Javascript must be enabled to continue!
Le Néolithique en Anatolie, un patrimoine archéologique aux origines de nos sociétés actuelles
View through CrossRef
Peu connue du grand public, encore sujette à un complaisant amalgame de dates en millions d'années, jalonnée de primates plus ou moins inventifs, la Préhistoire reste encore dans l'imaginaire collectif une grande et unique période quelque peu rébarbative.
De manière générale, cette vision n'a guère changé depuis le dix-neuvième siècle bien que, fort heureusement, la communauté scientifique n'eût cesse d'approfondir les connaissances sur l'Histoire de l'Homme, en se débarrassant rapidement d'une approche se résumant à l'accumulation de collections archéologiques, eu égard, peut-être, à la nécessité de comprendre les motivations humaines au travers d'artefacts qui ne portent pas en eux une dimension artistique ou exceptionnelle se suffisant à elle-même.
Ainsi, dans une certaine mesure, l'archéologie préhistorique ne souffrit que peu de ce qui peut être actuellement considéré comme étant une dérive de l'archéologie, à savoir la quête de l'objet ou du monument, isolé de sa signification culturelle.
Il en est pourtant ainsi, par exemple, des pyramides égyptiennes ou aztèques comme de la statuaire grecque qui restent pour beaucoup les uniques apanages des sociétés les ayant engendrés, admirés pour leur valeur intrinsèque hors de leur contexte culturel et social.
Au regard de la discipline archéologique en général, les recherches en Préhistoire sont relativement jeunes, et la prise de conscience d'une « pré-histoire » de l'homme, antérieure à l'Antiquité, est récente. L'histoire de cette discipline souligne à quel point, et malgré le parcours accompli, les recherches archéologiques n'en sont encore qu'à leur début.
L'exemple de l'Anatolie est ici pertinent car il synthétise à lui seul des défis actuels et futurs.
Sera pris ici en considération la période Néolithique, phase terminale de la Préhistoire, qui débute au Proche-Orient aux alentours du dixième millénaire avant Jésus-Christ pour se terminer dans cette région du monde au cinquième millénaire avant Jésus-Christ alors que ce qu'il y a lieu d'appeler la « révolution Néolithique » ne se propage en Europe qu'à partir du septième millénaire avant Jésus-Christ.
Cette période de l'histoire correspond à un changement radical du comportement humain face à son environnement naturel. La manière dont les sociétés préhistoriques, alors essentiellement composées de groupes tirant leurs ressources de la chasse et la cueillette, exploitent des territoires plus ou moins vastes en fonction des ressources naturelles en présence, vont appréhender la nature, rend compte de mutations culturelles et sociales profondes et variées.
De ces mutations, aucun texte n'est disponible pour en témoigner et l'archéologue doit donc s'en remettre aux vestiges matériels de ces cultures passées en cherchant, tant que faire se peut, à fonder ses interprétations sur un raisonnement scientifique, et à les ordonner de manière épistémologique.
Ne seront présentées ici ni le point sur les recherches en cours ni l'inventaire précis des connaissances actuelles : le lecteur aura le loisir de trouver en annexe une bibliographie lui présentant les ouvrages de références sur le Néolithique anatolien. Notre propos sera plutôt d'aborder les sites néolithiques comme un patrimoine restant à découvrir et à comprendre, qu'il faut dès à présent préserver des destructions qu'ils subissent.
Réitérer des erreurs commises à l'aube des recherches archéologiques, faute d'avoir conscience, alors, du potentiel informatif contenu dans ces sites, refléterait de nos jours un échec de l'indispensable communication entre, d'une part les acteurs de la recherche et, d'autre part, le public et ses élus politiques.
Nota Les datations auxquelles nous ferons référence tout au long de cette présentation sont "avant Jésus-Christ" et calibrées soit, dans la terminologie partagée par la communauté scientifique en "cal. BC" (calibrated dates before Christ).
Title: Le Néolithique en Anatolie, un patrimoine archéologique aux origines de nos sociétés actuelles
Description:
Peu connue du grand public, encore sujette à un complaisant amalgame de dates en millions d'années, jalonnée de primates plus ou moins inventifs, la Préhistoire reste encore dans l'imaginaire collectif une grande et unique période quelque peu rébarbative.
De manière générale, cette vision n'a guère changé depuis le dix-neuvième siècle bien que, fort heureusement, la communauté scientifique n'eût cesse d'approfondir les connaissances sur l'Histoire de l'Homme, en se débarrassant rapidement d'une approche se résumant à l'accumulation de collections archéologiques, eu égard, peut-être, à la nécessité de comprendre les motivations humaines au travers d'artefacts qui ne portent pas en eux une dimension artistique ou exceptionnelle se suffisant à elle-même.
Ainsi, dans une certaine mesure, l'archéologie préhistorique ne souffrit que peu de ce qui peut être actuellement considéré comme étant une dérive de l'archéologie, à savoir la quête de l'objet ou du monument, isolé de sa signification culturelle.
Il en est pourtant ainsi, par exemple, des pyramides égyptiennes ou aztèques comme de la statuaire grecque qui restent pour beaucoup les uniques apanages des sociétés les ayant engendrés, admirés pour leur valeur intrinsèque hors de leur contexte culturel et social.
Au regard de la discipline archéologique en général, les recherches en Préhistoire sont relativement jeunes, et la prise de conscience d'une « pré-histoire » de l'homme, antérieure à l'Antiquité, est récente.
L'histoire de cette discipline souligne à quel point, et malgré le parcours accompli, les recherches archéologiques n'en sont encore qu'à leur début.
L'exemple de l'Anatolie est ici pertinent car il synthétise à lui seul des défis actuels et futurs.
Sera pris ici en considération la période Néolithique, phase terminale de la Préhistoire, qui débute au Proche-Orient aux alentours du dixième millénaire avant Jésus-Christ pour se terminer dans cette région du monde au cinquième millénaire avant Jésus-Christ alors que ce qu'il y a lieu d'appeler la « révolution Néolithique » ne se propage en Europe qu'à partir du septième millénaire avant Jésus-Christ.
Cette période de l'histoire correspond à un changement radical du comportement humain face à son environnement naturel.
La manière dont les sociétés préhistoriques, alors essentiellement composées de groupes tirant leurs ressources de la chasse et la cueillette, exploitent des territoires plus ou moins vastes en fonction des ressources naturelles en présence, vont appréhender la nature, rend compte de mutations culturelles et sociales profondes et variées.
De ces mutations, aucun texte n'est disponible pour en témoigner et l'archéologue doit donc s'en remettre aux vestiges matériels de ces cultures passées en cherchant, tant que faire se peut, à fonder ses interprétations sur un raisonnement scientifique, et à les ordonner de manière épistémologique.
Ne seront présentées ici ni le point sur les recherches en cours ni l'inventaire précis des connaissances actuelles : le lecteur aura le loisir de trouver en annexe une bibliographie lui présentant les ouvrages de références sur le Néolithique anatolien.
Notre propos sera plutôt d'aborder les sites néolithiques comme un patrimoine restant à découvrir et à comprendre, qu'il faut dès à présent préserver des destructions qu'ils subissent.
Réitérer des erreurs commises à l'aube des recherches archéologiques, faute d'avoir conscience, alors, du potentiel informatif contenu dans ces sites, refléterait de nos jours un échec de l'indispensable communication entre, d'une part les acteurs de la recherche et, d'autre part, le public et ses élus politiques.
Nota Les datations auxquelles nous ferons référence tout au long de cette présentation sont "avant Jésus-Christ" et calibrées soit, dans la terminologie partagée par la communauté scientifique en "cal.
BC" (calibrated dates before Christ).
Related Results
Large-scale heritage conservation of the Sangker river in Battambang, Cambodia. From the scale of territory to the scale of architecture
Large-scale heritage conservation of the Sangker river in Battambang, Cambodia. From the scale of territory to the scale of architecture
Conservation à grande échelle du patrimoine de la rivière Sangker à Battambang, Cambodge. De l'échelle du territoire a l'échelle de l'architecture
Les recherches et...
Sociologie et anthropologie
Sociologie et anthropologie
L’anthropologie sociale et la sociologie sont des disciplines jumelles. Toutes deux s’intéressent à la diversité des formations sociales et à leurs transformations, plus particuliè...
Socioanthropologie
Socioanthropologie
Le contexte actuel tel que le dessinent les tendances lourdes de ce troisième millénaire convie à interpeller les outils des science sociales forgés précédemment. La compréhension ...
L’introuvable politique patrimoniale des États-Unis d’Amérique
L’introuvable politique patrimoniale des États-Unis d’Amérique
Fondés sur le mythe de la Wilderness, les États-Unis d’Amérique passent pour ne pas posséder un patrimoine culturel marquant ni développer une politique culturelle d’ampleur. Or, à...
Responsabilité civile en droit des sociétés en France
Responsabilité civile en droit des sociétés en France
Etre une société, c’est précisément être responsable, du moins en droit français? Le raccourci serait trop rapide, même si la société est vraiment le socle de la responsabilité civ...
Numéro 4 - août 2002
Numéro 4 - août 2002
Au cours des derniers 26 mois, les marchés boursiers se sont inscrits en forte baisse des deux côtes de l'Atlantique. L'indice Standard and Poor's 500 est ainsi retombé en dessous ...

