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Pharmacoépidémiologie des apnées du sommeil

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Avant leur mise sur le marché, l'évaluation clinique des médicaments repose sur des essais contrôlés randomisés. Bien qu'ils représentent la méthode de référence, leurs résultats sont nécessairement limités aux patients inclus dans ces essais. De plus, ils sont d’abord conçus pour mesurer l'efficacité des traitements, avant d’évaluer leurs effets indésirables. Concernant le syndrome d'apnées du sommeil (SAS), alors que de nombreux essais médicamenteux ont été menés, la plupart des résultats sont de faible niveau de preuve, voire contradictoires. Outre la durée et les effectifs limités de ces essais, une explication est que le SAS est une pathologie hétérogène en termes de symptômes et de physiopathologie, incluant divers "phénotypes" de patients. Des données de vie réelle sont donc nécessaires pour définir quels médicaments pourraient améliorer le SAS ou les comorbidités associées et quels patients pourraient en bénéficier. Au contraire, les cliniciens doivent être avertis que certains médicaments peuvent induire ou aggraver le SAS.La pharmacoépidémiologie fait désormais partie de toute enquête de pharmacovigilance, car elle permet une approche à la fois descriptive et comparative des notifications spontanées. Des associations entre l'exposition à un ou plusieurs médicaments et l'apparition d'effets indésirables peuvent ainsi être recherchées. Comme pour toutes les études observationnelles, la principale difficulté consiste à contrôler les facteurs de confusion. L'un des modèles couramment utilisés est l'analyse cas/non-cas, qui étudie la disproportionnalité entre le nombre d’effets indésirables rapportés avec le médicament d’intérêt, par rapport aux effets notifiés pour les autres médicaments. Nous avons ainsi montré des associations significatives entre l'utilisation de baclofène, des gabapentinoïdes ou de l'acide valproïque et la survenue de SAS dans la base de pharmacovigilance de l'OMS, suggérant le rôle du système GABAergique dans la pathogenèse des apnées centrales d’origine médicamenteuse. Un signal de disproportionnalité a également été observé pour le ticagrélor, reposant sur un mécanisme d'action différent.Les analyses pharmacoépidémiologiques permettent également d'étudier le bénéfice des médicaments en vie réelle. Le score de propension est utilisé pour minimiser les biais de sélection et recréer des conditions de comparabilité proches de celles des essais randomisés. À l'aide de ces méthodes statistiques, nous avons évalué l'intérêt potentiel de cibler le système rénine-angiotensine pour la prise en charge de l'hypertension artérielle chez les patients atteints d’apnées obstructives, en particulier avec l’utilisation des sartans. Chez ces mêmes patients apnéiques et hypertendus, nos travaux suggèrent que les diurétiques pourraient diminuer la sévérité des apnées, notamment en cas de surpoids ou d’obésité modérée. Des études prospectives sont désormais nécessaires afin de confirmer ces résultats, car les données de vie réelle ne peuvent se substituer aux essais cliniques contrôlés.
Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur
Title: Pharmacoépidémiologie des apnées du sommeil
Description:
Avant leur mise sur le marché, l'évaluation clinique des médicaments repose sur des essais contrôlés randomisés.
Bien qu'ils représentent la méthode de référence, leurs résultats sont nécessairement limités aux patients inclus dans ces essais.
De plus, ils sont d’abord conçus pour mesurer l'efficacité des traitements, avant d’évaluer leurs effets indésirables.
Concernant le syndrome d'apnées du sommeil (SAS), alors que de nombreux essais médicamenteux ont été menés, la plupart des résultats sont de faible niveau de preuve, voire contradictoires.
Outre la durée et les effectifs limités de ces essais, une explication est que le SAS est une pathologie hétérogène en termes de symptômes et de physiopathologie, incluant divers "phénotypes" de patients.
Des données de vie réelle sont donc nécessaires pour définir quels médicaments pourraient améliorer le SAS ou les comorbidités associées et quels patients pourraient en bénéficier.
Au contraire, les cliniciens doivent être avertis que certains médicaments peuvent induire ou aggraver le SAS.
La pharmacoépidémiologie fait désormais partie de toute enquête de pharmacovigilance, car elle permet une approche à la fois descriptive et comparative des notifications spontanées.
Des associations entre l'exposition à un ou plusieurs médicaments et l'apparition d'effets indésirables peuvent ainsi être recherchées.
Comme pour toutes les études observationnelles, la principale difficulté consiste à contrôler les facteurs de confusion.
L'un des modèles couramment utilisés est l'analyse cas/non-cas, qui étudie la disproportionnalité entre le nombre d’effets indésirables rapportés avec le médicament d’intérêt, par rapport aux effets notifiés pour les autres médicaments.
Nous avons ainsi montré des associations significatives entre l'utilisation de baclofène, des gabapentinoïdes ou de l'acide valproïque et la survenue de SAS dans la base de pharmacovigilance de l'OMS, suggérant le rôle du système GABAergique dans la pathogenèse des apnées centrales d’origine médicamenteuse.
Un signal de disproportionnalité a également été observé pour le ticagrélor, reposant sur un mécanisme d'action différent.
Les analyses pharmacoépidémiologiques permettent également d'étudier le bénéfice des médicaments en vie réelle.
Le score de propension est utilisé pour minimiser les biais de sélection et recréer des conditions de comparabilité proches de celles des essais randomisés.
À l'aide de ces méthodes statistiques, nous avons évalué l'intérêt potentiel de cibler le système rénine-angiotensine pour la prise en charge de l'hypertension artérielle chez les patients atteints d’apnées obstructives, en particulier avec l’utilisation des sartans.
Chez ces mêmes patients apnéiques et hypertendus, nos travaux suggèrent que les diurétiques pourraient diminuer la sévérité des apnées, notamment en cas de surpoids ou d’obésité modérée.
Des études prospectives sont désormais nécessaires afin de confirmer ces résultats, car les données de vie réelle ne peuvent se substituer aux essais cliniques contrôlés.

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