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La felicitas des imperatores sous la République romaine : étude d'anthropologie historique

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Cette étude porte sur l'analyse de la signification et de l'utilisation de la felicitas durant la République, plus précisément de la fin du IIIe s. à 46 av. J. C. Elle a pour but de démontrer qu'au delà de la « chance », la felicitas désigne une réussite interprétée comme la marque d'un soutien divin de qualité supérieure, que c'est à partir de cette interprétation qu'a été construite cette signification et que c'est cette dernière qui détermine les formes de l'utilisation de la felicitas. À cet effet nous recourrons à un principe structurant tiré de l'œuvre de Philippe Descola (les schèmes conceptuels collectifs) qui permet de souligner les points d'articulation entre la perception d'un phénomène, son interprétation et le rôle que cette dernière prend dans des pratiques sociales. C'est sur ces trois étapes que sont construites les trois parties qui composent cette étude. La première est consacrée à la mise en évidence des particularités des phénomènes identifiés comme felices. Elle se compose d'un chapitre sur la présentation des sources (I) et d'un autre sur la place de la felicitas dans le champ lexical latin de la réussite (II) à partir d'un corpus de 2528 occurrences, issue de la littérature latine, réparties entre le IIIe s. av. J. C. et le IIIe s. apr. J. C. Ces études montrent que la felicitas est un résultat de grande qualité en décalage avec ses circonstances d'acquisition, inattendu, au sens de contraire à une ratio, et interprété comme le résultat d'une intervention divine dans les affaires humaines. La deuxième partie a pour objectif d'interroger les ressorts de cette interprétation. Elle comprend trois chapitres, centrés sur l'étude de la felicitas dans différentes pratiques religieuses républicaines, les auspices (III), les prodiges (IV) et le triomphe (V). Ces études montrent que la particularité de la felicitas repose sur le fait qu'elle identifie un soutien divin de qualité supérieure permettant à l'humain qui en bénéficie de voir les dieux intervenir directement, au lieu de simplement donner, au préalable, leur accord (auspices), pour garantir le succès de l'entreprise dirigée par l'individu felix. Cette interprétation repose sur le fait que les phénomènes identifiés comme felices possèdent les mêmes caractéristiques que ceux identifiés comme résultant d'interventions divines : les prodiges. La dernière partie analyse des utilisations individuelles de la felicitas entre 81 et 46 av. J. C. Elle se compose de quatre chapitres, chacun analysant le recours à la felicitas d'individus qui ont souhaité insister sur leur felicitas au point d'élever un lieu de culte à la puissance divine éponyme : Sylla (VI), Lucullus (VII), Pompée (VIII) et César (IX). Ils se composent chacun de deux études distinctes : celle des récits décrivant leurs exploits militaires ainsi que celle des lieux et moments du recours à la felicitas au cours de leur carrière politique. Car l'autre point commun de ces chefs de guerre est d'avoir, sous des formes différentes (dont des d'autobiographies politiques), publiquement diffusé des versions écrites du récit de leurs exploits militaires. Ces études font apparaître qu'à travers leur felicitas, ces imperatores cherchent à exalter la qualité de leur soutien divin dans le but d'exhausser leur légitimité à l'exercice de l'autorité publique. Les moments de ces recours à la felicitas correspondent en effet à des périodes d'affrontement politique où ces individus ont vu la poursuite de leurs objectifs politiques entravée par l'opposition d'une partie de l'élite politique républicaine. Leurs récits de guerre publiquement diffusés étaient des éléments essentiels de cette stratégie en tant que lieux privilégiés de la mise en scène de leur felicitas. Ils s'y présentaient comme des individus capables d'acquérir le type de résultats identifiés par la felicitas, donc des individus capables d'obtenir des dieux qu'ils usent de leur puissance pour garantir l'acquisition des meilleurs résultats.
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Title: La felicitas des imperatores sous la République romaine : étude d'anthropologie historique
Description:
Cette étude porte sur l'analyse de la signification et de l'utilisation de la felicitas durant la République, plus précisément de la fin du IIIe s.
à 46 av.
J.
C.
Elle a pour but de démontrer qu'au delà de la « chance », la felicitas désigne une réussite interprétée comme la marque d'un soutien divin de qualité supérieure, que c'est à partir de cette interprétation qu'a été construite cette signification et que c'est cette dernière qui détermine les formes de l'utilisation de la felicitas.
À cet effet nous recourrons à un principe structurant tiré de l'œuvre de Philippe Descola (les schèmes conceptuels collectifs) qui permet de souligner les points d'articulation entre la perception d'un phénomène, son interprétation et le rôle que cette dernière prend dans des pratiques sociales.
C'est sur ces trois étapes que sont construites les trois parties qui composent cette étude.
La première est consacrée à la mise en évidence des particularités des phénomènes identifiés comme felices.
Elle se compose d'un chapitre sur la présentation des sources (I) et d'un autre sur la place de la felicitas dans le champ lexical latin de la réussite (II) à partir d'un corpus de 2528 occurrences, issue de la littérature latine, réparties entre le IIIe s.
av.
J.
C.
et le IIIe s.
apr.
J.
C.
Ces études montrent que la felicitas est un résultat de grande qualité en décalage avec ses circonstances d'acquisition, inattendu, au sens de contraire à une ratio, et interprété comme le résultat d'une intervention divine dans les affaires humaines.
La deuxième partie a pour objectif d'interroger les ressorts de cette interprétation.
Elle comprend trois chapitres, centrés sur l'étude de la felicitas dans différentes pratiques religieuses républicaines, les auspices (III), les prodiges (IV) et le triomphe (V).
Ces études montrent que la particularité de la felicitas repose sur le fait qu'elle identifie un soutien divin de qualité supérieure permettant à l'humain qui en bénéficie de voir les dieux intervenir directement, au lieu de simplement donner, au préalable, leur accord (auspices), pour garantir le succès de l'entreprise dirigée par l'individu felix.
Cette interprétation repose sur le fait que les phénomènes identifiés comme felices possèdent les mêmes caractéristiques que ceux identifiés comme résultant d'interventions divines : les prodiges.
La dernière partie analyse des utilisations individuelles de la felicitas entre 81 et 46 av.
J.
C.
Elle se compose de quatre chapitres, chacun analysant le recours à la felicitas d'individus qui ont souhaité insister sur leur felicitas au point d'élever un lieu de culte à la puissance divine éponyme : Sylla (VI), Lucullus (VII), Pompée (VIII) et César (IX).
Ils se composent chacun de deux études distinctes : celle des récits décrivant leurs exploits militaires ainsi que celle des lieux et moments du recours à la felicitas au cours de leur carrière politique.
Car l'autre point commun de ces chefs de guerre est d'avoir, sous des formes différentes (dont des d'autobiographies politiques), publiquement diffusé des versions écrites du récit de leurs exploits militaires.
Ces études font apparaître qu'à travers leur felicitas, ces imperatores cherchent à exalter la qualité de leur soutien divin dans le but d'exhausser leur légitimité à l'exercice de l'autorité publique.
Les moments de ces recours à la felicitas correspondent en effet à des périodes d'affrontement politique où ces individus ont vu la poursuite de leurs objectifs politiques entravée par l'opposition d'une partie de l'élite politique républicaine.
Leurs récits de guerre publiquement diffusés étaient des éléments essentiels de cette stratégie en tant que lieux privilégiés de la mise en scène de leur felicitas.
Ils s'y présentaient comme des individus capables d'acquérir le type de résultats identifiés par la felicitas, donc des individus capables d'obtenir des dieux qu'ils usent de leur puissance pour garantir l'acquisition des meilleurs résultats.

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