours médiatisé et idéologique, devient dès lors l’une des formes de l’engagement libéral de Flaubert. C’est dans cette perspective du libéralisme qu’on lira Madame Bovary, roman non seulement sur l’imaginaire collectif, les idées reçues, le pouvoir et le danger des représentations, mais aussi sur l’esprit d’une époque (G. Séginger). Pour mettre en lumière la subversivité de la littérature flaubertienne, on examinera aussi les dossiers du procès de Madame Bovary, ce qui permettra de s’interroger sur le rapport essentiel que l’écriture flaubertienne entretient avec la politique.La troisième partie analyse les représentations historiques dans L’Éducation sentimentale de 1869. Pour ce roman, Flaubert s’est livré à de vastes recherches documentaires sur les discours socialistes de son époque. À partir de ces matériaux historiques, il élabore des personnages-types représentatifs des forces collectives et socio-historiques. À partir des analyses socio-historiques du texte et de l’avant-texte on s’est donc attaché ici à retrouver les réflexions politiques que Flaubert a intégrées à son roman, notamment la critique du néo-catholicisme quarante-huitard qui y est développée et qui reflète les contextes historique et politique de l’époque de la rédaction (1864-1869), en pleine lutte entre l’Église et les intellectuels libéraux.La quatrième partie fait une analyse du chapitre VI de Bouvard et Pécuchet. L’interrogation centrale y est de trouver comment, après de vastes recherches documentaires sur les sciences politiques, Flaubert a mis en scène en libéral enragé « le défaut de méthode » des sciences politiques du XIXe siècle. Son intention critique témoigne alors de sa conscience politique après la défaite de 1870, constatant que le suffrage universel fait désormais la part belle à l’opinion, au détriment de l’approche scientifique. Bouvard et Pécuchet, cette « encyclopédie critique en farce » est ici l’expression de cette conscience libérale du Flaubert des années 1870.Contrairement à certaines idées reçues, les romans de Flaubert comportent bien des réflexions politiques répondant aux situations et idéologies politiques de son temps. Pour conclure, le libéralisme de Flaubert apparaît définitivement comme un mode de pensée critique s’interrogeant sur les origines de nos servitudes
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Title: Flaubert : le libéralisme en littérature
Description:
Marqué par le « libéralisme en littérature » (Hugo, « Préface » d’Hernani, 1830), Flaubert se définit lui-même comme un « libéral enragé » (lettre du 30 mars 1857 à Melle Leroyer de Chantepie) : avide de liberté dans l’art et la société, Flaubert s’opposera à toutes les limites que l’on veut imposer à cette liberté.
Cette étude cherchera donc à analyser l’expression de ce libéralisme de Flaubert dans ses œuvres romanesques.
La première partie examine l’origine du libéralisme de Flaubert au travers de ses œuvres de jeunesse et des contextes correspondants (familial, scolaire et littéraire).
On essaie ainsi de retracer la formation éthique du jeune Flaubert, déjà artiste indépendant et libéral.
Les parties suivantes abordant ses trois romans modernes, Madame Bovary, L’Éducation sentimentale et Bouvard et Pécuchet, en dégagent une problématique libérale en s’intéressant notamment à leurs dimensions critiques et socio-historiques.
La deuxième partie est une analyse socio-politique de Madame Bovary.
En 1851-1852, Louis-Napoléon Bonaparte avait légitimé son Coup d’État et le rétablissement de l’Empire par ce suffrage universel qu’idéalisaient les démocrates.
Devant un vote démocratique qui menace la démocratie, Flaubert a pris conscience du danger de la tyrannie de l’opinion publique.
La critique des idées reçues, c’est-à-dire du discours médiatisé et idéologique, devient dès lors l’une des formes de l’engagement libéral de Flaubert.
C’est dans cette perspective du libéralisme qu’on lira Madame Bovary, roman non seulement sur l’imaginaire collectif, les idées reçues, le pouvoir et le danger des représentations, mais aussi sur l’esprit d’une époque (G.
Séginger).
Pour mettre en lumière la subversivité de la littérature flaubertienne, on examinera aussi les dossiers du procès de Madame Bovary, ce qui permettra de s’interroger sur le rapport essentiel que l’écriture flaubertienne entretient avec la politique.
La troisième partie analyse les représentations historiques dans L’Éducation sentimentale de 1869.
Pour ce roman, Flaubert s’est livré à de vastes recherches documentaires sur les discours socialistes de son époque.
À partir de ces matériaux historiques, il élabore des personnages-types représentatifs des forces collectives et socio-historiques.
À partir des analyses socio-historiques du texte et de l’avant-texte on s’est donc attaché ici à retrouver les réflexions politiques que Flaubert a intégrées à son roman, notamment la critique du néo-catholicisme quarante-huitard qui y est développée et qui reflète les contextes historique et politique de l’époque de la rédaction (1864-1869), en pleine lutte entre l’Église et les intellectuels libéraux.
La quatrième partie fait une analyse du chapitre VI de Bouvard et Pécuchet.
L’interrogation centrale y est de trouver comment, après de vastes recherches documentaires sur les sciences politiques, Flaubert a mis en scène en libéral enragé « le défaut de méthode » des sciences politiques du XIXe siècle.
Son intention critique témoigne alors de sa conscience politique après la défaite de 1870, constatant que le suffrage universel fait désormais la part belle à l’opinion, au détriment de l’approche scientifique.
Bouvard et Pécuchet, cette « encyclopédie critique en farce » est ici l’expression de cette conscience libérale du Flaubert des années 1870.
Contrairement à certaines idées reçues, les romans de Flaubert comportent bien des réflexions politiques répondant aux situations et idéologies politiques de son temps.
Pour conclure, le libéralisme de Flaubert apparaît définitivement comme un mode de pensée critique s’interrogeant sur les origines de nos servitudes.

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